Actualité
Floride : Une US Marine d’origine congolaise tuée par balles dans une colocation militaire à Oakleaf Plantation
Derrière les façades paisibles et les pelouses impeccablement entretenues d’Oakleaf Plantation, en Floride, s’est joué un drame d’une violence inouïe. Le soir du 17 décembre 2025, une colocation de militaires a basculé dans l’horreur. Noélie Makenda, 21 ans, a été froidement abattue, tout comme une autre jeune femme, dans ce quartier résidentiel d’Orange Park, exposant au grand jour une chaîne de défaillances humaines et sécuritaires au sein d’un milieu pourtant régi par une discipline rigoureuse.
Selon le bureau du shérif du comté de Clay, les forces de l’ordre sont intervenues aux environs de 23h20, à la suite de plusieurs appels au 9-1-1 faisant état de coups de feu au 4400 de Hanging Moss Drive. À leur arrivée, les policiers découvrent une scène glaçante : deux jeunes femmes gisent sans vie dans la cour d’une habitation. Les victimes sont rapidement identifiées comme étant Jordyn Forrestier, 20 ans, et Noélie Makenda, 21 ans.
Les premiers éléments de l’enquête révèlent que les deux jeunes femmes partageaient le logement avec leur présumé meurtrier, Taylor Lomax, 22 ans. Un détail renforce le caractère troublant de l’affaire : tous trois appartenaient à la marine américaine. Un cadre institutionnel censé offrir encadrement, contrôle et stabilité, mais qui n’a manifestement pas suffi à prévenir l’irréparable.
Les enquêteurs indiquent que l’épouse de Taylor Lomax s’était rendue au domicile ce soir-là. Une dispute verbale aurait éclaté entre elle et les colocataires de son mari, avant de dégénérer en altercation physique à l’extérieur de la maison. C’est dans ce climat de tension extrême que le suspect aurait récupéré une arme de poing, ouvrant le feu à plusieurs reprises sur les deux jeunes femmes.
Ironie tragique, c’est l’épouse du suspect elle-même qui alerte les secours après les tirs. Taylor Lomax est interpellé sur place, sans opposer de résistance. Il a été inculpé de deux chefs de meurtre au second degré et placé en détention. Son épouse, entendue par les enquêteurs, n’est pour l’heure visée par aucune poursuite judiciaire.
Au-delà de l’émotion suscitée par la mort brutale de Noélie Makenda et de Jordyn Forrestier, ce drame soulève de lourdes interrogations. Gestion et accès aux armes à feu, prévention des violences domestiques, suivi psychologique des militaires : autant de failles que cette affaire remet crûment en lumière. Un enchaînement fatal, survenu dans un environnement supposé sécurisé, qui rappelle avec brutalité que la discipline militaire ne constitue pas, à elle seule, un rempart contre la violence.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
Politique
“Le peuple doit choisir ses gouverneurs !” : Andy Bemba défend une réforme majeure
Un vent impétueux souffle quotidiennement sur la scène politique congolaise, alimentant controverses, déclarations et sorties médiatiques en cascade. Ce mardi 27 mai 2026, le président national du parti Nouvelle Pensée (NP), Andy Bemba, s’est prononcé en faveur d’une refonte en profondeur de l’architecture institutionnelle de la République démocratique du Congo.
Dans une prise de position publique, il a dressé une série de propositions qu’il juge indispensables pour renforcer la légitimité des pouvoirs provinciaux et rationaliser le fonctionnement de l’État.
Parmi les grandes réformes institutionnelles envisagées, il se dit « favorable à l’élection des gouverneurs de province au suffrage universel direct ». Pour lui, le principe est clair : « Le peuple doit choisir lui-même ceux qui dirigent les provinces, sans dépendre des arrangements politiques des assemblées provinciales ».
Son projet va au-delà de cette seule mesure. Andy Bemba propose également :
– la suppression de la Primature ;
– l’instauration d’une Vice-présidence ;
– la réduction du gouvernement à une vingtaine de ministres ;
– la suppression des assemblées provinciales.
Abordant la question de la décentralisation, il estime qu’un bilan s’impose. « La décentralisation mérite également un vrai débat national. Après plusieurs années d’expérimentation, force est de constater que le découpage en 26 provinces montre certaines limites », affirme-t-il.
Andy Bemba ouvre également le débat sur les symboles nationaux. Il s’interroge : « Et si nous repensions aussi certains symboles de l’État, y compris l’hymne et l’appellation du pays ? »
Sur ce point, il ne cache pas son attachement à une dénomination historique : « Quant à moi, le nom Zaïre reste encore, pour une partie de la population, associé à une époque de puissance, d’autorité et de fierté nationale ».
Ces propositions interviennent dans un contexte où la question de la gouvernance locale et de l’efficacité de l’État revient régulièrement au centre du débat public. En plaidant pour une simplification des structures institutionnelles et un retour du choix des dirigeants au suffrage direct, l’autorité morale de NP entend relancer la réflexion sur la manière dont le pays pourrait redéfinir son organisation politique ainsi que ses repères identitaires.
Blaise ABITA ETAMBE
