Santé
Ebola au Nord-Kivu : à Butembo, le DG de l’INSP mobilise les équipes pour renforcer la riposte
Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba, est arrivé ce jeudi 11 juin 2026 à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, pour une mission d’évaluation et de renforcement de la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la région.

Cette visite de terrain vise notamment à apprécier le dispositif de prise en charge des malades et à encourager les équipes médicales mobilisées depuis plusieurs semaines dans la lutte contre cette maladie. À cette occasion, le patron de l’INSP a effectué une descente dans les centres de traitement Ebola (CTE) de Kitatumba et de Katwa.
« Nous venons d’arriver à Butembo pour voir comment s’organise la riposte face à l’épidémie d’Ebola et encourager les équipes qui sont au front depuis plusieurs semaines. Nous avons visité le centre de traitement de l’Hôpital général de Kitatumba, où nous avons constaté les conditions de prise en charge des malades. Ce centre dispose actuellement d’une capacité d’environ neuf lits et un projet d’extension est en cours. Nous nous sommes ensuite rendus à Katwa pour évaluer l’organisation de la prise en charge des patients et suivre les travaux de finalisation du nouveau centre de traitement », a déclaré le Dr Dieudonné Mwamba.
Au terme de cette visite, le directeur général de l’INSP a formulé plusieurs recommandations visant à améliorer le circuit de prise en charge des patients et l’organisation des structures sanitaires. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer les efforts dans la zone de santé de Katwa, principal foyer de l’épidémie.
« Pour la zone de santé de Katwa, nous devons conjuguer nos efforts afin d’améliorer davantage la prise en charge des malades. L’objectif est que les résultats de ces actions se ressentent à l’échelle nationale. Je tiens à saluer le travail des équipes sur le terrain, remercier les autorités provinciales ainsi que tous les partenaires qui accompagnent le gouvernement dans cette mission. Ensemble, avec la Division provinciale de la santé et l’ensemble des acteurs impliqués, nous devons parvenir à contrôler cette épidémie dans les meilleurs délais », a-t-il souligné.
Le Dr Dieudonné Mwamba est arrivé à Butembo après une mission similaire effectuée à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Selon les dernières données sanitaires, la province totalise actuellement 32 cas confirmés d’Ebola de la souche Bundibugyo. La zone de santé de Katwa, à Butembo, demeure l’épicentre de l’épidémie avec 16 cas recensés à ce jour.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Santé
Santé maternelle : Le monde manque d’un million de sages-femmes, un défi majeur aussi pour la RDC
Plus de 3 000 sages-femmes, responsables politiques, chercheurs et acteurs du secteur de la santé issus de plus de 115 pays sont attendus à Lisbonne, au Portugal, à l’occasion du 34ᵉ Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), qui s’ouvrira le 14 juin prochain. Au centre des débats, un constat préoccupant : le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires pour répondre aux besoins croissants des femmes et des nouveau-nés.

Selon les dernières données relayées par l’ICM, 181 pays sont confrontés à une pénurie estimée à près de 980 000 sages-femmes. Ce déficit compromet l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, aux consultations prénatales, à l’assistance qualifiée lors de l’accouchement ainsi qu’au suivi postnatal.
Pour les spécialistes, investir dans la formation et le déploiement des sages-femmes constitue l’une des stratégies les plus efficaces pour réduire la mortalité maternelle et néonatale. Une couverture adéquate en personnel qualifié permettrait de prévenir des millions de décès chaque année, tout en consolidant les systèmes de santé de première ligne et en favorisant des soins davantage centrés sur les besoins des femmes et des familles.
Un appel mondial à l’action
Placée sous le thème « Le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires », cette 34ᵉ édition du Congrès se veut un véritable appel à l’action lancé aux gouvernements et aux partenaires techniques et financiers. Les organisateurs plaident notamment pour un renforcement des investissements dans la formation, le recrutement, l’emploi et la reconnaissance professionnelle des sages-femmes.
Un enjeu crucial pour la RDC
Cette problématique résonne particulièrement en République démocratique du Congo, où les défis liés à la santé maternelle et néonatale restent considérables, notamment dans les zones rurales et les régions affectées par les crises humanitaires et sécuritaires. L’insuffisance de personnel qualifié, les difficultés d’accès aux structures sanitaires et les disparités territoriales continuent de limiter la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés, contribuant à des indicateurs de santé maternelle encore préoccupants.
Le Congrès de Lisbonne devrait ainsi offrir une plateforme d’échanges pour partager les expériences, promouvoir les bonnes pratiques et mobiliser les décideurs autour d’un objectif commun : faire des sages-femmes un pilier incontournable des systèmes de santé et un levier essentiel pour atteindre la couverture sanitaire universelle.
Bibiche Mbete/CONGOPROFOND.NET
