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Repenser l’identité congolaise : Un héritage blessé, une fierté à reconstruire ( Par Elie Kitoko Mvadzie, Archiviste-chercheuse)

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Peut-on se définir sans comprendre d’où l’on vient ? Peut-on imaginer l’avenir du Congo sans interroger ce que signifie réellement être Congolais ?

Dans un pays souvent traversé par des crises politiques, sociales et culturelles, la question de l’identité demeure plus que jamais centrale. Être Congolais ne se résume pas à un document d’identité. C’est une mémoire. C’est une douleur. C’est une responsabilité. C’est aussi, et surtout, une espérance.

Un héritage pluriel, immense et vivant

L’identité congolaise est le fruit d’une diversité exceptionnelle : plus de 450 langues, une mosaïque de traditions, de savoirs et d’expressions artistiques.

Nous sommes les héritiers des grands royaumes Kongo, Lunda, Kuba et d’autres puissances précoloniales qui ont façonné l’histoire de l’Afrique centrale.

Pourtant, cette richesse n’a pas été transmise sans blessures. La colonisation a cherché à remodeler l’âme du peuple congolais : langues marginalisées, noms transformés, mémoires étouffées.

Mais malgré ces tentatives d’effacement, les cultures congolaises n’ont jamais cessé de survivre, de se réinventer, de vibrer.

Une identité blessée, mais jamais éteinte

Aujourd’hui encore, de nombreux Congolais doutent d’eux-mêmes.

L’ailleurs est parfois glorifié au détriment de nos propres valeurs. On imite, on copie, on se perd.

Pourtant, la résilience du peuple congolais demeure un fait incontestable : dans la musique, dans la peinture, dans les revendications citoyennes, dans les mouvements de jeunesse, la voix du Congo continue de se faire entendre.

Cette identité meurtrie n’est pas un fardeau. Elle est un appel. Un appel à comprendre ce que nous sommes, à réhabiliter ce que nous avons oublié.

Reconstruire l’identité congolaise : un chantier collectif

L’identité congolaise n’est pas un monument figé dans le temps. Elle évolue, s’enrichit et se renforce chaque jour.

Elle prend forme :

– dans la fierté de nos langues maternelles,

– dans l’exigence de justice et d’équité,

– dans l’éducation qui forme des citoyens et non des spectateurs,

– dans le refus de la corruption et de la fatalité,

– dans la solidarité familiale, communautaire et nationale,

– dans la valorisation de nos artistes, historiens, penseurs et bâtisseurs.

Se dire Congolais, c’est accepter le poids de l’histoire, mais aussi le devoir de participer à la construction d’un avenir meilleur. C’est reconnaître nos blessures, mais choisir de marcher vers l’espoir.

Être Congolais : une fierté qui s’affirme

Être Congolais ne se limite pas à être né sur une terre.

C’est porter haut les combats de nos ancêtres.

C’est écrire avec dignité l’histoire de nos enfants.

C’est faire rayonner le Congo par la parole, par l’action et par la mémoire.

Aujourd’hui, la chercheuse appelle chaque Congolais et chaque Congolaise à revendiquer cette identité, non dans la confrontation, mais dans la paix, la connaissance de soi et la volonté de bâtir.

 » Oui, je suis Congolaise. Et c’est ma plus grande fierté », conclut-elle.

Jules Kisema/CONGOPROFOND.NET 

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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades

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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.

Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).

Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet

Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.

Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.

« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.

Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.

Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.

« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.

Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.

Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.

« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.

Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.

Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.

« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.

Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.

« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.

Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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