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Kinshasa : La paroisse Sainte Anne critiquée pour l’aménagement d’un bar-restaurant devant le Collège Saint Joseph/Elikya
L’installation de plusieurs activités commerciales, notamment un bar-restaurant, à l’entrée du Collège Saint Joseph/Elikya, dans la commune de la Gombe, soulève une vague de préoccupations au sein des paroissiens, des parents, des acteurs du monde éducatif et anciens élèves.
Contrairement à certaines publications relayées sur les Réseaux Sociaux évoquant une prétendue spoliation de l’espace du collège, aucune procédure officielle de spoliation n’est, à ce jour, connue ou engagée par l’établissement. Selon plusieurs sources, l’espace concerné appartient juridiquement à la paroisse Sainte Anne, dont dépend le terrain.
Toutefois, la véritable question est ailleurs : était-il opportun d’autoriser l’implantation d’un bar-restaurant et d’autres activités commerciales à quelques mètres seulement de l’entrée d’une école catholique dont la mission première est l’éducation de la jeunesse ?

Selon des informations recueillies sur place, l’espace aurait été clôturé sous la supervision de l’abbé Charles Kasereka, vicaire de la paroisse Sainte Anne, qui assurerait également la gestion de cette occupation. Plusieurs occupants des lieux affirment que les modalités d’exploitation auraient été conclues avec les responsables paroissiaux.
Les conséquences sont déjà visibles. L’accès principal des élèves au Collège Saint Joseph/Elikya s’est considérablement rétréci. À cela s’ajoutent les nuisances liées aux activités de restauration et de débit de boissons : déchets abandonnés, bouteilles d’urine jetées à proximité de l’école et insalubrité grandissante, autant de réalités qui contrastent avec les exigences d’un cadre propice à l’éducation.
Pour de nombreux anciens du Collège Saint Joseph/Elikya, cette situation est d’autant plus difficile à comprendre que cet espace entretenait historiquement un lien étroit avec l’établissement. À l’époque où les missionnaires assuraient simultanément la gestion de la paroisse et du collège, la grande salle de l’école se prolongeait jusqu’au bâtiment aujourd’hui occupé par le centre d’anglais KLC, locataire de la paroisse. Cette salle servait notamment de cinéma, se souviennent plusieurs témoins.
Après la zaïrianisation et l’application de la Convention des écoles, les limites de propriété entre la paroisse Sainte Anne, située sur l’avenue des Aviateurs, et le Collège Saint Joseph, établi sur l’avenue Isiro, ont évolué. Néanmoins, plusieurs observateurs estiment que cette nouvelle configuration ne saurait justifier l’installation d’activités commerciales incompatibles avec la vocation éducative des lieux.
Cette problématique s’ajoute à une autre difficulté de longue date : l’accessibilité du collège est déjà fortement compromise par une construction érigée depuis plusieurs années sur l’avenue Isiro, réduisant considérablement les possibilités d’accès à l’établissement. Des membres du Cercle des anciens du Collège Elikya/Saint Joseph (CAC) rappellent que cette situation avait déjà fait l’objet de démarches auprès des autorités provinciales, notamment sous les gouvernorats d’André Kimbuta puis de Gentiny Ngobila, sans qu’une solution durable ne soit trouvée.
Aujourd’hui, plusieurs voix appellent les responsables de la paroisse Sainte Anne à reconsidérer ce projet. Elles estiment qu’une paroisse engagée dans l’œuvre éducative devrait privilégier un environnement sain, sécurisé et digne pour les élèves plutôt que de multiplier des activités commerciales dont les conséquences affectent directement la vie scolaire.
Au-delà de la question de propriété, le débat porte désormais sur la responsabilité morale et éducative de préserver les abords d’une école. Car si les espaces urbains doivent être valorisés, leur occupation ne peut se faire au détriment de la sécurité, de la salubrité et de l’épanouissement des enfants.
Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET