Société
Haut -Uélé: De l’orpaillage à la cordonnerie : un métier d’avenir selon Ligo Masa Anane
Ancien orpailleur, Ligo Masa Anane a choisi de troquer les champs aurifères pour l’atelier de cordonnerie. Il œuvre aujourd’hui au marché central de Durba, dans l’agglomération minière de Durba, territoire de Watsa, province du Haut-Uélé.
Selon lui, le métier de cordonnier est un vrai métier d’avenir. « Avec ce travail, on ne va jamais dormir le ventre vide. On peut subvenir aux besoins de sa famille et même payer les soins à l’hôpital », affirme-t-il avec conviction.
Pourtant, ce métier n’est pas sans difficultés.
Le plus grand problème, souligne-t-il, vient de l’abandon des babouches par certains clients : « Les gens amènent leurs chaussures ou babouches pour les faire réparer, mais ne reviennent jamais les récupérer. Cela complique le travail des artisans. »
Malgré cela, Ligo Masa encourage fortement les jeunes à embrasser la cordonnerie : « J’ai commencé simplement en assistant les anciens cordonniers.
Aujourd’hui, Dieu a pris leurs âmes, et il est urgent que les jeunes abandonnent l’oisiveté et les jeux inutiles pour apprendre ce métier. La cordonnerie est un vrai métier d’avenir. Même sans diplôme, on peut facilement se lancer et subvenir à ses besoins après un apprentissage relativement rapide. C’est bien mieux que de mendier. »
Son parcours est inspirant. Après avoir été orpailleur, il a dû abandonner cette activité suite à une maladie. Au début, il était totalement profane en cordonnerie, mais avec de la persévérance et de l’essai, il s’est adapté et excelle aujourd’hui dans ce métier. Après plus de trois ans d’expérience, il considère désormais l’orpaillage comme une activité sans véritable valeur comparée à la stabilité et aux opportunités qu’offre la cordonnerie.
Avec son témoignage, Ligo Masa Anane lance un message clair : la cordonnerie n’est pas un métier pour les faibles ou les laissés-pour-compte, mais un métier utile, valorisant et porteur d’avenir, accessible à tous ceux qui osent s’y investir.
Junior kasamba/Congo profond.net