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Révision de la Constitution : Le Sénat désavoue publiquement Modeste Bahati Lukwebo

À Kinshasa, le Sénat a pris ses distances avec l’un des membres de son propre bureau. L’institution a officiellement désavoué les déclarations de son deuxième vice-président, Modeste Bahati Lukwebo, après ses prises de position publiques contre une éventuelle révision de la Constitution.

Dans un communiqué rendu public, ce samedi 7 mars, par la rapporteure de la chambre haute, Nefertiti Ngundianza, le bureau du Sénat précise que les propos tenus par Bahati lors d’un récent point de presse « n’engagent que leur auteur » et ne sauraient être considérés comme la position officielle de l’institution.

Un contexte politique particulièrement sensible

Cette mise au point intervient dans un climat politique délicat, alors que le débat autour d’un possible changement constitutionnel continue d’alimenter les discussions et les tensions au sein de la majorité présidentielle en République démocratique du Congo.

Dans la foulée, le bureau du Sénat a tenu à réaffirmer son alignement sur la vision et les orientations du président de la République, Félix Tshisekedi. Une précision qui marque une prise de distance claire avec les déclarations du leader de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC‑A).

Bahati Lukwebo critique l’idée d’une réforme constitutionnelle

Lors d’une conférence de presse très commentée, Modeste Bahati Lukwebo avait exprimé son opposition à toute modification de la loi fondamentale. Selon lui, les difficultés que traverse le pays ne relèvent pas d’un problème constitutionnel, mais plutôt d’un déficit de gouvernance.

« Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », avait-il déclaré, une formule qui a rapidement circulé dans les milieux politiques et suscité des réactions au sein de la coalition au pouvoir.

Des fissures au sein de la majorité

En réagissant publiquement, le bureau du Sénat semble vouloir éviter toute confusion institutionnelle dans un débat particulièrement inflammable. Au sein de l’Union sacrée de la Nation, les prises de position divergentes sur la question constitutionnelle demeurent rares et sont souvent mal perçues lorsque l’initiative est associée au chef de l’État.

Ce désaveu public met en lumière, en filigrane, certaines lignes de fracture au sein de la majorité, où la discipline politique reste étroitement surveillée dès lors que le débat touche aux équilibres institutionnels du pays.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET