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Kasaï asphyxié financièrement : Le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa interpelle la Première ministre Judith Suminwa
Le Gouverneur de la province du Kasaï, Maître Crispin Mukendi Bukasa, a lancé un cri d’alarme retentissant sur la situation financière qu’il juge critique de son entité. Devant une foule nombreuse réunie à Tshikapa, lors d’un meeting populaire marqué par la présence d’André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, le chef de l’exécutif provincial a dénoncé l’insuffisance de l’accompagnement du pouvoir central.
*Une province aux charges lourdes, des moyens dérisoires*
Dans une intervention au ton grave, le gouverneur a dressé un tableau qu’il qualifie lui-même d’alarmant, mettant en lumière le profond décalage entre les charges de fonctionnement de la province et les ressources effectivement mises à sa disposition.
« J’ai été élu gouverneur le 29 avril 2024. Bientôt, je totaliserai deux ans à la tête de cette province, mais depuis tout ce temps, je n’ai reçu la rétrocession que deux fois seulement, pour un montant global de 45 000 dollars américains. Avec cette somme, par où commencer et quelle priorité toucher ? », s’est-il interrogé, visiblement préoccupé.

*Recettes propres : des efforts plombés par des contraintes structurelles*
Le Gouverneur Crispin Mukendi Bukasa n’a toutefois pas manqué de souligner les efforts consentis par son administration dans la mobilisation des recettes propres, tout en exposant les contraintes structurelles qui en limitent l’impact réel sur le développement provincial.
« La province mobilise environ 300 millions de francs congolais par mois. Sur ce montant, nous devons apurer une dette de deux millions laissée par mon prédécesseur. La régie financière prélève 20 % pour la rémunération de ses agents. Nous devons aussi assurer le fonctionnement et l’accompagnement de l’Assemblée provinciale », a-t-il détaillé.
*Un appel pressant à l’État central*
Face à cette équation financière étouffante, le gouverneur du Kasaï estime que la province ne peut répondre efficacement aux attentes de la population sans un soutien accru du gouvernement central. Il appelle à une implication plus concrète et plus régulière de Kinshasa.
« Si le pouvoir central ne nous accompagne pas, rien ne pourra véritablement marcher. En dehors des projets du Chef de l’État, le Kasaï ne bénéficie d’aucun autre projet initié par le pouvoir central », a-t-il regretté, appelant à une prise de conscience urgente.
Clementus Lusamba Lua Mbombo / Congo profond.net