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TP Mazembe : quand les Corbeaux perdent leurs plumes
Il fut un temps où le nom TP Mazembe faisait trembler tout le continent. Finaliste de la Coupe du Monde des Clubs en 2010. Cinq fois champion d’Afrique. L’équipe de Lubumbashi qui avait renversé l’Internacional brésilien en demi-finale du Mondial des clubs, avant d’affronter l’Inter Milan en finale — un parcours qui avait fait découvrir au monde entier qu’une équipe congolaise pouvait rivaliser avec n’importe qui. Ce temps-là semble loin. Très loin.
En mars 2026, les Corbeaux traversent la tempête la plus sévère de leur histoire récente. Et pour la première fois depuis des années, personne ne sait vraiment si le club va s’en sortir.
Le départ de N’Diaye : fin d’une illusion
Le 29 janvier 2026, Lamine N’Diaye quittait officiellement le banc de Mazembe. L’entraîneur avait été recruté pour ramener la stabilité — il laisse derrière lui des questions sans réponse. L’intérim a été confié à Slimane Raho, qui avait déjà géré la situation en mars lors du derby contre Lupopo. Un derby qui s’est terminé dans le chaos.
Le départ de N’Diaye après une victoire contre Sanga Balende dit tout. Ce n’est pas la performance qui a posé problème — c’est la relation avec la direction. Quand un club se sépare de son entraîneur après un succès, c’est que la fracture vient de bien plus haut.
Le bras de fer avec la FIFA
Mais le vrai séisme, c’est ailleurs. En février 2026, la FIFA a imposé un transfert ban immédiat sur le club. Motif : litiges financiers non résolus avec des anciens joueurs et membres du personnel. Mazembe ne peut plus recruter. Pas un joueur. Pas une signature.
Pour un club dont l’effectif vieillit, c’est une paralysie totale. Les cadres s’essoufflent, la relève ne peut pas être renforcée, et les adversaires continentaux construisent tranquillement leurs effectifs. Le ban ne sera levé qu’après remboursement intégral des dettes — un horizon encore flou.
Même les analystes des plateformes de paris, dont les utilisateurs de 1xbet cd, ont revu leurs projections — les cotes des Corbeaux sur la Ligue des champions CAF sont tombées à leurs plus bas niveaux depuis des années. Le marché a pris acte de la situation.
Katumbi seul contre tous
Moïse Katumbi n’a jamais caché que le club fonctionne sans subventions de l’État depuis plus de quatre ans. Mazembe réclame au ministère des Sports environ 13 millions de dollars pour sa participation aux compétitions africaines des années passées. Cet argent n’est pas venu.
Le contexte politique ne simplifie rien. Katumbi est figure de l’opposition — et à Kinshasa, certains observateurs lisent l’isolement financier du club comme un signal politique. Que cette lecture soit exacte ou non, le résultat est identique : le club finance seul une institution qui coûte des millions, sans retour de l’État.
Derby, sanctions et tribunes vides
Le derby de mars contre Saint-Éloi Lupopo a ajouté une page difficile aux problèmes institutionnels. Le club a écopé d’une amende de 15 000 dollars. Trois prochains matchs à domicile se joueront à huis clos ou sur terrain neutre. Le gardien Marc-Philippe Diouf a également été sanctionné personnellement pour incidents.
Pendant ce temps, Lupopo avance. Les Cheminots, longtemps dans l’ombre des Corbeaux, ont pris l’ascendant dans le derby lushois depuis trois saisons. Un retournement de situation que peu auraient anticipé il y a cinq ans.
Et pourtant — sur le plan purement comptable en Linafoot — Mazembe résiste. Les Corbeaux sont leaders du Groupe A. Ce paradoxe résume la situation : localement, la machine tourne encore. Continentalement, elle est à l’arrêt.
La KFA : le seul horizon
Il reste une porte ouverte. La Katumbi Football Academy. Dans les conditions actuelles, avec un ban qui bloque tout recrutement externe, la promotion interne est devenue non plus un choix mais une nécessité. La quatrième promotion — les jeunes du groupe 2018 — s’apprête à intégrer le groupe professionnel en masse.
C’est peut-être là que se joue le vrai avenir du club. Pas dans les transferts, pas dans les négociations avec la FIFA, mais dans ces jeunes de Kamalonodo qui s’entraînent chaque matin. Si l’un d’eux s’impose comme le prochain Trésor Mputu, tout peut repartir.
Les Corbeaux ont traversé des crises par le passé. Ils ont les ressources pour en traverser une de plus.
À la Une
Nord-Kivu : Le BUREC dénonce les querelles politiques autour du gouverneur militaire
Le Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo, BUREC, à travers son inter-fédération du Nord-Kivu, a publié ce 24 mai 2026 à Beni une déclaration politique sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la province. Dans ce document, les cadres et militants du parti affirment suivre « avec attention les situations politique et sécuritaire » dans le Nord-Kivu.
Face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire, le BUREC/Nord-Kivu a réaffirmé son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), au président Félix Tshisekedi ainsi qu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Somo Kakule Evariste. Le parti salue notamment « les efforts consentis dans la recherche de la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le développement ».
Dans la même déclaration, le BUREC recommande « le renforcement et l’intensification des opérations militaires contre l’AFC/M23, les ADF et les autres groupes armés réfractaires au P-DDRCS ». Cette formation politique estime que les offensives militaires doivent être renforcées afin de faire face à l’insécurité persistante dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Le parti a également condamné « les sorties médiatiques de certains politiciens et leaders d’opinion qui s’opposent à la gouvernance actuelle de la province ». Selon le BUREC, l’Union sacrée de la Nation au Nord-Kivu « n’a jamais été saisie d’une démarche pour laquelle le Gouverneur militaire aurait constitué une obstruction à un acteur politique, de surcroît un élu ».
Réaffirmant son appartenance à l’Union sacrée de la Nation, le BUREC/Nord-Kivu dit renouveler « avec force son soutien indéfectible à la gouvernance de la province du Nord-Kivu sous l’égide du Général-Major Somo Kakule Evariste, émanation de la volonté du Chef de l’État ».
Cette formation politique appelle par ailleurs les acteurs politiques à éviter d’impliquer l’armée dans les débats politiques. Le document rappelle que « l’armée est apolitique » et estime que le général-major Somo Kakule Evariste « devrait être épargné des querelles politiciennes afin de mieux se concentrer sur sa mission ».
Cette déclaration a été signée à Beni dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et plusieurs groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment l’AFC/M23 et les ADF.
Franck Kaky
