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Lubero sous emprise : La population civile prise au piège du système “Bebesha” imposé par le M23

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Dans les zones sous contrôle de la rébellion du M23, au nord de la province du Nord-Kivu, des milliers de civils vivent une réalité alarmante. Entre exploitation forcée, isolement géographique et crise économique, le territoire de Lubero s’enfonce dans une spirale de précarité et de désespoir.

Un système d’exploitation baptisé “Bebesha”

Dans plusieurs entités du territoire de Lubero passées sous contrôle des rebelles du M23, un système informel, connu localement sous le nom de “Bebesha”, s’est installé. Ce mécanisme impose aux populations civiles de participer activement à la logistique des combattants.

Dans ces zones enclavées, souvent dépourvues de routes praticables et accessibles uniquement par de petits sentiers, les habitants sont contraints de transporter à dos d’homme des charges lourdes : vivres, munitions et équipements militaires. Une tâche pénible, répétitive et imposée, qui pèse lourdement sur des communautés déjà fragilisées.

Des villages isolés et soumis

Plusieurs localités sont particulièrement touchées par cette situation, notamment Bunyatenge, Hutwe, Musiya, Pitakongo, Kateku, Ngekeni, Vyanze ou encore Luhanga. Dans ces villages, l’absence d’infrastructures routières renforce l’isolement et facilite le contrôle exercé par les groupes armés.

Les civils, privés d’alternatives, deviennent ainsi une main-d’œuvre contrainte, exposée à des conditions de vie extrêmement difficiles. Le manque de liberté de mouvement et la peur permanente accentuent leur vulnérabilité.

Une population à bout de souffle

La pression exercée sur les habitants de ces entités ne cesse de croître. Entre travaux forcés, insécurité persistante et absence de services de base, la population vit dans une précarité extrême.

Les témoignages évoquent une fatigue généralisée et un sentiment d’abandon. Les familles peinent à subvenir à leurs propres besoins, alors même qu’elles sont contraintes de soutenir l’effort logistique des rebelles.

Une crise économique aggravée par le conflit

À cette situation humanitaire déjà critique s’ajoute une crise monétaire locale. Le conflit perturbe les circuits économiques traditionnels, raréfie les ressources et accentue la pauvreté.

L’absence d’activités génératrices de revenus, combinée à l’instabilité sécuritaire, empêche toute perspective de développement durable. Les marchés fonctionnent au ralenti, et le pouvoir d’achat des ménages s’effondre.

Entre désespoir et absence d’avenir

Dans les zones sous contrôle du M23 à Lubero, l’espoir semble s’éloigner chaque jour davantage. Les populations civiles, prises en étau entre contraintes imposées et manque d’opportunités, vivent dans un climat de désespoir profond.

Sans intervention significative pour restaurer la sécurité, améliorer l’accès et protéger les civils, ces territoires risquent de s’enfoncer durablement dans une crise humanitaire silencieuse, mais aux conséquences dévastatrices.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Arrestation de Benjamin Babunga au Burundi : Son comité de soutien exige sa libération immédiate

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L’arrestation de Benjamin Babunga par les services de renseignement burundais continue de susciter de nombreuses réactions en République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée ce 30 mai à Kinshasa, le Comité de soutien à Benjamin Babunga RDC a exprimé sa « vive inquiétude » face à cette situation et a appelé les autorités burundaises à procéder à sa libération sans délai.

Présenté comme pasteur, humanitaire, historien et acteur engagé dans le débat public, Benjamin Babunga s’est notamment illustré par ses analyses sur la gouvernance et les conflits qui secouent la région des Grands Lacs. Selon le comité, ses interventions ont toujours relevé du débat démocratique et de l’expression citoyenne.

« Par ses interventions publiques, ses écrits et son engagement citoyen, il a toujours contribué au débat démocratique sur des questions d’intérêt général », souligne le communiqué. Les signataires estiment que ses prises de position relèvent pleinement de « l’exercice légitime de la liberté d’expression ».

Des inquiétudes renforcées par des menaces antérieures

Le comité affirme suivre l’évolution du dossier avec une profonde préoccupation, d’autant plus que Benjamin Babunga aurait déjà été confronté à des menaces en raison de ses opinions.

« Notre inquiétude est d’autant plus grande que Monsieur Benjamin Babunga a déjà été victime par le passé de menaces de mort », indiquent les auteurs de la déclaration, qui craignent pour sa sécurité et le respect de ses droits fondamentaux.

La défense de la liberté d’expression au centre du plaidoyer

Dans leur communiqué, les soutiens de l’historien congolais rappellent que la liberté d’expression constitue un droit fondamental garanti par les principes démocratiques et les instruments internationaux de protection des droits humains.

« Aucun citoyen ne devrait être arrêté, inquiété ou privé de sa liberté en raison de ses opinions politiques, de ses analyses ou de ses critiques à l’égard des politiques publiques », écrivent-ils.

Le comité considère également que les idées doivent être combattues sur le terrain du débat public et non par des mesures privatives de liberté. « L’expression pacifique d’opinions, même critiques, ne saurait être assimilée à une infraction. Les idées se combattent par le débat, jamais par la répression », insiste le document.

Appel aux organisations internationales

Au-delà de la demande de libération adressée aux autorités de Bujumbura, les auteurs du communiqué appellent plusieurs institutions internationales à suivre de près cette affaire. Les Nations unies, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est ainsi que diverses organisations de défense des droits humains sont notamment interpellées.

Pour le Comité de soutien à Benjamin Babunga RDC, cette affaire dépasse le seul cas de l’historien congolais et touche à des principes universels. « La privation de liberté pour des opinions constitue une atteinte grave aux principes démocratiques et aux droits fondamentaux », souligne le texte.

Un appel au respect de l’État de droit

Les signataires estiment que la défense des droits de Benjamin Babunga participe également à la protection des libertés de l’ensemble des citoyens. Ils espèrent enfin que les autorités burundaises privilégieront une solution conforme à l’État de droit et aux engagements internationaux du Burundi en matière de droits humains, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux de Benjamin Babunga.

Franck Kaky / CongoProfond.net

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