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Butembo : Les victimes des manifestations anti-Monusco de 2022 réclament enfin réparation
Une séance de travail consacrée au suivi d’une correspondance entre les victimes des manifestations anti-Monusco et l’autorité urbaine de Butembo, au Nord-Kivu, s’est tenue ce mardi 12 mai 2026.
Selon le porte-parole de ces victimes, Jérôme Kasereka Malule, une correspondance avait déjà été adressée à l’autorité provinciale afin d’obtenir réparation des préjudices subis lors des manifestations anti-Monusco du 26 juillet 2022. Cependant, jusqu’à ce jour, aucune réponse concrète n’a été obtenue. Plusieurs familles affirment avoir perdu des biens, notamment des habits et des cercueils, emportés lors des troubles qui avaient secoué la ville.
« Nous sommes venus ici pour assurer le suivi de notre correspondance adressée à l’autorité provinciale au sujet des difficultés enregistrées lors des manifestations anti-Monusco du 26 juillet 2022. À l’époque, la situation n’avait pas été bien gérée. Certains manifestants avaient emporté des cercueils ainsi que des habits. Jusqu’à présent, ces biens n’ont jamais été remboursés. C’est pourquoi nous insistons sur ce suivi », a déclaré Jérôme Kasereka Malule.
Représentant l’autorité urbaine, le chef de division urbaine ad intérim à la mairie de Butembo, Bwambale Mughanirya Gilbert, a rassuré les victimes que cette question figure déjà parmi les priorités de la mairie et qu’une solution sera envisagée.
Malgré cette promesse, les victimes disent ne plus supporter de voir leurs proches enterrés avec des biens acquis de manière irrégulière et exigent une réparation rapide.
« Nous ne nous sentons pas à l’aise lorsque nous constatons que nos proches ont été enterrés avec des biens illégalement pris. Nous voulons réparation. Des familles ont perdu des habits et des cercueils. Nous avons besoin que les factures soient payées. À titre d’exemple, les cercueils coûtent 10 200 dollars américains et les habits environ 3 600 dollars américains », a ajouté leur porte-parole.
Pour rappel, les manifestations anti-Monusco du 26 juillet 2022 avaient fait 11 morts à Butembo. Ces marches visaient à dénoncer l’inefficacité de la Monusco dans le rétablissement de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Après ces violences, plusieurs jeunes en colère avaient saccagé des boutiques d’habillement ainsi que des pompes funèbres, emportant des cercueils pour enterrer les victimes des affrontements impliquant des casques bleus de la Monusco.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET