Culture
Festival du film français à Kinshasa : le Pôle EUNIC RDC met le cinéma européen et congolais à l’honneur au Centre Ntongo Elamu
Dans le cadre de la 10ᵉ édition du Festival du film français, le Pôle EUNIC RDC a organisé, mardi 26 mai 2026, une soirée de projection cinématographique au Centre Ntongo Elamu.
L’activité a réuni artistes, comédiens, réalisateurs ainsi qu’un public passionné de cinéma autour de deux œuvres projetées pour l’occasion : le film français Un ours dans le Jura du réalisateur Franck Dubosc et le court-métrage documentaire congolais Kin ma belle, réalisé par Junior Mozese.
Le premier film, une comédie dramatique française, plonge les spectateurs dans une intrigue se déroulant dans la région montagneuse du Jura, entre la France et la Suisse. Sur fond d’hiver et de fêtes de Noël, l’histoire mêle humour, suspense et drame autour d’événements mystérieux liés à la présence d’un ours polaire dans la région.
Le second film, Kin ma belle, est un documentaire de sept minutes consacré à la ville de Kinshasa. À travers une narration en voix off, le réalisateur met en valeur plusieurs lieux emblématiques de la capitale congolaise, notamment le rond-point Victoire et le boulevard du 30 Juin, offrant une immersion visuelle dans l’ambiance kinoise.
Le Pôle EUNIC RDC est un réseau regroupant plusieurs centres culturels européens présents en Afrique, notamment le Centre Wallonie-Bruxelles et d’autres institutions partenaires. Son objectif est de promouvoir la coopération culturelle, la mobilité artistique ainsi que les échanges entre l’Afrique et l’Europe.
Après les projections, une séance d’évaluation et d’échanges a été animée par les artistes et réalisateurs Emanu Tara et Jodua Tutu. Les deux intervenants ont partagé leurs impressions sur les œuvres diffusées, abordant notamment le jeu des acteurs, la qualité des images, le rythme narratif ainsi que la cohérence artistique des productions.
La soirée a également été marquée par les interventions remarquées de l’artiste Joël Ndanga, salué pour la pertinence de ses observations et suggestions autour du cinéma congolais.
L’activité s’est clôturée par un message d’encouragement adressé aux artistes et créateurs, les invitant à continuer de promouvoir le cinéma local, à valoriser leurs racines culturelles et à contribuer au développement de l’art cinématographique à Kinshasa.
Elvit Kumbu/Congoprofond.net
Société
Délabrement avancé de la route Mahenga à Camp Luka : les trafics et échanges commerciaux entre Selembao et Ngaliema affectés par la dégradation de la chaussée
Entre les communes de Selembao et Ngaliema, la route Mahenga était devenue une véritable délivrance pour les riverains de Camp Luka, longtemps enclavés. Après près de huit à dix mois d’abandon total, cette voie secondaire est aujourd’hui devenue un véritable calvaire, rendant les échanges commerciaux et la circulation particulièrement difficiles.
La route Mahenga, voie de contournement stratégique reliant Selembao notamment le tronçon situé vers l’avenue Landu au quartier Sakombi, dans la commune de Ngaliema, se trouve actuellement dans un état de délabrement avancé. Faute d’aménagement régulier depuis plusieurs mois, elle est devenue presque impraticable, notamment pour les véhicules assurant le transport de jus et de boissons.

Cette voie, qui traverse le quartier urbain de Camp Luka, représentait autrefois un axe important et une solution économique pour la population locale. Aujourd’hui, cette même artère constitue un véritable cauchemar : eaux stagnantes provoquant des odeurs nauséabondes, déchets non canalisés entraînant des inondations récurrentes et présence permanente de boue, même en pleine saison sèche. Une situation aggravée par le manque d’urbanisation et les conditions de vie précaires dans ce quartier populaire.
Les conséquences économiques sont visibles à l’œil nu. Les camions affectés au transport de boissons et autres marchandises ne peuvent plus emprunter la route Mahenga. Contraints de passer par la route 24 Novembre, également fortement dégradée, plusieurs véhicules sont obligés de s’arrêter avant d’atteindre leur destination finale. Cette situation rallonge les délais de livraison et accélère l’usure des engins.
Les échanges commerciaux entre Selembao et Ngaliema sont ainsi devenus extrêmement pénibles, voire impossibles pour certains produits. Les commerçants, qui rejoignaient autrefois l’autre commune en moto pour un coût variant entre 1 500 et 2 000 FC, sont désormais contraints de descendre à l’arrêt Mabanka et de poursuivre le trajet à pied, transportant leurs marchandises sur la tête.
Les vendeurs ambulants, eux aussi, peinent à exercer correctement leurs activités faute de mobilité fluide.
La vie quotidienne des habitants est fortement affectée. Ménagères, écoliers et travailleurs circulant entre les deux communes sont contraints de poursuivre leurs déplacements à pied après avoir été déposés à l’arrêt Mabanka. Les motocyclistes refusent désormais d’aller au-delà de ce point.

Les malades éprouvent également d’énormes difficultés pour accéder aux structures sanitaires. Plus grave encore, l’état impraticable de la route Mahenga complique l’accès au cimetière de Kitambo, obligeant les familles endeuillées à effectuer de longs et pénibles détours.
Pourtant, cette route demeure d’une importance capitale pour les habitants de cette partie de Kinshasa. Son abandon n’a pas seulement aggravé l’enclavement de Camp Luka ; il a aussi fragilisé les liens économiques et sociaux entre deux grandes communes de l’ouest de la capitale.
Face à cette situation, la réhabilitation urgente de la route Mahenga est vivement sollicitée par les riverains afin de mettre fin à ce calvaire quotidien.
Elvit Kumbu/Congoprofond.net
