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Marie-Rose Kasa-Vubu Kiatazabu : L’ultime flamme d’une lignée historique s’est éteinte à Kinshasa ce samedi à  80 ans

La nouvelle est tombée comme un voile noir sur le ciel du Mayombe et de Kinshasa : Marie-Rose Kasa-Vubu Kiatazabu, « Princesse Kiku », s’est éteinte à l’âge de 80 ans, laissant derrière elle l’empreinte ardente d’une vie entièrement vouée au service de la République et à l’héritage d’un nom devenu synonyme de probité et de dignité nationale.

Deuxième enfant du premier Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, et de Hortense Ngoma Massunda, elle fut bien plus qu’une héritière : elle fut un brasier politique, une présence qui transformait chaque fonction en espace de rigueur, de proximité et de loyauté envers l’État.

La fille du Père de la Nation qui marcha sur ses pas

Née le 27 mars 1945 à Léopoldville, elle grandit à l’ombre de l’Histoire, attentive aux vibrations d’un pays en quête d’identité. Formée en Suisse, en Belgique et en France, polyglotte et raffinée, elle fut d’abord la secrétaire de direction de son père, rôle intime, silencieux, mais essentiel au cœur de la jeune République.

Cette femme du Mayombe portait le titre symbolique de « Princesse Kiku », immortalisé par Franco Luambo Makiadi dans une chanson qui résonne aujourd’hui comme un hymne funèbre. Une dédicace musicale devenue, avec le temps, un sceau culturel.

Un parcours politique forgé dans la constance et la ténacité

Dans un Congo dominé durant des décennies par le parti unique, elle sut naviguer les tempêtes sans jamais renier le sens du devoir. Bourgmestre de trois grandes communes de Kinshasa ( Gombe, Masina, Limete ), députée, présidente du groupe parlementaire chargé de l’environnement en 1977, membre du Comité Central du MPR… Son engagement fut vaste, méthodique, enraciné.

En 2005, alors que s’ouvrait la brèche démocratique après la transition, elle fonda son propre parti politique :
OPEKA (Organisation Politique des Kasa-Vubistes et Alliés), outil de transmission de l’héritage kasavubiste vers une nouvelle génération.

Une disparition qui résonne comme un glas national

La mort de Marie-Rose Kasa-Vubu Kiatazabu n’est pas seulement la fin d’un parcours politique ; elle est la chute d’une palme historique, la disparition d’un lien vivant entre l’indépendance, la première magistrature congolaise et le Congo contemporain.

Elle laisse derrière elle ses cinq enfants ( Hortense, Christian, Carole, Kiengo et Kiku Kiatazabu ) parmi lesquels Carole Kiatazabu Itambo, actuelle présidente de l’OPEKA, appelée désormais à porter plus haut encore le flambeau familial.

Une figure, un style, une mémoire

À travers les couloirs des communes qu’elle dirigea, dans les archives du parlement comme dans les souvenirs du Mayombe, un même témoignage revient : elle ne passait pas, elle marquait.

Son départ laisse une page blanche que le pays devra remplir par la reconnaissance, le respect et la transmission.

Barca Horly Fibilulu Mpia