Actualité
Protocole de Maputo : Journalistes et experts échangent à Kinshasa sur l’accès à l’avortement sécurisé
Une vingtaine de journalistes ont pris part, ce samedi 7 mars, à un déjeuner de presse organisé à Kinshasa par le Réseau des journalistes pour la Santé Sexuelle et Reproductive, en collaboration avec MSI RDC (Marie Stopes RDC). La rencontre s’est tenue au restaurant de la chaîne nationale Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC).
Placée sous le thème « Mise en œuvre de l’article 14 du Protocole de Maputo : enjeux juridiques et sanitaires », cette activité visait à renforcer la compréhension des journalistes sur les implications de cet article et à encourager une information plus précise du public sur les questions de santé sexuelle et reproductive.

Comprendre l’article 14 du Protocole de Maputo
Prenant la parole, le Dr Micheal a rappelé l’importance de l’article 14 du Protocole de Maputo, instrument juridique africain consacré aux droits des femmes. Selon lui, cet article garantit notamment l’accès à l’avortement sécurisé dans des situations spécifiques, notamment en cas de viol, d’inceste ou lorsque la grossesse met gravement en danger la santé de la femme ou est incompatible avec la vie.
L’intervenant a toutefois souligné que, malgré l’existence de ce cadre légal, plusieurs obstacles continuent de limiter son application effective. Parmi ces défis figurent la méconnaissance de la loi par une grande partie de la population, les barrières économiques qui empêchent certaines femmes d’accéder aux soins appropriés, ainsi que la stigmatisation sociale entourant encore la question de l’avortement.
Pour le médecin, garantir l’accès à des services sûrs et encadrés constitue un enjeu majeur de santé publique, permettant de protéger la vie et la santé des femmes.
L’appel à une meilleure sensibilisation des droits des femmes
De son côté, Ndonga Octavie, juge au tribunal de grande instance de Matete, a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation autour des droits des femmes, particulièrement à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes.
Elle a regretté que cette journée soit souvent réduite à des célébrations festives, alors qu’elle devrait avant tout constituer un moment de réflexion sur les droits fondamentaux des femmes et sur les défis qui persistent dans leur application.
Selon la magistrate, l’éducation juridique et l’accès à l’information restent des leviers essentiels pour permettre aux femmes de connaître et de revendiquer leurs droits.
Les médias appelés à jouer un rôle clé
Ce déjeuner de presse a également offert aux journalistes un cadre d’échanges direct avec les experts, leur permettant de poser des questions et d’approfondir leur compréhension des enjeux liés à la santé reproductive.
Dans un contexte marqué par la circulation rapide des fausses informations, les organisateurs ont insisté sur la responsabilité des médias dans la diffusion d’informations fiables, fondées sur des bases scientifiques et juridiques solides. Une couverture médiatique rigoureuse est, selon eux, essentielle pour nourrir un débat public éclairé et contribuer à la promotion des droits et de la santé des femmes.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Sanctions américaines contre Kabila : Jacquemain Shabani évoque « une conséquence logique » après une attente prolongée
Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a réagi ce jeudi 30 avril à la décision des États-Unis visant l’ancien président Joseph Kabila. Il estime que cette sanction constitue « une conséquence logique, même si elle a tardé à venir », accusant l’ex-chef de l’État d’être à l’origine de la déstabilisation du pays.

Washington a inscrit Joseph Kabila sur la liste des personnes sanctionnées de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), dans le cadre du programme DRCONGO. Les autorités américaines évoquent des liens présumés avec des groupes armés opérant dans l’est de la RDC, notamment le Mouvement du 23 mars et l’Alliance Fleuve Congo.
La mesure, prise en vertu de l’Executive Order 13413 modifié, prévoit le gel de tous les avoirs de l’ancien président sous juridiction américaine. Elle interdit également toute transaction entre lui et des citoyens ou entreprises des États-Unis.
Ces sanctions renforcent l’isolement financier et diplomatique de Joseph Kabila, dans un contexte politique et sécuritaire déjà marqué par de fortes tensions autour de la situation dans l’est du pays.
Exaucé Kaya
