Environnement
L’écogarde Blaise Bombite applaudit un acte de “réparation écologique” à Garamba
Le Parc national de la Garamba a franchi une étape décisive dans la restauration de sa faune avec la réintroduction d’un nouveau groupe de rhinocéros blancs. Cet événement hautement symbolique, marqué par une forte mobilisation des acteurs de la conservation, a mis en lumière la renaissance progressive d’un parc longtemps fragilisé par le braconnage et l’instabilité. Parmi les personnalités présentes, Blaise Bombite, Coordonnateur du LAB, a livré un message fort, qualifiant l’opération d’« acte de réparation écologique pour toute la Nation ».
Dans son intervention, Blaise Bombite a souligné que cette initiative dépasse le cadre d’un simple transfert d’animaux : « La réintroduction des rhinocéros blancs, c’est redonner à Garamba son identité et restaurer un équilibre écologique perdu. Garamba a souffert, mais Garamba se relève, et ce relèvement est un signal fort pour la RDC. » Pour lui, cette réussite démontre l’impact positif de la coopération entre les partenaires techniques, les communautés locales et les gestionnaires du parc, réunis autour d’une même vision de conservation durable.
La cérémonie a également été marquée par la présence émouvante des anciens écogardes du parc, témoins privilégiés des époques les plus critiques de Garamba. Par la voix de leur chef, ils ont accueilli les rhinocéros « de retour sur la terre de leurs ancêtres » et exprimé leur gratitude aux partenaires et au personnel du PNG. Ils ont rappelé leur engagement passé au service de la protection du parc, tout en appelant la nouvelle génération à « reprendre le flambeau » afin de préserver la biodiversité pour les communautés futures.
Le retour des rhinocéros blancs intervient dans un contexte particulièrement favorable pour Garamba, où les efforts de conservation se traduisent par la croissance de la girafe de Kordofan, la mise en place de plus de 100 pièges photographiques, l’extension des pratiques agroécologiques auprès de milliers d’agriculteurs et l’électrification solaire de centaines de ménages. Soutenue par des partenaires comme Barrick, actionnaire-gérant de Kibali Goldmine, cette dynamique positive prépare le parc à accueillir, dans les prochains mois, un dernier groupe de rhinocéros blancs, symbolisant la continuité d’un renouveau écologique porteur d’espoir.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Environnement
Journée mondiale de l’environnement : Phinées Makasi exhorte les élèves du CS Ngemba de Kinshasa à devenir acteurs de la transition écologique
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement célébrée ce 5 juin 2026, le Complexe Scolaire Ngemba de Kinshasa a reçu un message fort de sensibilisation. L’orateur, Phinées Makasi, enseignant aux universités et chef du département des sciences de l’Environnement à l’Université du CEPROMAD-GEMENA, a appelé la jeunesse scolaire à transformer l’angoisse écologique en action concrète.
1. « La vérité est là » : un constat lucide devant les élèves
Face aux enseignants et élèves réunis en conférence, Phinées Makasi a d’abord planté le décor : « Les signaux sont clairs, la science prouve, la nature en témoigne. La vérité est là. » Citant les vagues de chaleur, érosions, inondations, sécheresses et épidémies qui frappent déjà la République démocratique du Congo, il a rappelé que « ce que nos mains ont créé n’a pas seulement aidé l’humanité, cela a aussi causé de grands torts à notre environnement ».
Le scientifique a reconnu l’écoanxiété qui gagne les adolescents. « Cette peur de vivre dans un environnement qui se dégrade touche de plein fouet les jeunes que vous êtes », a-t-il dit. Mais loin de céder au fatalisme, son message se veut un appel au courage : « Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire. »
2. « L’avenir vous appartient » : l’école comme levier de changement
Pour Phinées Makasi, la réponse passe par l’éducation. Reprenant Nelson Mandela « Si vous voulez détruire une nation, commencez par détruire son système éducatif », il a affirmé : « Si votre école est ouverte aujourd’hui, c’est qu’il y a de l’espoir. »
Le chef de département du CEPROMAD-GEMENA croit au potentiel des élèves : « Vous n’êtes pas de simples spectateurs : vous devez agir. L’école vous donne l’opportunité de réveiller en vous ce génie capable de tout changer. » Chaque cours, chaque livre, chaque projet doit devenir « une brique pour construire le monde de demain ».
3. Aux élèves : « Osez, créez, n’ayez pas peur de l’erreur »
Le message aux enfants se veut mobilisateur : « Vos voix comptent ! Vous avez des idées, une créativité et une audace que les adultes oublient parfois. Ne laissez personne vous dire que vous êtes trop jeunes pour faire bouger les lignes. »
Phinées Makasi a listé des pistes concrètes : « Créez des voitures électriques, des photovoltaïques, des cités écologiques, des aliments avec moins d’engrais chimiques ». Pour lui, la créativité écologique « se cache aujourd’hui dans vos cours de mathématiques, de physique, de géographie ou de botanique ». L’erreur, insiste-t-il, « est un apprentissage. Ceux qui transforment le monde sont simplement ceux qui ont essayé une fois de plus que les autres ».
4. Aux enseignants : « Ne gaspillez pas une minute »
S’adressant au corps professoral de l’école, l’environnementaliste a rappelé leur responsabilité : « Vous avez la lourde tâche de les maintenir concentrés pour atteindre leurs objectifs, dans un monde qui connaît une transformation numérique sans précédent. Cette tâche n’est pas facile, mais avec un peu de sacrifice, vous le pourriez. »
5. « Les signaux sont au vert »
Concluant son allocution, Phinées Makasi a lancé : « L’avenir ne vous attend pas, il vous appartient. Le monde de demain sera exactement ce que vous déciderez d’en faire. Dès aujourd’hui, connectez-vous, créez, osez. Les signaux sont au vert. C’est votre moment. »
Par ce discours, porté par Eagle Vision Of Afrique, l’universitaire veut faire de l’école un laboratoire d’écocitoyens. Un message qui résonne particulièrement à Gemena, chef-lieu du Sud-Ubangi, province confrontée aux défis climatiques et environnementaux bien que disposant de vastes étendues forestières.
Blaise ABITA
