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Société

Albinisme, santé reproductive et dignité : des femmes brisent le silence face aux discriminations

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À Kinshasa, derrière les actions de sensibilisation menées par MSI en collaboration avec la fondation Mwinda Texas, se cache une réalité souvent ignorée : celle des femmes et jeunes filles vivant avec l’albinisme, confrontées à la fois au manque d’accès à l’information et à des discriminations persistantes. Si cette activité a permis de vulgariser les méthodes de planification familiale, elle a surtout ouvert un espace de parole où plusieurs participantes ont partagé, sans filtre, leurs expériences de vie.

Pour beaucoup, c’était une première. « Nous n’avons jamais eu ce genre d’enseignement », confient certaines jeunes filles, reconnaissantes envers la fondation. Dans leur communauté, le manque d’information sur la santé sexuelle et reproductive a contribué à une hausse inquiétante des grossesses précoces. Plusieurs intervenantes ont expliqué que des hommes approchent souvent les filles albinos avec des croyances erronées, les séduisent, puis les abandonnent une fois la grossesse survenue. Des mythes persistants selon lesquels les personnes albinos porteraient chance ou auraient des “pouvoirs” continuent d’alimenter ces comportements irresponsables.


Face à ces réalités, les prestataires de MSI se veulent rassurants : il n’existe aucune discrimination dans la prise en charge. « Toutes les femmes sont traitées de la même manière », a insisté une prestataire, rejetant les rumeurs selon lesquelles les femmes albinos seraient exclues de certains services comme la pose de contraceptifs. Elle évoque même des cas concrets de prise en charge réussie, soulignant que les méthodes contraceptives sont accessibles à toutes, sans distinction. Toutefois, sur le terrain, certaines femmes témoignent d’attitudes discriminatoires dans certains centres de santé, notamment lors des accouchements, où elles se sentent jugées ou mal accueillies.

Au-delà du système de santé, la discrimination s’étend dans la vie quotidienne. Une vendeuse raconte comment certains clients refusent d’acheter ses produits uniquement à cause de sa peau. Une autre évoque les regards insistants et les jugements dans les espaces publics. Pourtant, grâce à l’encadrement de la fondation Mwinda Texas, beaucoup affirment avoir gagné en confiance. « On nous apprend à être fières de qui nous sommes », explique une participante. Cette reconquête de l’estime de soi passe aussi par la compréhension de leur condition : une peau fragile, nécessitant des soins spécifiques, notamment contre les cancers cutanés, fréquents chez les personnes albinos.

Certaines voix, comme celle de Sarah Ngalula, résonnent avec force. Issue d’une famille où cohabitent enfants albinos et non albinos, elle affirme avoir transformé les préjugés en moteur de confiance. « Là où je suis, on me remarque », dit-elle avec assurance. Un message puissant dans une société où la différence est encore trop souvent perçue comme une faiblesse. À travers cette activité, MSI et ses partenaires ne se contentent pas de parler de contraception : ils contribuent à déconstruire les stéréotypes, à restaurer la dignité et à donner aux femmes albinos les moyens de faire des choix éclairés pour leur avenir.

Dorcas Mwavita

À la Une

Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur

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Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.

C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs

Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.

« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.

Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers

Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.

L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.

Vers un nouveau cadre légal

La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.

En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.

Un soutien des acteurs du secteur

Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.

À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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