Mine
Exploitation minière dans le Haut-Uélé : des allégations visent le Directeur général de la GEMIUELE ; les personnes mises en cause disposent du droit de fournir leurs moyens de défense
Ce travail journalistique a été mené en collaboration avec des lanceurs d’alerte, des chercheurs, des artisans spoliés et des médias, avec tout le sérieux et la rigueur nécessaires. Il n’a pas pour objectif de nuire à qui que ce soit, mais de servir un seul impératif : l’établissement de la vérité sur la gestion des ressources minières dans la province du Haut-Uélé.
C’est précisément dans cet esprit d’équité et de responsabilité que nous laissons un délai de 72 heures aux personnes concernées — au premier rang desquelles le Directeur général de la GEMIUELE, Hassan LOBIA, et le président du Conseil d’administration, l’honorable Bismick BOELE — pour nous fournir leurs moyens ou éléments de défense. Leurs réponses seront intégralement publiées et soumises à l’appréciation du public. Ce que notre enquête a établi jusqu’ici est sans équivoque.
Une exploitation minière non conforme au Code minier congolais a bel et bien été conduite sur les quatre sites de NDANDA, TORA, SUAKA et MADAMBA, dans les territoires de Watsa, Faradje et Dungu. Nos vérifications de terrain confirment que ces opérations ont été coordonnées par le Directeur général de la GEMIUELE, qui aurait déployé des équipes techniques comprenant des sujets étrangers sans validation du Conseil d’administration, sans autorisation préalable des autorités compétentes et sans information des députés provinciaux.
Un obstacle majeur entrave cependant l’établissement complet des faits : les rapports journaliers de ces activités demeurent inaccessibles. Plusieurs superviseurs détenteurs de ces documents — dont les noms ont été recueillis et recoupés : le Dr Isaac et Aristote MASTAKI à NDANDA, Isaac OKADANE, neveu du Directeur général, et Eric LOBIA à TORA, Frédéric MADANGI à MADAMBA, ainsi qu’Exaucé Boby, superviseur en chef à Libombi — ont opposé un refus à notre équipe.
La raison invoquée est la suivante : selon les dires mêmes du Directeur général de la GEMIUELE, ces opérations seraient menées sur instruction du gouverneur de province Jean Bakomito Gambu. Actuellement, sur les quatre sites auparavant exploités, seuls deux sont restés opérationnels. Les deux autres ont été fermés sous la pression du procureur près le tribunal de paix de Dungu, qui est intervenu pour suspendre le site de NDANDA, dans la zone d’Awe Sepela.
Mais aussi celui de MADAMBA, où des activités d’exploitation présumées en zone protégée ont conduit à l’interpellation de deux individus, dont le superviseur en chef Exaucé Boby. Seuls demeurent actifs à ce jour le site de SUAKA, sous la supervision d’un militant de l’ARDC, et celui de TORA, où Isaac OKADANE et Eric LOBIA poursuivraient leurs opérations. Ces interventions judiciaires confirment la gravité des faits et renforcent l’urgence d’une enquête globale.
C’est pourquoi, au terme du délai de 72 heures et conformément à notre devoir d’information, l’ensemble des éléments médiatiques en notre possession sera formellement transmis aux ministres de tutelle concernés : le ministre des Mines Louis Watum Kabamba, le ministre d’État de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa Atondoko et le Vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani. Notre équipe poursuit son enquête et publiera les développements à venir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Mine
Barrick accélère son introduction en bourse en Amérique du Nord et nomme une nouvelle équipe dirigeante
Barrick Mining corporation poursuit sa stratégie d’expansion avec l’annonce d’une future introduction en bourse (IPO) d’une participation minoritaire de sa nouvelle entité baptisée North American Barrick, dédiée exclusivement à ses actifs aurifères nord-américains.
Dans un communiqué publié depuis Toronto, le géant minier a également officialisé plusieurs nominations au sein d’une équipe de direction expérimentée qui pilotera cette nouvelle structure stratégique.
Une équipe dirigeante dédiée aux actifs nord-américains
Barrick explique que cette nouvelle organisation vise à renforcer davantage la performance de ses opérations aurifères en Amérique du Nord, l’une des régions minières les plus importantes au monde.
La nouvelle équipe de direction sera placée sous la supervision de Mark Hill, président et CEO de Barrick, et comprend notamment :
- Tim Cribb, directeur des opérations ;
- Wessel Hamman, directeur financier ;
- Joe Heckendorn, directeur juridique et secrétaire général ;
- Megan Tibbals, directrice technique ;
- Richard Barley, directeur des ressources humaines ;
- Javier Ortuzar, vice-président Exploration ;
- Amanda Steensen, vice-présidente Développement durable.
Selon Mark Hill, cette nouvelle dynamique permettra d’accélérer la croissance du groupe :
« Grâce à notre recentrage et à notre rigueur renouvelés, Barrick a obtenu d’excellents résultats en Amérique du Nord. L’introduction en bourse devrait accélérer cette dynamique en mettant en valeur ces actifs aurifères de classe mondiale », a-t-il déclaré.
Des actifs miniers stratégiques dans le portefeuille
La future société North American Barrick intégrera plusieurs actifs aurifères majeurs exploités par Barrick, notamment :
- les complexes miniers de Nevada Gold Mines ;
- les sites de Carlin, Cortez et Turquoise Ridge ;
- la mine de Pueblo Viejo ;
- ainsi que le projet aurifère Fourmile, détenu à 100 % par Barrick.
Le groupe indique que ses actifs nord-américains ont produit environ 2 millions d’onces d’or attribuables en 2025, avec un potentiel de croissance encore important dans les prochaines années.
Fourmile, l’un des plus grands projets aurifères du siècle
Barrick considère le projet Fourmile comme l’une des découvertes aurifères les plus importantes du siècle.
Situé à proximité du complexe Nevada Gold Mines, ce projet représente une opportunité stratégique grâce à sa haute teneur en or et à ses coûts d’exploitation relativement faibles.
À terme, Barrick prévoit d’intégrer Fourmile dans la coentreprise Nevada Gold Mines, conformément aux accords conclus avec son partenaire Newmont.
Une introduction en bourse prévue avant fin 2026
La société prévoit une cotation principale à NYSE à New York, accompagnée d’une cotation secondaire à TSX à Toronto.
Barrick précise que l’introduction en bourse devrait être finalisée d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve des conditions du marché et des autorisations réglementaires.
Malgré cette ouverture au marché, Barrick a confirmé qu’elle conservera une participation majoritaire importante au sein de North American Barrick.
À travers cette opération, le groupe entend renforcer la visibilité de ses actifs aurifères nord-américains tout en créant davantage de valeur pour ses actionnaires et partenaires stratégiques.
Dorcas Mwavita
