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Musique : “Exode”, 1er album d’Answer Kaviti, une ode à la résilience face à la guerre à l’Est de la RDC
Entre mémoire de guerre, quête de liberté individuelle et affirmation identitaire, le jeune artiste congolais Answer Kaviti signe Exode, un premier album engagé qui met en musique la résilience des populations de l’Est de la République démocratique du Congo, marquées par les violences armées, notamment la prise de Goma en janvier 2025.
À travers dix titres, l’artiste transforme les blessures collectives en un message d’espoir et d’émancipation.
Dans un entretien téléphonique accordé à la rédaction de Congoprofond.net, le musicien de 29 ans présente son œuvre comme « un appel à la prise de conscience et au courage de sortir des prisons invisibles qui nous empêchent de vivre libres ».
Un album manifeste composé de dix morceaux
Ma folie, Ndoto, Jua, Exorde, Tototo, O’ Mwana, Masata, Mamangu, Usi Angaike et Non-dits — Exode se veut à la fois introspectif et social. Le projet dépasse la simple narration de la guerre pour explorer des thématiques universelles : la liberté de penser, de choisir sa voie et de vivre sans la pression des normes sociales.
« Cet album parle de la liberté de vivre sans la crainte du regard et des préjugés des autres. Toutes ces entraves sont comme des prisons invisibles », explique Answer Kaviti.
À travers ses textes, l’artiste dénonce une réalité bien ancrée dans plusieurs communautés congolaises où les choix personnels (habillement, carrière, relations amoureuses ) sont souvent dictés par la famille, la société ou la religion.
De l’expérience personnelle à la conscience collective
Né en avril 1996, Answer Kaviti puise dans son propre parcours pour nourrir sa création. Ayant grandi dans un environnement où la pression sociale conditionne les trajectoires individuelles, il confie avoir voulu rompre avec ce déterminisme.
« Beaucoup de jeunes vivent les rêves des autres au lieu de vivre les leurs. J’ai voulu encourager chacun à reprendre sa liberté », affirme-t-il.
Ainsi, Exode se présente comme un témoignage générationnel, où l’exil n’est pas seulement géographique ( celui des déplacés de guerre ) mais aussi symbolique : sortir des carcans mentaux.
Une identité musicale métissée
Sur le plan sonore, l’album revendique un métissage stylistique assumé. Le folk traditionnel côtoie des influences jazz, tandis qu’un titre en rumba congolaise rend hommage aux classiques du patrimoine musical national.
Cette fusion traduit la volonté de l’artiste de concilier modernité et racines culturelles, tout en affirmant son identité congolaise dans un paysage musical globalisé.
Une voix nouvelle dans la musique engagée
Avec Exode, Answer Kaviti s’inscrit dans la lignée des artistes africains pour qui la musique est à la fois outil de mémoire, de dénonciation et de guérison collective. Son premier opus se veut le testament d’un combat : celui d’une jeunesse qui refuse la fatalité de la guerre et des conventions sociales.
Plus qu’un album, Exode apparaît comme un cri de liberté, porté par une génération décidée à transformer ses cicatrices en force créatrice.
Barca Horly Fibilulu Mpia
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Nord-Kivu : Le BUREC dénonce les querelles politiques autour du gouverneur militaire
Le Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo, BUREC, à travers son inter-fédération du Nord-Kivu, a publié ce 24 mai 2026 à Beni une déclaration politique sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la province. Dans ce document, les cadres et militants du parti affirment suivre « avec attention les situations politique et sécuritaire » dans le Nord-Kivu.
Face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire, le BUREC/Nord-Kivu a réaffirmé son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), au président Félix Tshisekedi ainsi qu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Somo Kakule Evariste. Le parti salue notamment « les efforts consentis dans la recherche de la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le développement ».
Dans la même déclaration, le BUREC recommande « le renforcement et l’intensification des opérations militaires contre l’AFC/M23, les ADF et les autres groupes armés réfractaires au P-DDRCS ». Cette formation politique estime que les offensives militaires doivent être renforcées afin de faire face à l’insécurité persistante dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Le parti a également condamné « les sorties médiatiques de certains politiciens et leaders d’opinion qui s’opposent à la gouvernance actuelle de la province ». Selon le BUREC, l’Union sacrée de la Nation au Nord-Kivu « n’a jamais été saisie d’une démarche pour laquelle le Gouverneur militaire aurait constitué une obstruction à un acteur politique, de surcroît un élu ».
Réaffirmant son appartenance à l’Union sacrée de la Nation, le BUREC/Nord-Kivu dit renouveler « avec force son soutien indéfectible à la gouvernance de la province du Nord-Kivu sous l’égide du Général-Major Somo Kakule Evariste, émanation de la volonté du Chef de l’État ».
Cette formation politique appelle par ailleurs les acteurs politiques à éviter d’impliquer l’armée dans les débats politiques. Le document rappelle que « l’armée est apolitique » et estime que le général-major Somo Kakule Evariste « devrait être épargné des querelles politiciennes afin de mieux se concentrer sur sa mission ».
Cette déclaration a été signée à Beni dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et plusieurs groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment l’AFC/M23 et les ADF.
Franck Kaky
