Société
Kasaï-Central : le PNDA s’engage à construire un bâtiment pour l’Inspection provinciale de l’Agriculture à Kananga
Une nouvelle dynamique de collaboration se met en place entre le Programme national de développement agricole (PNDA) et la jeunesse du Kasaï-Central. Ce mercredi 11 mars, l’ambassadeur Emmanuel Kabangu, président du Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) du Kasaï-Central, a reçu dans son bureau une délégation nationale du PNDA, conduite par son coordonnateur par intérim, M. Emmile.
Au cœur des échanges, l’annonce d’un projet de construction d’un bâtiment administratif de deux niveaux destiné à accueillir l’Inspection provinciale de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Élevage à Kananga. Les responsables du PNDA ont souligné que la jeunesse serait activement associée à la gestion et à la protection de cette infrastructure, renforçant ainsi son rôle dans le développement du secteur agricole de la province.

De son côté, Emmanuel Kabangu a profité de cette rencontre pour plaider en faveur du projet « Camp agricole de la jeunesse », qui sera implanté dans la commune de Lukonga, au village Tshiaba Bumba. Ce projet vise à mobiliser et encadrer les jeunes dans des activités agricoles, contribuant ainsi à la relance de l’économie provinciale par une production agricole soutenue par une jeunesse organisée et engagée.
Ce rapprochement entre le PNDA et le CPJ Kasaï-Central s’inscrit dans la stratégie de plaidoyer menée par Emmanuel Kabangu lors de ses séjours à Kinshasa, visant à obtenir un appui accru des partenaires nationaux et internationaux pour les initiatives de la jeunesse.
Le PNDA a également réaffirmé sa volonté de collaborer avec le Conseil provincial de la jeunesse afin de mutualiser les efforts pour lutter contre la pauvreté et promouvoir le développement agricole dans la province.
Mike Tyson Mukendi
Provinces
Gemena : impatiente face au blocage du chantier de modernisation, la jeunesse hausse le ton contre IMMO-SERKAS
À Gemena, l’attente commence à peser lourd. Alors que les travaux de réhabilitation et de modernisation de la ville devaient redessiner le visage urbain, le ralentissement du chantier suscite une vague de mécontentement, particulièrement chez les jeunes.
Depuis plusieurs jours, des messages et vidéos circulent sur les réseaux sociaux pour dénoncer le retard et la qualité perçue des travaux. « Certains individus récidivistes et instrumentalisés diffusent des messages et vidéos de désinformation et désorientation à des fins inavouées », dénonce un communiqué récent de l’entreprise adressé à la population. Mais pour une partie de la jeunesse, ces accusations ne suffisent pas à masquer une frustration bien réelle.
« Depuis l’existence de cette ville, il n’y a jamais eu un seul mètre de route asphaltée », rappelle Me Rufis Enyela, coordinateur du mouvement citoyen lutte pour le changement (LUCHA) dans le Sud-Ubangi. C’est précisément cette promesse historique qui alimente l’impatience. Les jeunes de Gemena, qui espéraient voir enfin des routes praticables, des caniveaux fonctionnels et un éclairage public digne de ce nom, voient le chantier piétiner.
Selon la société IMMO-SERKAS SARL en charge de l’exécution, la responsabilité ne revient pas à l’entreprise. « Les travaux d’assainissement, de pose des bordures et le début des travaux de la chaussée sont exécutés selon les règles de l’art », affirme-t-elle. Le blocage viendrait d’ailleurs : « Cela fait près d’une année que plus de 4 factures de l’entreprise déjà introduites et ayant reçues l’avis de non-objection du Ministre des Finances, ne sont toujours pas payées par le BCECO ».

Conséquence directe : le matériel est à l’arrêt. « Plusieurs camions bennes, 33 conteneurs chargés de bitumes, les engins complets destinés à l’asphaltage proprement dit de nos routes, sont déjà importés » et restent bloqués dans les entrepôts de l’ONATRA en attente de déblocage des fonds. Pour les jeunes mobilisés, cette situation est difficile à accepter alors que les routes comme Gemena-Akula et Gemena-Songo restent « totalement impraticables ».
La colère s’exprime de plus en plus ouvertement. Certains y voient un manque de considération pour la province et une incapacité des acteurs politiques à défendre les projets locaux. « Les mêmes individus sont muets sur ces réalités beaucoup plus graves », souligne le communiqué, qui appelle à la vigilance.
Face à cette tension, l’appel à l’apaisement se fait insistant. « Restons concentrés, ne cédons pas aux informations non vérifiées et sans fondement. Notre rôle est d’assurer un atterrissage en douceur pour que Gemena bénéficie enfin de routes durables », peut-on lire.
Le message se termine sur une note d’espoir : « Gemena mérite mieux. Cela passe par la patience, la vérité et l’unité de tous ». Reste à savoir si cette patience suffira à calmer une jeunesse qui attend des actes concrets, et non plus des promesses.
Blaise ABITA ETAMBE
