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Haut-Uélé : La Synergie des Sociétés Civiles de Bari-Logo plaide pour le dialogue autour de l’exploitation artisanale près de Kibali Gold Mine

 

La Synergie des sociétés civiles de la sous-coordination de la chefferie Bari-Logo appelle à une approche concertée après la décision du gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, interdisant l’exploitation artisanale dans le périmètre de Kibali Gold Mine.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi 7 juillet 2026, cette plateforme citoyenne invite l’autorité provinciale à privilégier le dialogue et la concertation afin d’éviter toute escalade des tensions sociales dans une province déjà confrontée à plusieurs défis sécuritaires, sanitaires et socio-économiques.

Un contexte jugé sensible

Selon la Synergie, le Haut-Uélé fait actuellement face à des priorités qui méritent une attention particulière, notamment l’insécurité provoquée par les incursions des rebelles ADF dans le territoire de Watsa, ayant entraîné le déplacement de nombreuses populations, particulièrement en provenance de Mungbere, dans la chefferie Andobi.

L’organisation évoque également les préoccupations liées aux relations entre Kibali Gold Mine et certains opérateurs économiques locaux, la vigilance face à la maladie à virus Ebola ainsi que plusieurs autres dossiers sociaux nécessitant une gestion apaisée.

« La concertation doit primer »

Pour Mobi Senyelo, coordonnateur de la sous-coordination des sociétés civiles du peuple congolais dans la chefferie Bari-Logo, le moment appelle davantage au dialogue qu’à des mesures susceptibles de raviver les tensions.

« Nous pensons qu’il faut d’abord privilégier la concertation afin de trouver des solutions durables qui tiennent compte des réalités de la population », affirme-t-il.

Une transition dans le respect de la loi

De son côté, Louis Mitambwa, coordonnateur de la Nouvelle Société civile congolaise dans la sous-coordination de Bari-Logo, rappelle que la problématique de l’exploitation artisanale autour de Kibali Gold Mine remonte à plusieurs années. Il cite notamment les tensions enregistrées en 2016, qui avaient nécessité l’intervention des autorités nationales du secteur minier.

Il souligne que des milliers de jeunes tirent aujourd’hui leurs moyens de subsistance de l’orpaillage, leur permettant de subvenir aux besoins de leurs familles et de financer la scolarité de leurs enfants.

Selon lui, toute opération de réorganisation devrait s’inscrire dans le strict respect des procédures prévues par la législation, notamment l’identification des exploitants artisanaux, la réalisation d’enquêtes sociales, l’organisation d’une éventuelle délocalisation ainsi que la mise à disposition de zones alternatives d’exploitation artisanale.

« Il faut éviter une évacuation brusque des orpailleurs sans solution d’accompagnement », plaide-t-il.

Préserver la paix sociale

Pour sa part, Anifa Laluwa, coordonnatrice de la Société civile de la solidarité du peuple congolais dans la sous-coordination de Bari-Logo, estime que l’exploitation artisanale constitue aujourd’hui une source importante d’emplois pour une jeunesse confrontée au chômage.

Elle invite le gouverneur du Haut-Uélé à prendre en considération les préoccupations exprimées par la Synergie, tout en appelant les exploitants artisanaux à faire preuve de calme et de retenue afin de préserver la paix sociale.

En conclusion, la Synergie des sociétés civiles de Bari-Logo réaffirme son souhait de voir s’ouvrir un cadre de dialogue réunissant les autorités provinciales, Kibali Gold Mine, les communautés locales et les exploitants artisanaux, dans le but de parvenir à une solution équilibrée conciliant les impératifs de sécurité, le respect de la loi et les réalités socio-économiques des populations.

Junior Kasamba / Congoprofond.net