Politique
Marche du 8 juillet de la C64 : dénonçant une interdiction des rassemblements, Blaise Omunyepa appelle l’Etat congolais au respect des droits des opposants
Le président fédéral de l’Alliance pour le Changement (A.Ch.) du Haut-Uélé 2, Blaise Omunyepa, est monté au créneau pour dénoncer les récentes décisions des autorités congolaises relatives à l’interdiction des rassemblements publics dans quatre provinces ainsi que les événements impliquant plusieurs figures de l’opposition.
Dans une interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, ce lundi 29 juin 2026, le responsable politique a vivement critiqué le télégramme du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur interdisant les rassemblements publics à Kinshasa, dans le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo, officiellement pour des raisons de santé publique liées à la prévention de la maladie à virus Ebola.
Pour Blaise Omunyepa, cette décision intervient tardivement et ne saurait remettre en cause la mobilisation de la coalition C64, confiant que si les autorités voulaient réellement prévenir la propagation de l’épidémie, elles auraient pris des mesures similaires dès la déclaration de la maladie.
« Aujourd’hui, le régime se réveille pour prendre une telle décision alors que la maladie est connue depuis plusieurs semaines. Cette mesure n’est pas la bienvenue et elle ne répond pas aux attentes de la population congolaise », a-t-il déclaré.
Le président fédéral de l’Alliance pour le Changement estime que cette décision ne vise pas la coalition C64 mais touche davantage les activités des formations politiques de l’Union sacrée de la Nation.

Abordant la situation politique du pays, Blaise Omunyepa a également dénoncé ce qu’il qualifie de multiplication des atteintes aux libertés publiques. Il a évoqué l’interpellation de l’épouse de l’opposant Jean-Marc Kabund, affirmant qu’elle aurait été relâchée à la suite de pressions.
Réagissant également à l’affaire concernant Delly Sesanga, empêché de quitter le territoire alors qu’il devait, selon son entourage, se rendre à l’étranger pour des soins médicaux, le responsable politique considère qu’il s’agit d’une violation de ses droits. « Nous demandons que son passeport lui soit restitué afin qu’il puisse bénéficier des soins médicaux dont il a besoin. La population congolaise a encore besoin de son leadership », a-t-il affirmé.
Au-delà de ces dossiers, Blaise Omunyepa appelle les autorités congolaises à garantir le respect des droits des acteurs politiques, des libertés fondamentales ainsi que des principes démocratiques consacrés par la Constitution.
À quelques jours de la marche annoncée par la coalition C64, il lance un appel à la population congolaise, aux forces vives de la Nation, aux leaders d’opinion, aux confessions religieuses, aux organisations de la société civile ainsi qu’à la jeunesse à se mobiliser pour cette manifestation, qu’il souhaite voir se dérouler dans le calme et dans le respect des principes démocratiques.
Cette interview intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et une partie de l’opposition, sur fond de débats autour des libertés publiques, de la gestion de la situation sanitaire et de l’organisation des manifestations politiques.
Junior Kasamba