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RDC : Le FPI étudie un financement de 5,1 millions USD pour moderniser l’IG-ESURSI

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Le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) envisage d’accompagner la relance opérationnelle de l’Intendance Générale de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation (IG-ESURSI) à travers un ambitieux projet de modernisation évalué à près de 5,1 millions de dollars américains.

Ce projet vise à redonner des capacités techniques et logistiques à cette structure publique chargée de soutenir les universités et instituts supérieurs publics de la République démocratique du Congo.

Des ateliers à réhabiliter et de nouveaux équipements attendus

Lors de sa visite à l’Université de Kinshasa, le Directeur Général Adjoint du FPI, Blaise Mastaky Birindwa, a évalué plusieurs installations appelées à être réhabilitées dans le cadre du programme présenté au Fonds.

Le projet prévoit notamment :

– la réhabilitation des ateliers et garages existants ;

– l’acquisition d’équipements techniques et informatiques modernes ;

– le renforcement du matériel de maintenance ;

– l’achat d’engins destinés aux travaux de construction et d’entretien des infrastructures universitaires.

Le programme inclut également le renouvellement partiel du charroi automobile ainsi que la remise en service de certaines unités spécialisées, notamment une chambre froide et une unité médicale.

Moderniser les universités publiques

À travers cette mission d’évaluation, le Fonds de Promotion de l’Industrie affirme poursuivre sa politique de soutien aux projets à fort impact socio-économique.

Pour le FPI, la relance de l’IG-ESURSI pourrait contribuer à renforcer durablement les capacités techniques des institutions universitaires publiques et à améliorer les infrastructures de l’enseignement supérieur en RDC.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs établissements universitaires font face à des défis majeurs liés à la maintenance, à l’équipement et à la modernisation de leurs infrastructures.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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Affaire des “Enfants Mushobekwa” : Le réquisitoire du Ministère public interroge la justice congolaise

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Dès les premières audiences du procès dit des “Enfants chilleurs”, le dossier a révélé des fragilités structurelles qui auraient dû alerter tous les observateurs. La plainte initiale de Madame Marie-Ange Mushobekwa situe les faits au 21 décembre 2025, alors qu’il a été établi devant la Cour que l’intrusion et la rétention des enfants se sont déroulées le 22 décembre 2025.

Et que le prévenu principal, Philémon Mambabua, n’est rentré à son domicile qu’à 4h30 ce jour-là. Cette discordance de date n’a rien d’un détail technique : elle vicie le fondement même de l’action publique. Mais le dossier souffre surtout d’une absence totale de preuves matérielles et irréfutables. Les photos et vidéos produites à l’audience ont été prises par la plaignante elle-même, à son domicile puis à l’hôpital, soit loin du lieu présumé où les violences auraient été perpétrées. Une exploration corporelle a aussi été réalisée par elle-même sans aucune autorisation judiciaire.

Tandis que la liste impressionnante de noms d’autorités citées par la plaignante (VPM, MinÉtat, Généraux, Colonels, Auditeur général des FARDC, AG de l’ANR, Député honoraire…) et versée au dossier n’a été suivie d’aucun témoignage en faveur de l’accusation devant la Cour. Le certificat médical, quant à lui, ne révèle “rien de grave ni de particularité”, le médecin traitant Yenga Mbuta Dosh Junior a reconnu n’avoir constaté “rien de spécifique”, et le rapport médico-légal n’a jamais été signé par le praticien.

Les problèmes d’horodatage aggravent cette fragilité : la pièce maîtresse de l’accusation (une clé USB contenant des vidéos et photographies ) porte une date de “mutation” au 29 janvier 2026 pour des faits supposés du 21 décembre 2025, tandis que la chronologie du déroulé demeure confuse, jamais étayée par une reconstitution objective. L’accusation, qui évoque un groupe de cinq, six, sept ou huit policiers pour n’en poursuivre que deux, ironise par ailleurs sur la demande de 3,4 millions de dollars de dommages-intérêts, jugée “impossible à payer”.

Ces incohérences, loin d’être anecdotiques, minent frontalement la crédibilité du dossier. Malgré 12 audiences, des questions pourtant centrales pour la manifestation de la vérité sont restées sans réponse, et l’édifice accusatoire repose sur “les seules déclarations de Marie-Ange Mushobekwa”, qui n’a jamais été témoin oculaire des faits allégués. Une irrégularité particulièrement révélatrice est venue entacher la procédure : les procès-verbaux d’audition de 2 témoins, Claudien et Christopher, fils de la plaignante.

Ces PV sont rigoureusement identiques du début à la fin, mot pour mot, phrase par phrase, comme s’ils avaient été copiés-collés, ce qui contredit toute idée de témoignages spontanés et indépendants. Aucun des renseignants entendus ( Malaïka, Sakina, Christopher, Noah, Clément Kanku ) n’a par ailleurs déclaré avoir perçu un ordre explicite de frapper ou de torturer. Le verbe maîtriser des mots “maîtrisez-les”, que le Ministère public interprète comme l’instruction déclenchant les violences, est lui-même contesté : s’agit-il d’un ordre de violences ou d’une simple injonction de contrôle ?

La Cour militaire n’a pas tranché. L’accusation admet que les enfants “n’ont pas été inquiétés” en quittant la salle de bain et que “Dieu était avec tout le monde”. Plus troublant encore : les enfants présumés torturés pendant plus d’1 heure 30 par un groupe de 7 à 8 policiers auraient ensuite eu le temps de faire une sieste de 10h à 17h avant de se rendre à une consultation médicale ( et non aux urgences ) à 22h !

L’absence de constat médical de torture, le flou persistant sur le nombre réel d’auteurs impliqués et l’impossibilité de déterminer qui a fait quoi dans cette affaire laissent subsister un doute profond sur la matérialité même des violences alléguées. C’est dans ce contexte de fragilité accusatoire, marqué par l’absence de preuves matérielles irréfutables et un récit reposant sur les affirmations d’une personne qui n’a pas assisté aux faits, que le Ministère public (magistrat chargé, en droit congolais, de requérir l’application de la loi et de défendre l’intérêt général au nom de la société ) a prononcé son réquisitoire le 7 mai 2026.

Or, les faits reprochés tombent sous le coup de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, dont l’article 48 bis prévoit une peine de 5 à 10 ans de servitude pénale, et l’article 48 ter une fourchette de 10 à 20 ans lorsque la victime est mineure. Pourtant, le Ministère public a requis deux ans de servitude pénale avec sursis contre Philémon Mambabua, ainsi que des circonstances atténuantes, reconnaissant implicitement que les enfants ont “joué un rôle” et que le prévenu n’avait pas prémédité les faits.

Une telle clémence, dans un cadre légal qui prévoit des peines 4 à 10 fois plus lourdes, interpelle. En qualité d’avocat de la société, le Ministère public a la responsabilité de requérir une peine proportionnée aux preuves réunies. En l’espèce, sa décision de s’écarter aussi nettement du quantum légal semble acter, de facto, l’absence de preuves suffisantes pour caractériser la torture, et confirme le principe fondamental selon lequel le doute doit profiter à l’accusé. Reste à savoir si la Cour militaire de Ndolo, qui a instruit avec impartialité, suivra ce réquisitoire ou s’en émancipera pour affirmer une autre lecture du dossier.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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