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Muanda en ville-morte : La population réclame la tête de l’administratrice du territoire
Ce lundi 22 décembre 2025, la cité côtière de Muanda s’est réveillée dans un silence peu habituel. Boutiques fermées, taxis-motos aux abonnés absents, artères désertes : la population a massivement observé une journée ville-morte, répondant à l’appel de la société civile locale.

Devant le bâtiment administratif du territoire, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés, pancartes à la main, scandant des slogans hostiles à la gestion de l’actuelle administratrice du territoire, Amina Panda, dont ils exigent le départ.
Des voix qui s’élèvent
Sur place, la colère est palpable. « Nous ne voulons plus de cette gestion autoritaire », dénonce un commerçant, visiblement excédé. À ses côtés, une étudiante renchérit : « L’administration doit servir le peuple, pas l’opprimer. »
Ces témoignages traduisent un ras-le-bol généralisé, alimenté par des accusations persistantes de dérives administratives et d’abus de pouvoir.
De lourdes accusations en toile de fond
Le malaise est également relayé au sein même de l’administration. Deux administrateurs assistants, Nicolas Kinduelo Ndombasi et Christophe Bietu Ntambue, ont récemment adressé une lettre ouverte au Gouverneur du Kongo Central, dans laquelle ils dénoncent une administration qualifiée de « gangstérisée », marquée par des pratiques arbitraires et un climat de peur.
Pour la société civile, ce document constitue une preuve que la crise actuelle dépasse le simple mécontentement populaire et révèle une fracture profonde dans la gouvernance territoriale.
Une pression citoyenne organisée
La synergie des associations locales s’impose désormais comme le principal moteur de la contestation. Elle privilégie des actions pacifiques mais à fort impact symbolique, telles que les sit-in et les journées ville-mortes, afin de contraindre les autorités provinciales à se prononcer.
« C’est notre droit en tant que citoyens », confie un membre de la société civile à la rédaction de CongoProfond.net. « Nous resterons mobilisés jusqu’à obtenir une réponse concrète. »
Silence des autorités et incertitudes
Jusqu’à présent, le Gouverneur du Kongo Central n’a pas réagi publiquement à cette mobilisation. Ce silence alimente davantage la frustration des habitants, certains y voyant une forme de complaisance.
Pour plusieurs observateurs, cette crise pourrait aboutir soit à un remaniement administratif, soit à une remise en question plus large des mécanismes de gouvernance locale à Muanda.
Mfumu DIASILUA K. / CONGOPROFOND.NET