Connect with us

Actualité

Kinshasa : bras de fer institutionnel autour de la suspension du Chef de Division urbain de la Culture

Une vive controverse secoue l’administration publique urbaine de Kinshasa à la suite de la suspension préventive du Chef de Division urbain de la Culture, Arts et Patrimoine. La mesure, prise par le Ministre provincial de la Jeunesse, Sports, Loisirs, Culture et Arts à travers une lettre datée du 26 décembre 2025, suscite une levée de boucliers aussi bien au sein du Gouvernement provincial que de l’Intersyndicale de l’Administration publique de Kinshasa.

Dans une correspondance officielle, le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, conteste formellement la légalité de cette suspension. Il rappelle que, conformément au Statut des agents de carrière des services publics de l’État et aux textes réglementaires en vigueur, la suspension à titre conservatoire d’un Chef de division provinciale relève exclusivement de la compétence du Gouverneur de province.
En conséquence, l’autorité urbaine exige la levée immédiate de la décision ministérielle et la transmission du dossier aux instances compétentes pour un traitement conforme aux procédures établies.

Cette position est renforcée par une longue correspondance de l’Intersyndicale de l’Administration publique de Kinshasa, signée par son président, David Delord Luyeye Ngongite. Le syndicat fustige ce qu’il qualifie de dérives administratives récurrentes, accusant certains ministres provinciaux de s’arroger abusivement des prérogatives liées au recrutement, à l’affectation et à la discipline du personnel des services publics déconcentrés du pouvoir central.

L’Intersyndicale s’appuie sur la Constitution de 2006, qui consacre la décentralisation tout en établissant une distinction claire entre les services déconcentrés du pouvoir central et ceux relevant des entités décentralisées, notamment la ville de Kinshasa. Selon elle, seuls le Gouverneur de province et, le cas échéant, le Ministre national de la Fonction publique, disposent du pouvoir disciplinaire sur les agents des services déconcentrés mis à la disposition des provinces.

Face à ces violations présumées, le syndicat réclame l’annulation de tous les actes administratifs jugés irréguliers pris par certains ministres provinciaux et responsables urbains. Il plaide également pour l’organisation urgente d’un atelier de renforcement des capacités à l’intention des autorités provinciales, ainsi que pour la mise en place d’une commission administrative permanente chargée de gérer les contentieux liés aux ressources humaines, dans l’intérêt supérieur de l’administration publique urbaine de Kinshasa.
Dorcas Mwavita / Congoprofond.net