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Kananga : à peine inaugurée par le chef de l’État, l’UNIKAN dénonce la spoliation de 8 hectares de sa concession
À peine inauguré par le président de la République, Félix Tshisekedi, le nouveau campus de l’Université de Kananga (UNIKAN), situé à Katambayi dans la ville de Kananga, fait déjà face à une affaire foncière préoccupante. Le Comité de gestion de l’université dénonce la spoliation de huit hectares de terrain sur sa concession, pourtant couverte par un certificat d’enregistrement officiel.
Dans une correspondance adressée aux autorités foncières du Kasaï-Central, le rectorat affirme avoir constaté une réduction progressive de la superficie de son domaine, sans l’accord ni l’implication du Comité de gestion.

Selon le document signé par le recteur Emery Tshisanda Ntabala-Mweny, l’UNIKAN disposait initialement d’une concession de 42 hectares, 12 ares et 67 centiares, conformément au certificat d’enregistrement établi le 15 avril 2022.
Le Comité de gestion explique qu’après une demande des autorités provinciales visant à intégrer tous les bâtiments du nouveau campus dans le certificat foncier, le document original avait été transmis au gouvernorat.

Cependant, à la restitution du certificat signé le 30 janvier 2026, l’université affirme avoir découvert une première réduction d’un hectare sur la superficie initiale.
L’UNIKAN indique également que deux semaines plus tard, le certificat aurait de nouveau été récupéré sous prétexte qu’une société marocaine intéressée par un projet de construction d’un hôpital tertiaire sur le site universitaire souhaitait consulter l’original du document avant le début des travaux.
Mais à son retour, le Comité de gestion dit avoir constaté une seconde soustraction de sept hectares supplémentaires. Une situation qui porterait à huit hectares la portion retirée de la concession universitaire.
Face à cette affaire, les autorités académiques réclament la restitution immédiate des huit hectares conformément au certificat initial de 2022. Le rectorat prévient que des poursuites judiciaires pourraient être engagées si aucune solution n’est trouvée.
Cette dénonciation intervient dans un contexte où le nouveau campus de l’UNIKAN venait à peine d’être présenté comme l’un des symboles du développement de l’enseignement supérieur au Kasaï-Central après son inauguration par le chef de l’État.
Mike Tyson Mukendi
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Assemblée nationale : John Mbonda dénonce les « intimidations » contre les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri
La tension politique est montée d’un cran ce vendredi 15 mai à l’Assemblée nationale. Le député national John Mbonda a lancé un sévère avertissement contre ce qu’il considère comme une série d’« intimidations » visant des élus nationaux issus des provinces placées sous état de siège, particulièrement en Ituri et au Nord-Kivu.
Devant le bureau de la Chambre basse du Parlement, l’élu de Kipushi a dénoncé les pressions qu’exerceraient, selon lui, certains gouverneurs militaires contre les députés qui critiquent leur gestion sécuritaire et administrative. Au cœur de cette controverse figure le député national Crispin Mbindule, récemment ciblé par des accusations et des démarches judiciaires initiées par le gouverneur militaire du Nord-Kivu.
Dans une intervention au ton particulièrement ferme, John Mbonda a rappelé que les députés disposent d’une mission constitutionnelle de contrôle et de dénonciation des dysfonctionnements de l’État.
« Donc c’est un cri d’alarme. Un cri d’alarme pourquoi ? Parce que nos collègues de l’Ituri et du Nord-Kivu, chaque fois qu’ils prennent la parole pour dénoncer la gestion des gouverneurs militaires, souvent ils sont objets des attaques de ces gouverneurs », a déclaré le député.
Selon lui, dénoncer des irrégularités ou critiquer la gestion publique ne peut être assimilé à une infraction.
« Un député, son rôle c’est de dénoncer ce qui ne marche pas. (…) Ce n’est pas que ça devient une infraction ou un crime que quelqu’un a commis », a insisté John Mbonda.
Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions politiques dans les provinces sous état de siège, où plusieurs élus dénoncent régulièrement des dérives dans la gestion sécuritaire et administrative menée par les autorités militaires.
En réaction, le bureau de l’Assemblée nationale, par la voix du deuxième vice-président Christophe Mboso, a appelé les députés nationaux à poursuivre leur mission de défense des intérêts du peuple sans céder aux intimidations.
À travers cette prise de position, le débat sur les limites du pouvoir des autorités militaires dans les provinces sous état de siège refait surface avec intensité. Derrière le cas Crispin Mbindule, c’est désormais la question du respect du contre-pouvoir parlementaire et de la liberté d’expression des élus qui s’impose au centre de la scène politique congolaise.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
