Connect with us

Analyses et points de vue

Le piège de l’écume : les institutions congolaises ont créé une jurisprudence

Published

on

Il est une mécanique perverse qui, sous couvert d’émotion et de transparence, transforme un murmure numérique en acte d’accusation. Un fait divers sans consistance, une plainte dépourvue de commencement de preuve, des interférences à tous les niveaux et des caprices de diva d’une personnalité se réclamant elle-même de l’opposition pour politiser une affaire privée, confondant cyniquement justice et vengeance.

Et voilà qu’une machine judiciaire et médiatique s’est emballée. La toile alimentée quasi-quotidiennement pendant près de six mois par des propos diffamatoires de l’intouchable victime auto-proclamée, avec sa mémoire sélective et sa soif de spectaculaire, a offert une chambre d’écho idéale à des élucubrations qui, en temps normal, n’auraient jamais franchi la porte d’un tribunal. Mais le mal est fait : l’accusation, aussi inconsistante soit-elle, devient le récit dominant.

La présomption d’innocence se mue en un privilège qu’il serait suspect de défendre, et l’opinion publique, nourrie de bribes volontairement déformées, se fait juge sans jamais avoir lu le contenu du dossier. On ne combat pas une personne qui incarne aux yeux de l’impétrante un adversaire politique imaginaire, on le salit sur les réseaux sociaux en piétinant allègrement la loi sur le numérique et en s’appuyant sur un procès sans substance, en pariant sur l’usure et l’opprobre.

Le plus alarmant est la coalition discrète qui s’est nouée pour donner à cette mascarade un vernis institutionnel. Des autorités qui devraient garantir l’équilibre démocratique se découvrent soudainement une foi brûlante pour une cause fragile, non par conviction, mais parce qu’elle sert à écarter celui qui gêne leurs ambitions. On ne cherche plus à protéger les institutions établies mais à protéger ses propres relais à travers une histoire à tirer par les cheveux.

En instrumentalisant une parole aux relents de victimisation nauséabonde, portée par une personnalité connue pour son goût immodéré des conflits et sa capacité à réécrire les faits en ligne, certains institutionnels ont fabriqué une jurisprudence dangereuse. Désormais, une allégation sans preuve, n’importe laquelle d’ailleurs, pourvu qu’elle soit assez bruyante et qu’elle s’habille des bons habits militants, suffit à déstabiliser des carrières, à salir des lignées et à neutraliser des voix indépendantes.

Le droit devient un outil de confort managérial, un simple bouton “supprimer” pour des hiérarchies aux abois. Personne ne semble voir le côté profondément pervers de l’acte : offrir une tribune institutionnelle à une accusation non étayée, c’est lui conférer une légitimité historique qu’elle n’a jamais méritée. Sous les projecteurs d’une actualité fabriquée, l’honneur d’un homme et la réputation d’une famille sont broyés avec une légèreté irresponsable, juste pour qu’une opposante auto-proclamée puisse exister médiatiquement un semestre de plus.

Ce dossier entrera dans l’histoire non pour sa rigueur judiciaire, mais pour son irresponsabilité émotive, symptôme d’une époque où les institutions préfèrent brûler une réputation plutôt que d’admettre qu’elles ont cédé au chantage de la rumeur. Le véritable péril n’est pas la condamnation de deux policiers d’aujourd’hui ni l’acquittement d’un innocent, c’est le précédent que l’on crée pour demain : celui d’un État où la plus inconstante des fictions, pour peu qu’elle serve des intérêts coalisés, peut légalement anéantir un destin.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain /;Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture

Published

on

L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.

Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.

Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.

La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.

Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Continue Reading