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Société

Crise à l’Hôtel de Ville : Jusqu’à 12 mois d’arriérés, l’Intersyndicale lance une grève sèche à Kinshasa

Vers un blocage total des services publics de la capitale. L’Intersyndicale de l’administration urbaine de Kinshasa a officiellement annoncé le déclenchement d’une grève générale et sèche à compter du mercredi 24 juin 2026 sur toute l’étendue de la ville-province. Cette décision radicale fait suite à l’échec cuisant des négociations engagées avec l’Exécutif provincial et au non-respect flagrant, selon les syndicalistes, des engagements financiers pris en faveur des agents et cadres.

Dans une déclaration politique et sociale rendue publique ce mardi 23 juin, les représentants syndicaux ont dénoncé avec véhémence la détérioration continue de leurs conditions salariales. Le tableau brossé par les grévistes est sombre : le personnel politique urbain cumule désormais 12 mois d’arriérés de salaire, tandis que le personnel administratif aligne 9 mois d’impayés. Les syndicalistes fustigent la mauvaise foi du gouvernement provincial, coupable à leurs yeux d’avoir foulé aux pieds le protocole d’accord signé le 28 avril 2026.

S’appuyant sur la Constitution de la RDC, le Code du travail, le statut des agents de carrière des services publics de l’État ainsi que sur les conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’Intersyndicale affirme avoir épuisé toutes les voies de conciliation légales. Après l’envoi resté sans réponse d’un préavis de grève le 19 juin dernier, le débrayage est devenu inévitable. Ce mouvement de contestation d’envergure touche les agents et cadres des 167 divisions urbaines, les régies financières provinciales, les services publics, ainsi que les cabinets du Gouverneur et des ministres provinciaux.

Le mot d’ordre de l’Intersyndicale est limpide : suspension immédiate de toute activité professionnelle, fermeture systématique des bureaux et interdiction de se présenter sur les lieux de travail jusqu’à nouvel ordre. Les leaders syndicaux ont insisté sur le fait qu’aucun agent ne devrait céder aux intimidations ou pressions hiérarchiques visant à briser ce mouvement de grève légitime.
Tout en affichant une fermeté absolue sur le terrain, le banc syndical kinois ne ferme pas totalement la porte au dialogue. Il se dit prêt à reprendre langue avec les autorités compétentes, à l’unique condition de trouver des solutions durables et immédiates à leur cahier des charges, à commencer par le paiement des paliers de rémunération en souffrance. Le bras de fer est désormais engagé à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net