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Provinces

Haut-Uele : la Synergie des sociétés civiles accuse certains entrepreneurs locaux d’avoir « trahi les intérêts de la communauté »

La Synergie des sociétés civiles du territoire de Watsa a vivement critiqué la gestion de certains entrepreneurs locaux impliqués dans les marchés de sous-traitance liés aux activités de Kibali Gold Mine. Au cours d’un point de presse organisé mercredi à l’espace Noé Fisher à Durba, cette plateforme a estimé que plusieurs bénéficiaires des contrats destinés à promouvoir le développement local n’ont pas honoré leurs engagements envers les communautés.

S’exprimant au nom de la Synergie, Joseph Kelema a rappelé que le pacte de paix conclu entre Kibali Gold Mine et les entrepreneurs locaux visait à instaurer un climat de confiance, à renforcer les opportunités économiques et à garantir que les retombées de l’exploitation minière profitent effectivement aux populations. Selon lui, cet objectif reste loin d’être atteint.

La plateforme affirme qu’aucune évaluation approfondie du pacte de paix n’a été réalisée depuis sa signature en 2024. Elle réclame qu’un examen complet soit organisé avant le 14 juillet afin de mesurer le niveau d’exécution des engagements pris par l’ensemble des parties prenantes, notamment les entrepreneurs locaux, Kibali Gold Mine, les autorités provinciales, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) et les représentants de la société civile.

La Synergie soutient également que plusieurs entrepreneurs locaux ont bénéficié de ressources importantes, notamment à travers les marchés de sous-traitance et les mécanismes de développement communautaire, sans que les populations ne constatent des réalisations proportionnelles. Elle cite, entre autres, des projets d’adduction d’eau et d’autres infrastructures qui, selon elle, demeurent inexistants, inachevés ou non fonctionnels. Pour Joseph Kelema, cette situation soulève des interrogations sur la gestion des fonds destinés au développement local et justifie un exercice de redevabilité.

Les responsables de la plateforme dénoncent aussi des retards de paiement dont seraient victimes certains travailleurs employés par des sous-traitants locaux. Ils estiment que des entreprises dépourvues de capacités techniques ou financières continueraient à obtenir des marchés, au détriment d’opérateurs plus qualifiés et du bien-être des communautés.
Par ailleurs, la Synergie accuse certains entrepreneurs d’instrumentaliser les tensions autour de la sous-traitance à des fins politiques. Elle appelle le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito, à poursuivre les efforts de médiation tout en préservant la neutralité du processus. Elle estime également que la FEC devrait jouer un rôle plus actif dans la médiation entre les différents acteurs.

Tout en formulant ces critiques, la plateforme reconnaît qu’il existe des entrepreneurs locaux qui exécutent correctement leurs contrats et contribuent au développement de la province. Elle invite Kibali Gold Mine à continuer de collaborer avec ces opérateurs respectueux de leurs obligations et à renforcer les mécanismes de contrôle dans l’attribution et l’exécution des marchés.

Enfin, la Synergie des sociétés civiles a salué l’implication des députés nationaux et sénateurs du Haut-Uélé dans les récentes concertations organisées à Isiro. Elle regrette toutefois que certains de ses représentants n’aient pas été invités ou n’aient pas eu l’occasion de présenter leur point de vue lors de ces échanges. Elle estime qu’un dialogue inclusif, fondé sur la transparence et la redevabilité, est indispensable pour restaurer la confiance entre les acteurs économiques et les communautés locales.

À l’heure de la publication, les entrepreneurs locaux visés par ces critiques n’avaient pas publiquement réagi aux déclarations de la Synergie des sociétés civiles. Leur version des faits devra être prise en compte afin de garantir un débat équilibré.

Junior kasamba/Congoprofond.net