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Décès du Professeur Lino Mpungi : La Science de l’Information et de la Communication congolaise en deuil
La communauté académique congolaise, le monde des médias ainsi que l’Église catholique en République démocratique du Congo sont en deuil. Le Professeur Lino MPUNGI, figure éminente de la Science de l’Information et de la Communication (SIC), s’est éteint ce mercredi 17 décembre 2025 à l’hôpital Diamant, à Kinshasa.
La nouvelle de son décès a été annoncée officiellement sur le compte X (ex-Twitter) de l’Université Catholique du Congo (UCC), l’une de ses deux alma mater, aux côtés de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), où il a marqué plusieurs générations d’étudiants et de chercheurs.
Un maître, un formateur, un bâtisseur de la communication sociale
Professeur émérite depuis 2022, le Pr Lino MPUNGI fut l’un des pionniers et promoteurs de la communication sociale en RDC, notamment dans le champ des médias catholiques, de l’éducation aux médias et de l’analyse des effets des médias sur les jeunes et les élèves.
Formé en théologie et sciences humaines, il s’est très tôt tourné vers la radio et la télévision, avant de devenir formateur des communicateurs, au terme de brillantes études en communication à Lyon (France). Son parcours illustre une rare articulation entre rigueur scientifique, engagement pastoral et pratique médiatique.
Acteur engagé de Media-Action, il a contribué à penser et à structurer une communication responsable, éthique et éducative, au service du développement humain intégral.
Un artisan de la communication de l’Église catholique
Le Professeur MPUNGI a consacré une part essentielle de sa réflexion à la communication de l’Église catholique, en lien étroit avec la Commission Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Ses travaux ont mis en lumière :
– le rôle stratégique de l’information dans la mission évangélisatrice ;
– l’articulation entre parole orale et documentation écrite ;
– l’implication de l’Église dans l’espace médiatique national ;
– la structuration des émissions religieuses catholiques ;
– l’importance des archives, de l’édition et de la mémoire scripturaire.
Un héritage scientifique durable
En 2013, il publie un ouvrage de référence : « Éduquer aux médias à l’ère de l’Internet : repères théoriques et pistes d’action en RDC », devenu un texte fondamental pour les chercheurs, éducateurs, journalistes et décideurs. Cet ouvrage pose les bases d’une éducation critique aux médias, adaptée aux réalités congolaises et africaines, à l’heure de la mondialisation numérique.
Par ses recherches en bibliologie, bibliothéconomie, archives et communication sociale, le Pr MPUNGI a contribué à inscrire la RDC dans une tradition scientifique rigoureuse, attentive à l’histoire de la presse, à la production éditoriale religieuse et à la médiation culturelle.
Un homme de transmission
Au-delà de l’enseignant et du chercheur, ses étudiants retiennent un homme humble, zélé, passionné, profondément convaincu que la communication est un outil de libération, de formation et de responsabilité sociale.
Son œuvre continuera de vivre à travers :
– ses publications,
– les professionnels qu’il a formés,
– les institutions qu’il a accompagnées,
– et la pensée critique qu’il a semée dans le champ des SIC en RDC.
La rédaction de CONGOPROFOND.NET s’incline devant la mémoire d’un maître incontestable, d’un serviteur du savoir et d’un artisan du dialogue entre foi, médias et société.
Barca Horly Fibilulu Mpia
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
