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Force du Progrès : Jusqu’où ira la dérive ? L’UDPS face à l’impératif de rompre avec les excès de sa base radicale

Les images qui circulent ces derniers jours sur les réseaux sociaux sont alarmantes. Entre l’occupation de l’archevêché de Kinshasa par des éléments se réclamant de la Force du Progrès, l’attaque de la paroisse Saint-Marc à Kananga, les manifestations hostiles à l’Église catholique à Tshikapa et les menaces proférées contre le bourgmestre de Ngaba à Kinshasa, une question s’impose : combien de temps encore la hiérarchie de l’UDPS continuera-t-elle à garder le silence face aux agissements de ce groupe qui ternit gravement l’image du parti présidentiel ?

Une réputation bâtie sur les controverses

Depuis plusieurs années, la Force du Progrès accumule les controverses. Violences lors de manifestations, intimidations, occupations de lieux publics, actes de vandalisme ou encore règlements de comptes politiques : les épisodes polémiques se succèdent sans qu’une rupture nette ne soit perceptible.

L’affaire Kennedy Ngandu, alias « Anti-balle », reste l’un des exemples les plus marquants. En 2024, lui et plusieurs de ses associés avaient été condamnés à la peine de mort dans une affaire qui avait profondément marqué l’opinion nationale.

Plus récemment encore, des vidéos relayées sur internet ont montré des individus présentés comme membres de la Force du Progrès exigeant le paiement de taxes auprès des commerçants du marché dit « Maman Mbengo », non loin de la maison communale de Kimbanseke. Des pratiques qui, si elles sont avérées, relèvent d’une logique de milice plutôt que d’une organisation politique.

Le silence devient un problème

Face à cette accumulation d’incidents, le silence ou les réactions timides de certains responsables de l’UDPS deviennent difficiles à comprendre.

Car au-delà des individus impliqués, c’est l’image même du parti au pouvoir qui se trouve affectée. À chaque nouvelle vidéo virale, à chaque nouvel incident, l’opinion publique associe automatiquement ces comportements à l’UDPS et, par ricochet, aux institutions de la République.

Or, dans un État de droit, aucun groupe politique ne peut se substituer à la police, à l’administration territoriale ou à la justice. Aucun militant, aussi engagé soit-il, ne peut prétendre détenir une parcelle d’autorité publique au nom de son appartenance à un parti politique.

L’heure d’une clarification

L’UDPS, parti historique qui a longtemps porté le combat pour la démocratie et les libertés publiques, ne peut laisser son héritage être éclipsé par les agissements d’une frange radicalisée de sa base.

La haute hiérarchie du parti est aujourd’hui placée devant ses responsabilités. Elle doit clairement condamner les actes de violence, les intimidations et les dérives observées ces dernières années. Elle doit surtout se désolidariser de toute structure ou groupe qui agirait en dehors du cadre légal et républicain. Par dessus tout, le Secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, devrait porter plainte contre certains responsables de cette branche qui virent dans les violences extrêmes.

L’absence d’une prise de position forte risque d’être interprétée comme une caution implicite, alors que les Congolais attendent au contraire un message de fermeté, de discipline et de respect des institutions.

Pour préserver la démocratie

La démocratie congolaise est encore fragile. Elle ne peut prospérer dans un climat où des groupes de militants s’arrogent des prérogatives qui ne leur appartiennent pas, s’attaquent à des institutions religieuses, menacent des autorités administratives ou imposent leur loi dans les espaces publics.

L’UDPS a aujourd’hui l’occasion de démontrer qu’elle demeure un parti attaché aux valeurs républicaines qu’elle a toujours revendiquées. Cela passe par une condamnation sans ambiguïté des comportements déviants et par des sanctions exemplaires contre leurs auteurs.

Car une formation politique se juge moins à ses discours qu’à sa capacité à faire respecter la discipline dans ses rangs. Et sur ce terrain, l’heure n’est plus aux justifications, mais à l’action.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET