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Politique

RDC : Andy Bemba appelle à une refondation de l’État congolais « Le problème du Congo dépasse les hommes »

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Le président national du parti Nouvelle Pensée(NP), Andy Bemba, a plaidé pour une rupture profonde avec le système politique actuel en République démocratique du Congo. Dans une déclaration faite ce samedi 23 mai 2026, il invite pouvoir et opposition à « réfléchir sérieusement à notre avenir » et à engager une refondation de l’État.

« Il est temps de marquer un arrêt et de réfléchir sérieusement à notre avenir. Reconnaître que notre système politique a montré ses limites », a déclaré l’homme politique. Pour lui, la crise congolaise ne peut plus être réduite à une alternance entre majorité et opposition. « Pouvoir comme opposition, nous devons penser à refonder notre État. Repartir à zéro pour ouvrir une nouvelle voie, celle du changement, de la responsabilité et de la révolution des mentalités. »

Le leader de la Nouvelle Pensée critique directement les slogans politiques simplistes. S’adressant aux opposants, il affirme : « “Art.64 Tshisekedi doit partir” ne peut pas être un projet politique ». Une manière de dire que la contestation centrée sur la personne du président Félix Tshisekedi ne suffit pas à porter une vision d’avenir pour le pays.

Andy Bemba insiste sur la profondeur des maux congolais. « Le problème du Congo dépasse les hommes. Il touche à la solidité de l’État, à l’unité nationale et à notre capacité à défendre nos intérêts. » Il met ainsi l’accent sur la nécessité de reconstruire les institutions, de renforcer la cohésion nationale et de doter le pays d’une stratégie capable de protéger ses ressources et sa souveraineté.

L’appel intervient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires dans l’Est du pays, les tensions politiques, les débats sur la gouvernance et un malentendu sur le changement de la constitution.

Pour Andy Bemba, attendre reviendrait à aggraver la situation : « Pensons-y avant qu’il ne soit trop tard. »

La Nouvelle Pensée, formation politique encore jeune sur l’échiquier national, se positionne depuis sa création comme un mouvement prônant la transformation des mentalités et une rupture avec les pratiques du passé. Avec cette sortie, son président cherche à déplacer le débat public : au-delà des querelles de personnes, il propose de remettre à plat le contrat social congolais.

Reste à savoir si cet appel à « repartir à zéro » trouvera un écho auprès des autres acteurs politiques, au pouvoir comme dans l’opposition. Pour Andy Bemba, l’urgence est d’ouvrir une voie nouvelle, fondée sur la responsabilité collective et une révolution culturelle capable de redonner confiance aux congolais dans leur État.

Blaise ABITA ETAMBE

À la Une

Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda plaide pour une refondation institutionnelle

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Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine. 

À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda, à titre personnel, appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions

Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.

L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.

Un mandat présidentiel plus long

Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.

La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.

Les fonctions de souveraineté et la question identitaire

Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.

Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.

Vers un Parlement monocaméral ?

Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.

Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.

Rappelons que l’activiste Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. Ses nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de ce citoyen qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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