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Réforme de la Commande Publique en RDC : « Il ne s’agit plus de procédures, mais d’un choix de gouvernance » ( Entretien exclusif avec l’Expert Kitsita Manata S. Joël-David)

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Dans un contexte où la performance de la dépense publique conditionne le développement économique, CONGOPROFOND.NET a approché l’expert en commande publique et en gestion des projets, Kitsita Manata S. Joël-David. Dans cet entretien exclusif, il revient sur les enjeux profonds de la réforme des marchés publics et le rôle déterminant du leadership institutionnel en République démocratique du Congo.

CONGOPROFOND.NET : Vous affirmez que la commande publique est un levier de transformation structurelle. Pourquoi ?

Kitsita Manata Joël-David :
Parce que la commande publique va bien au-delà d’un simple mécanisme administratif. Elle constitue un instrument stratégique qui oriente l’action de l’État, structure l’investissement public et influence directement la qualité de la gouvernance.

Dans un pays où l’investissement public joue un rôle moteur, la performance du système des marchés publics détermine non seulement l’efficacité des politiques publiques, mais aussi la crédibilité institutionnelle de l’État.

CONGOPROFOND.NET : En quoi la réforme des marchés publics est-elle aujourd’hui indispensable ?

Kitsita Manata Joël-David :
La réforme est devenue incontournable parce que les défis ont évolué. Il ne s’agit plus uniquement de conformité réglementaire, mais de transformation systémique.

Réformer les marchés publics, c’est repenser la gouvernance de la dépense publique autour de la performance, de la transparence et de l’impact réel sur l’économie et la société.

CONGOPROFOND.NET : Concrètement, quels sont les axes majeurs de cette transformation ?

Kitsita Manata Joël-David :
Ils sont multiples et interdépendants. Il faut notamment :
– une gouvernance orientée vers les résultats et les indicateurs de performance ;
– une digitalisation intégrale et interopérable des processus ;
une responsabilisation accrue de tous les acteurs, à chaque maillon de la chaîne ;
une culture de la transparence fondée sur la donnée et la traçabilité ;
-une évaluation systématique de la valeur ajoutée générée par chaque dépense publique.

Sans ces éléments, la réforme reste superficielle.

CONGOPROFOND.NET : Le leadership institutionnel semble central dans votre analyse…

Kitsita Manata Joël-David :
Il est fondamental. Aucune réforme ne peut produire des effets durables sans vision stratégique claire, sans pilotage par les indicateurs et sans volonté politique assumée.

Lorsque le leadership institutionnel fait défaut, les réformes deviennent purement formelles et n’impactent ni les pratiques ni les résultats.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact une commande publique modernisée peut-elle avoir sur l’économie ?

Kitsita Manata Joël-David :
Un impact majeur. Une commande publique performante renforce la confiance des opérateurs économiques, sécurise l’environnement des affaires et améliore l’allocation des ressources publiques.

Elle permet de transformer les marchés publics en véritable levier de développement durable, plutôt qu’en simple centre de dépenses.

CONGOPROFOND.NET : Peut-on dire que l’enjeu est avant tout politique ?

Kitsita Manata Joël-David :
Absolument. L’enjeu dépasse la technique. C’est un choix de gouvernance.

Moderniser la commande publique, c’est choisir la transparence, la performance et la redevabilité. C’est aussi engager la crédibilité de l’État et la trajectoire économique du pays.

CONGOPROFOND.NET : Cette réflexion s’inscrit-elle dans un cadre institutionnel précis ?

Kitsita Manata Joël-David :
Oui. Ces échanges s’inscrivent notamment dans le cadre de séances de travail tenues au sein du Cabinet de Son Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, où la modernisation de la commande publique est abordée comme un axe stratégique majeur de gouvernance publique.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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Presse francophone mondiale : La Congolaise Marianne Mujing Yav décroche un poste historique à l’UPF

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Une nouvelle page s’écrit pour la presse congolaise sur la scène internationale. La journaliste congolaise Marianne Mujing Yav a été élue, vendredi 29 mai 2026, au poste de secrétaire générale de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF), à l’issue d’un scrutin qui marque un tournant majeur pour la représentation de la République démocratique du Congo au sein des grandes instances médiatiques francophones.

Avec 35 voix obtenues, elle devient la première femme congolaise à accéder à cette fonction stratégique au sein de cette organisation qui rassemble des journalistes, éditeurs et professionnels des médias issus de l’espace francophone mondial.

Une victoire qui honore la RDC

L’élection de Marianne Mujing Yav constitue bien plus qu’un succès personnel. Elle symbolise la montée en puissance de la presse congolaise dans les espaces internationaux de décision et de réflexion sur l’avenir du journalisme francophone.

Dans un contexte où les médias sont confrontés à de nombreux défis ( transformation numérique, désinformation, sécurité des journalistes et défense de la liberté de la presse ), la présence d’une Congolaise à un poste aussi influent est perçue comme une reconnaissance du dynamisme et du professionnalisme des acteurs des médias de la RDC.

Cette élection renforce également la visibilité du pays au sein de la francophonie médiatique, offrant à la RDC une voix plus forte dans les débats qui façonnent l’avenir de l’information à l’échelle internationale.

Zoom sur Marianne Mujing Yav

Figure respectée du paysage médiatique congolais, Marianne Mujing Yav s’est progressivement imposée comme l’une des personnalités les plus engagées dans la promotion du journalisme professionnel et de la coopération entre médias francophones.

Au fil des années, elle a développé une solide expérience dans le secteur de l’information et dans les réseaux professionnels de la presse, ce qui lui a permis de tisser des liens avec plusieurs organisations internationales œuvrant pour le renforcement des médias et la défense des valeurs de la francophonie.

Membre du Comité national de la presse congolaise ( UNPC), son élection à la tête du secrétariat général de l’UPF traduit la confiance placée en son leadership, sa capacité de rassemblement et sa vision pour une presse francophone moderne, indépendante et adaptée aux mutations du monde numérique.

Un symbole fort pour les femmes des médias

L’accession de Marianne Mujing Yav à cette haute responsabilité revêt également une portée symbolique importante pour les femmes journalistes de la RDC et d’Afrique.

Dans un secteur encore marqué par des défis liés à la représentativité féminine dans les postes de direction, cette élection envoie un signal fort sur la place croissante des femmes dans la gouvernance des médias et des organisations professionnelles internationales.

En tant que secrétaire générale de l’UPF, Marianne Mujing Yav sera appelée à contribuer à la coordination des activités de l’organisation, au renforcement de la coopération entre ses différentes sections nationales et à la promotion des valeurs qui fondent la presse francophone.

Son mandat s’annonce déterminant à un moment où le journalisme doit relever des enjeux majeurs liés à la crédibilité de l’information, à l’intelligence artificielle, à la transition numérique et à la protection des professionnels des médias.

Par cette élection historique, la RDC inscrit son nom dans les annales de la presse francophone mondiale et voit l’une de ses filles accéder à l’un des postes les plus prestigieux du secteur. Une consécration qui honore à la fois Marianne Mujing Yav, la profession journalistique congolaise et l’ensemble du pays.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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