À la Une
Pakadjuma rasé, colère à Kingabwa : Une opération qui tourne à la tension ce mardi matin
Depuis la matinée de ce mardi, la situation est explosive à Kingabwa, dans la commune de Limete. Le quartier Pakadjuma, longtemps considéré comme l’un des symboles des constructions anarchiques à Kinshasa, a été hier lundi 9 février le théâtre d’une vaste opération de démolition menée par le gouvernement provincial. Très tôt, la présence massive des autorités et des engins de destruction a plongé les habitants dans la stupeur et la colère.

Une population déterminée à rester malgré tout
Face aux bulldozers, les habitants de Pakadjuma ont opposé une résistance farouche. Refusant de quitter le site qu’ils occupent parfois depuis plusieurs décennies, hommes, femmes et jeunes ont exprimé leur attachement à ce lieu devenu leur seul espace de vie. Pour eux, Pakadjuma n’est pas qu’un terrain, mais un foyer, un gagne-pain et une mémoire collective. La tension est montée d’un cran, certains habitants dénonçant une opération brutale menée sans solutions alternatives clairement visibles.
Le gouvernement tranche : “Pakadjuma, c’est fini”
Du côté des autorités provinciales, le ton est sans équivoque. « Pakadjuma, c’est fini », martèlent les responsables. Selon le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, qui a supervisé l’opération aux côtés des agents de l’ONATRA, le site déguerpi serait une concession légalement attribuée à l’ONATRA, spoliée depuis plusieurs années par des occupations illégales. Le gouvernement provincial parle d’une décision irréversible visant à restaurer l’autorité de l’État.
Un enjeu stratégique : la relance du trafic ferroviaire
Les autorités justifient également cette démolition par un objectif stratégique majeur : la reprise effective du trafic ferroviaire à Kinshasa. Après le déguerpissement de Pakadjuma, le train devrait, selon le gouvernement, reprendre son parcours normal sur cet axe vital. Une relance présentée comme essentielle pour désengorger la capitale et renforcer la mobilité urbaine.
Conséquences humaines et sociales préoccupantes

Mais derrière les arguments légaux et économiques, les conséquences sociales inquiètent. Des centaines de familles se retrouvent sans abri, sans relogement immédiat et sans accompagnement social clairement défini. Des voix s’élèvent pour dénoncer un risque d’aggravation de la précarité et l’apparition de nouveaux sites d’occupation anarchique ailleurs dans la ville.
Pakadjuma, symbole d’un problème plus large
La destruction de Pakadjuma relance le débat sur la gestion urbaine à Kinshasa. Entre la nécessité de rétablir l’ordre foncier et l’urgence sociale de loger dignement les populations vulnérables, le défi reste immense. Pakadjuma disparaît sous les décombres, mais les questions qu’il soulève demeurent entières.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Aéroport de Bangoka sous attaque : L’AFC/M23 revendique l’opération
L’aéroport international de Bangoka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo, a de nouveau été la cible d’une attaque attribuée à la rébellion de l’AFC/M23, ravivant les inquiétudes autour de l’extension du conflit armé vers des zones éloignées des lignes de front traditionnelles. Selon plusieurs sources concordantes, des drones kamikazes auraient été utilisés pour viser cette infrastructure stratégique à usage civil et militaire.

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, l’AFC/M23 a revendiqué l’opération, affirmant avoir ciblé un centre de commandement de drones des FARDC installé à l’aéroport de Bangoka. Le mouvement rebelle soutient vouloir empêcher l’utilisation de cette plateforme pour des frappes contre les zones sous son contrôle.
Les autorités congolaises, de leur côté, dénoncent une nouvelle escalade sécuritaire mettant en danger les populations civiles et les activités aériennes dans la région. Déjà au début du mois de février puis en mars 2026, plusieurs attaques similaires avaient été signalées contre le même aéroport, sans provoquer officiellement de dégâts majeurs ni de pertes humaines. Les FARDC avaient alors annoncé avoir intercepté plusieurs drones avant qu’ils n’atteignent leurs cibles.
Situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Kisangani, l’aéroport international de Bangoka constitue une infrastructure stratégique majeure de la RDC. Il sert aussi bien aux vols civils qu’aux opérations militaires et logistiques.
Cette attaque intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, alors que les affrontements persistent dans l’Est de la RDC malgré plusieurs initiatives diplomatiques et des discussions de cessez-le-feu engagées sous médiation internationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
