Société
Haut -Uélé: De l’orpaillage à la cordonnerie : un métier d’avenir selon Ligo Masa Anane
Ancien orpailleur, Ligo Masa Anane a choisi de troquer les champs aurifères pour l’atelier de cordonnerie. Il œuvre aujourd’hui au marché central de Durba, dans l’agglomération minière de Durba, territoire de Watsa, province du Haut-Uélé.
Selon lui, le métier de cordonnier est un vrai métier d’avenir. « Avec ce travail, on ne va jamais dormir le ventre vide. On peut subvenir aux besoins de sa famille et même payer les soins à l’hôpital », affirme-t-il avec conviction.
Pourtant, ce métier n’est pas sans difficultés.
Le plus grand problème, souligne-t-il, vient de l’abandon des babouches par certains clients : « Les gens amènent leurs chaussures ou babouches pour les faire réparer, mais ne reviennent jamais les récupérer. Cela complique le travail des artisans. »
Malgré cela, Ligo Masa encourage fortement les jeunes à embrasser la cordonnerie : « J’ai commencé simplement en assistant les anciens cordonniers.
Aujourd’hui, Dieu a pris leurs âmes, et il est urgent que les jeunes abandonnent l’oisiveté et les jeux inutiles pour apprendre ce métier. La cordonnerie est un vrai métier d’avenir. Même sans diplôme, on peut facilement se lancer et subvenir à ses besoins après un apprentissage relativement rapide. C’est bien mieux que de mendier. »
Son parcours est inspirant. Après avoir été orpailleur, il a dû abandonner cette activité suite à une maladie. Au début, il était totalement profane en cordonnerie, mais avec de la persévérance et de l’essai, il s’est adapté et excelle aujourd’hui dans ce métier. Après plus de trois ans d’expérience, il considère désormais l’orpaillage comme une activité sans véritable valeur comparée à la stabilité et aux opportunités qu’offre la cordonnerie.
Avec son témoignage, Ligo Masa Anane lance un message clair : la cordonnerie n’est pas un métier pour les faibles ou les laissés-pour-compte, mais un métier utile, valorisant et porteur d’avenir, accessible à tous ceux qui osent s’y investir.
Junior kasamba/Congo profond.net
Société
Délabrement avancé de la route Mahenga à Camp Luka : les trafics et échanges commerciaux entre Selembao et Ngaliema affectés par la dégradation de la chaussée
Entre les communes de Selembao et Ngaliema, la route Mahenga était devenue une véritable délivrance pour les riverains de Camp Luka, longtemps enclavés. Après près de huit à dix mois d’abandon total, cette voie secondaire est aujourd’hui devenue un véritable calvaire, rendant les échanges commerciaux et la circulation particulièrement difficiles.
La route Mahenga, voie de contournement stratégique reliant Selembao notamment le tronçon situé vers l’avenue Landu au quartier Sakombi, dans la commune de Ngaliema, se trouve actuellement dans un état de délabrement avancé. Faute d’aménagement régulier depuis plusieurs mois, elle est devenue presque impraticable, notamment pour les véhicules assurant le transport de jus et de boissons.

Cette voie, qui traverse le quartier urbain de Camp Luka, représentait autrefois un axe important et une solution économique pour la population locale. Aujourd’hui, cette même artère constitue un véritable cauchemar : eaux stagnantes provoquant des odeurs nauséabondes, déchets non canalisés entraînant des inondations récurrentes et présence permanente de boue, même en pleine saison sèche. Une situation aggravée par le manque d’urbanisation et les conditions de vie précaires dans ce quartier populaire.
Les conséquences économiques sont visibles à l’œil nu. Les camions affectés au transport de boissons et autres marchandises ne peuvent plus emprunter la route Mahenga. Contraints de passer par la route 24 Novembre, également fortement dégradée, plusieurs véhicules sont obligés de s’arrêter avant d’atteindre leur destination finale. Cette situation rallonge les délais de livraison et accélère l’usure des engins.
Les échanges commerciaux entre Selembao et Ngaliema sont ainsi devenus extrêmement pénibles, voire impossibles pour certains produits. Les commerçants, qui rejoignaient autrefois l’autre commune en moto pour un coût variant entre 1 500 et 2 000 FC, sont désormais contraints de descendre à l’arrêt Mabanka et de poursuivre le trajet à pied, transportant leurs marchandises sur la tête.
Les vendeurs ambulants, eux aussi, peinent à exercer correctement leurs activités faute de mobilité fluide.
La vie quotidienne des habitants est fortement affectée. Ménagères, écoliers et travailleurs circulant entre les deux communes sont contraints de poursuivre leurs déplacements à pied après avoir été déposés à l’arrêt Mabanka. Les motocyclistes refusent désormais d’aller au-delà de ce point.

Les malades éprouvent également d’énormes difficultés pour accéder aux structures sanitaires. Plus grave encore, l’état impraticable de la route Mahenga complique l’accès au cimetière de Kitambo, obligeant les familles endeuillées à effectuer de longs et pénibles détours.
Pourtant, cette route demeure d’une importance capitale pour les habitants de cette partie de Kinshasa. Son abandon n’a pas seulement aggravé l’enclavement de Camp Luka ; il a aussi fragilisé les liens économiques et sociaux entre deux grandes communes de l’ouest de la capitale.
Face à cette situation, la réhabilitation urgente de la route Mahenga est vivement sollicitée par les riverains afin de mettre fin à ce calvaire quotidien.
Elvit Kumbu/Congoprofond.net
