Société
Kinshasa : entre manque de poubelles et incivisme, l’insalubrité devient une menace quotidienne
À Kinshasa, la question de l’insalubrité urbaine demeure l’un des défis majeurs du quotidien. Dans la commune de Ngaliema, particulièrement dans le secteur de l’UPN, les déchets visibles le long des artères et dans les caniveaux traduisent une crise environnementale devenue presque ordinaire. Bouteilles en plastique, sachets, restes alimentaires et autres immondices jonchent régulièrement la voie publique, donnant à voir une ville confrontée à un double problème : l’insuffisance des infrastructures de gestion des déchets et le manque d’éducation citoyenne.
Sur plusieurs axes de ce secteur, il n’est pas rare de parcourir de longues distances sans apercevoir la moindre poubelle publique. Dans certains cas, un habitant peut marcher près d’un kilomètre sans trouver un point de dépôt approprié pour ses déchets. Cette absence d’équipements pousse malheureusement de nombreuses personnes à jeter bouteilles, emballages et sachets directement sur la chaussée ou dans les caniveaux. Pourtant, ces gestes, aussi banalisés soient-ils, ont des conséquences lourdes sur l’environnement urbain.
Lorsque les pluies surviennent, ces déchets sont entraînés vers les caniveaux qu’ils finissent par obstruer. L’eau ne pouvant plus s’évacuer normalement, elle stagne puis déborde, provoquant des inondations, des dégâts matériels et des risques sanitaires importants. Au final, les premières victimes restent les habitants eux-mêmes, notamment les populations vivant dans les zones les plus exposées. Ce ne sont pas les institutions qui subissent directement les eaux dans les habitations, mais bien les familles des quartiers populaires.
Cependant, si la responsabilité des autorités est engagée dans le déficit de poubelles publiques et dans l’absence d’un système régulier de collecte, la population ne peut pas non plus être dédouanée. Le manque d’éducation environnementale reste un facteur majeur. Même en l’absence de poubelles à proximité, plusieurs citoyens reconnaissent qu’il serait possible de conserver temporairement leurs déchets dans un sac ou dans leurs effets personnels afin de les jeter une fois rentrés à domicile. Ce réflexe, encore peu développé, fait défaut dans les habitudes quotidiennes.
L’insalubrité à Ngaliema, comme dans d’autres communes de Kinshasa, apparaît ainsi comme le résultat d’une responsabilité partagée : d’un côté, les pouvoirs publics doivent améliorer la présence des poubelles et organiser efficacement la collecte ; de l’autre, la population doit adopter une discipline plus rigoureuse pour éviter d’aggraver les risques d’inondation et de pollution. La propreté de la ville ne dépend pas uniquement des autorités : elle commence aussi par le comportement de chacun.
Marthe Tshiela, stagiaire UCC
Société
Ebola à Butembo : les tenanciers d’hôtels appelés à revoir leurs méthodes d’accueil et d’orientation des clients
Les tenanciers d’hôtels de la ville de Butembo, au Nord-Kivu, ont été sensibilisés, vendredi 12 juin 2026, aux risques liés à l’accueil des visiteurs dans un contexte marqué par la résurgence de la maladie à virus Ebola. Cette séance de sensibilisation s’est tenue dans la grande salle de l’Hotel Butembo, à l’initiative du chef du service urbain du Tourisme, Kambasu Matembela.
À cette occasion, ce dernier a invité les responsables d’établissements hôteliers à adapter leurs pratiques d’accueil et d’orientation des clients afin de prévenir tout risque de propagation de la maladie.
« J’ai invité les représentants du secteur de la santé, notamment ceux de la Division provinciale de la santé (DPS), afin qu’ils présentent la situation actuelle de l’épidémie. Ils ont expliqué les dangers auxquels les hôteliers sont exposés, étant donné qu’ils reçoivent des visiteurs venant de différentes localités. Il est donc important qu’ils sachent comment gérer, surveiller et orienter leurs clients dans ce contexte sanitaire particulier », a déclaré Kambasu Matembela.
Les opérateurs du secteur hôtelier ont ainsi été appelés au strict respect des mesures barrières recommandées par les autorités sanitaires ainsi qu’aux différentes directives édictées par les autorités provinciales pour lutter contre Ebola, souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique homologué par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’est encore disponible.
Le chef du service urbain du Tourisme a également exhorté les responsables d’hôtels à ne pas confondre établissements hôteliers et maisons de tolérance, soulignant que ces dernières peuvent constituer des foyers potentiels de propagation de la maladie. Il a, à cet effet, annoncé le déploiement prochain d’une mission de contrôle et d’identification sur le terrain.
Par ailleurs, deux nouvelles zones de santé du Nord-Kivu ont récemment enregistré des cas liés à cette 17ᵉ épidémie d’Ebola. Il s’agit des zones de santé de Vuhovi et de Masereka. La province compte actuellement 40 cas confirmés. La zone de santé de Katwa demeure l’épicentre de l’épidémie avec une dizaine de cas enregistrés. La prise en charge des malades se poursuit à travers les Centres de traitement d’Ebola (CTE) mis en place dans les différentes zones concernées.
Dalmond Ndungo/Congoprofond.net
