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Actualité

Ouganda 2026 : Présidentielle sous blackout numérique, répression et victoire contestée de Museveni

Le 15 janvier 2026, les Ougandais se sont rendus aux urnes pour élire leur président. Sans surprise, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, a été reconduit avec 71,65 % des voix selon les résultats officiels. Mais cette élection restera surtout marquée par une coupure totale d’Internet, qui a pesé lourdement sur le déroulement et la perception du scrutin.

Blackout numérique : Internet coupé au cœur du processus électoral

Dès le 13 janvier, les autorités ont suspendu l’accès à Internet mobile et aux réseaux sociaux, officiellement pour prévenir la désinformation et les violences. Le blackout a duré plus de quatre jours. Pour l’opposition, la société civile et plusieurs organisations internationales, cette décision a surtout limité la transparence et empêché toute vérification indépendante en temps réel.

Dans les bureaux de vote, entre calme apparent et sentiment d’isolement

Sur le terrain, le vote s’est globalement déroulé dans le calme. À Kampala, de nombreux électeurs ont toutefois évoqué un sentiment d’isolement, incapables de suivre le dépouillement ailleurs dans le pays. En zones rurales, malgré des retards et des problèmes techniques dans certains bureaux, les files d’attente sont restées longues et l’attitude majoritairement patiente.

Sécurité renforcée et accusations de répression

La présence massive des forces de sécurité a marqué la journée. Si certains y ont vu une garantie de stabilité, d’autres ont dénoncé un climat dissuasif, notamment dans les quartiers favorables à l’opposition. Des heurts ont éclaté après le vote dans plusieurs zones de la capitale, faisant plusieurs morts et arrestations selon les autorités, des chiffres contestés par l’opposition.

Une campagne critiquée pour ses pratiques clientélistes

La campagne électorale, elle aussi, a suscité des critiques. Dans plusieurs régions, des distributions de biens et d’argent ont accompagné les meetings du parti au pouvoir. Ces pratiques, récurrentes lors des élections ougandaises, renforcent l’impression d’une compétition déséquilibrée, même lorsqu’elles ne sont pas explicitement illégales.

Une géographie électorale toujours fracturée

Les résultats finaux confirment une fracture bien connue. Le pouvoir conserve un large soutien dans les campagnes, tandis que l’opposition reste forte mais moins mobilisée dans les centres urbains, en particulier parmi les jeunes. Bobi Wine a rejeté les résultats, dénonçant un processus verrouillé par le blackout numérique et la pression sécuritaire.

Stabilité contre changement : le dilemme des électeurs

Pour beaucoup d’électeurs, le vote relevait davantage de la prudence que de l’enthousiasme. Après les décennies de troubles qui ont précédé 1986, la promesse de stabilité continue de peser lourd, surtout chez les générations plus âgées, souvent réticentes à l’idée d’un changement perçu comme incertain.

Entre résignation et appel à l’apaisement

Dans le pays, les réactions oscillent entre lassitude et résignation. Peu se disent surpris par l’issue du scrutin, mais nombreux sont ceux qui expriment le souhait d’éviter une nouvelle spirale de violences. À l’inverse, certains estiment que l’élection s’est déroulée correctement et appellent à aller de l’avant.

Claudia N. Ilunga/CONGOPROFOND.NET