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Ukweli Summit 2026 : l’UNPC appelle à la construction d’une stratégie nationale et régionale de riposte face à la désinformation et les défis de l’IA
Ukweli Summit 2026, le tout premier dans la région des Grands Lacs, s’est ouvert ce lundi 30 mars à Kinshasa, capitale de la RDC. Lançant ce forum qui se poursuivra jusqu’au 31 mars autour du thème « Repenser l’information, l’intelligence artificielle et l’éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années », Kamanda Wa Kamanda Muzembe, président de l’Union nationale de la Presse du Congo (UNPC), a appelé à la construction d’une stratégie nationale et régionale de riposte, à la promotion d’un usage critique et responsable de l’information et à l’implication de la jeunesse.

Dans son allocution, le président de l’UNPC a insisté sur l’ampleur du phénomène, affirmant que la désinformation est devenue « une arme stratégique » en Afrique centrale, particulièrement en RDC. Selon lui, elle ne menace pas seulement les médias, mais fragilise l’ensemble de la société en sapant la confiance dans les institutions.
Il a également souligné que dans l’Est du pays, la désinformation alimente les conflits, exacerbe les tensions communautaires et peut même servir d’outil de recrutement dans les groupes armés. À cela s’ajoutent ses effets néfastes en période de crise sanitaire, où les rumeurs mettent en danger les populations les plus vulnérables.

Face à ces défis, Kamanda Wa Kamanda Muzembe a plaidé pour une réponse collective structurée, axée sur le renforcement des capacités en vérification des faits, l’analyse critique et l’élaboration d’une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et régionale. Il a aussi appelé à un changement de paradigme, privilégiant l’anticipation plutôt que la réaction.
De son côté, la représentante du comité d’organisation a replacé ce sommet dans un contexte régional marqué par des crises sécuritaires et des conflits qui se jouent désormais aussi dans l’espace numérique. Elle a qualifié la désinformation de « poison » qui mine la cohésion sociale, freine le développement économique et compromet les efforts de stabilisation.
Elle a également mis en garde contre l’essor rapide de l’intelligence artificielle, à la fois opportunité pour le développement et outil potentiel de manipulation massive. D’où la nécessité, selon elle, de transformer les rédactions, adapter les cadres légaux et renforcer l’éducation numérique des citoyens.
Réunissant environ 200 participants en présentiel à l’Hôtel Memling de Kinshasa et une cinquantaine en ligne, ce premier Ukweli Summit rassemble journalistes, décideurs, chercheurs et acteurs de la société civile, dont certains venus de l’étranger. Les organisateurs attendent de ces assises des résultats concrets, notamment une feuille de route, des recommandations opérationnelles et la mise en place d’un mécanisme de suivi durable.
Exaucé Kaya
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Zaïko Langa Langa : L’héritage éternel de Mbuta Matima dans les nuits de Kinshasa
Le 26 mai 1996 disparaissait à Liège l’un des artisans les plus discrets mais les plus importants de l’histoire de Zaïko Langa Langa : Zéphyrin Matima Mpioso. 30 ans après son décès, de nombreux mélomanes continuent de s’interroger : pourquoi parle-t-on si peu de celui qui a pourtant tant contribué à la réussite et à la rigueur musicale du mythique orchestre kinois ?

Connu affectueusement sous le nom de « Ya Matim’s », Mbuta Matima était un véritable enfant de Matonge, anciennement Renkin, sur l’avenue Inzia. Guitariste talentueux, musicien méthodique et homme de l’ombre respecté, il incarnait le professionnalisme au sein du groupe.
Avant de rejoindre Zaïko Langa Langa en 1969, il avait débuté chez Stukas Boys aux côtés de Lita Bembo. D’abord influencé par les reprises pop occidentales, il évoluera progressivement vers la rumba et le sebene, devenant au fil des années l’un des piliers techniques du son Zaïko.

Un directeur artistique rigoureux et respecté
Souvent présenté comme soliste secondaire, Mbuta Matima était bien plus qu’un simple guitariste. Il occupait un rôle central dans l’organisation musicale du groupe : directeur artistique, arrangeur, coordinateur et auteur-compositeur.
Les habitués des concerts du mythique Kimpwanza Bar se souviennent encore des balances minutieuses qu’il dirigeait avant chaque prestation. Rigoureux et exigeant, il veillait à la qualité sonore et à la cohésion musicale de l’orchestre.
Plusieurs chansons portent son empreinte artistique, notamment :
« Toli Kolumpe »
« Kin Kiesse »
« Solomo »
« Nandimi te Nakotika te »
« Kazo »
« Masela »
« Kabobo »
« Mena »
« Reviens Hyppau »
À travers ces œuvres, Mbuta Matima a participé à construire l’identité musicale moderne de Zaïko, devenue une référence majeure de la rumba congolaise.
« A nge Matima, a Mbuta Matima, kolele ! » : cette phrase résonne encore comme un hommage à un homme dont le nom mérite d’être gravé parmi les grands bâtisseurs de la légende Zaïko.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
