Culture
Festival Haïti 221 : Kinshasa au rythme d’un dialogue entre Haïti et RDC
La capitale congolaise accueille, du 12 au 22 février 2026, la première édition du Festival Haïti 221, une initiative culturelle qui relie symboliquement Port-au-Prince à Kinshasa autour des enjeux de mémoire, d’indépendance et de dialogue décolonial.
Lancé officiellement lors d’une conférence de presse tenu à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, l’événement ambitionne de créer un espace d’échanges artistiques et intellectuels entre la République d’Haïti et la République démocratique du Congo (RDC).
Un festival pour connecter les imaginaires
Au cœur de cette première édition : la volonté de tisser des liens durables entre les cultures haïtienne et congolaise.
« Les connexions entre nos imaginaires, c’est très important (…) C’est nécessaire de connecter nos imaginaires, nos cultures. C’est ça qui fera notre force dans le monde d’aujourd’hui », a déclaré Jean d’Amérique, écrivain haïtien et intervenant du festival.
Durant dix jours, ateliers d’écriture, conférences, projections de films suivies de débats, contes, rencontres artistiques et concerts se succéderont dans plusieurs espaces culturels emblématiques de la capitale congolaise.
Des lieux stratégiques mobilisés
Les activités sont réparties entre quatre sites majeurs :
Tarmac des Auteurs (commune de Kintambo), qui a accueilli le concert d’ouverture ;
Bibliothèque Rehoboth ;
Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa ;
Texaf Bilembo ;
et l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, où se tiendra également la cérémonie de clôture.
Ces espaces servent de cadres aux échanges entre artistes haïtiens et congolais, favorisant une dynamique de transmission et de création collective.
Une vision portée par Darline Gilles
À l’origine du projet, la directrice du festival, Darline Gilles porte une ambition claire : internationaliser la célébration de l’indépendance haïtienne.
« Je ne voulais pas que la célébration de l’indépendance de mon pays reste uniquement en Haïti. Mon ambition est de la faire voyager à travers le monde (…) J’ai choisi la RDC parce qu’elle est en Afrique et que nous partageons beaucoup de réalités communes sur les plans littéraire, culturel et musical », a-t-elle expliqué.
Chaque année, Haïti commémore son indépendance acquise en 1804. À travers Haïti 221, cette mémoire se projette au-delà des frontières pour nourrir une pensée décoloniale et renforcer les solidarités entre nations marquées par l’histoire coloniale.
Atelier d’écriture théâtrale et échanges artistiques
Parmi les temps forts, Jean d’Amérique animera un atelier d’écriture théâtrale de cinq jours à l’Académie des Beaux-Arts.
L’objectif : créer à partir des réalités, des matières et des imaginaires propres aux participants.
Des artistes congolais, dont New Maman, participent également à cette rencontre transatlantique, illustrant la dimension collaborative du festival.
Un pont culturel au-delà des frontières
Plus qu’un simple rendez-vous artistique, Haïti 221 se veut un laboratoire d’idées et un espace de réflexion sur l’histoire coloniale, les luttes d’indépendance et les perspectives contemporaines de coopération culturelle.
Pendant dix jours, Kinshasa devient ainsi un carrefour où dialoguent l’Afrique et les Caraïbes. À travers l’art, la parole et la création, Port-au-Prince et Kinshasa affirment une volonté commune : faire de la culture un levier de mémoire, de résistance et d’avenir partagé.
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