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Kananga : Échange stratégique entre le ministre de la Justice Guillaume Ngefa et le député Thierry Mulumba sur la justice de proximité
Dans le cadre de sa mission officielle axée sur la justice de proximité, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a reçu le député national Thierry Mulumba Pandanjila, élu de la circonscription de Demba. L’échange a porté sur les réalités judiciaires de la province et l’alignement sur la vision ministérielle.
Fort de son expérience en tant qu’ancien ministre provincial et député national, Thierry Mulumba a partagé avec le Garde des Sceaux les défis quotidiens rencontrés par les magistrats et les populations du Kasaï Central.
«Cet échange nous a permis de confronter ma connaissance du terrain avec la vision du Ministre pour une justice de proximité et accessible», a déclaré Thierry Mulumba.
Cet entretien illustre une volonté de combiner l’expertise locale avec la stratégie nationale pour restaurer une justice efficace et proche des citoyens.
Le ministre Ngefa procède actuellement à une visite d’inspection de plusieurs Cours et Tribunaux ainsi que des établissements pénitentiaires (comme la prison de Demba, visitée le même jour) afin de constater les conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire; identifier les besoins prioritaires en infrastructures; renforcer le redressement de la justice provinciale.
Le Député Mulumba a salué cette démarche d’immersion du Ministre qui ne se limite pas à la capitale provinciale (Kananga), mais s’étend jusqu’au « Congo profond ».
«C’est un signe fort de son engagement à traduire la vision du Chef de l’État en actions concrètes sur le terrain,» a souligné l’élu de Demba, rappelant que cette vision est mise en œuvre sous la coordination de la Première Ministre Judith Suminwa.
Cet échange stratégique est perçu comme une opportunité majeure pour la Province du Kasaï Central de bénéficier d’un dialogue constructif afin de renforcer les conditions de travail des magistrats et de soutenir la refondation de la justice dans la région.
Félix MK | CONGOPROFOND.NET
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« Maîtrisez-les n’est pas torturez-les » : La Cour militaire siégeant à Ndolo acquitte Philémon Mambabua
L’épilogue judiciaire de l’affaire dite des « Enfants Mushobekwa » est tombé ce jeudi 4 juin 2026 à 13h20, dans le décor solennel d’une audience ouverte par les honneurs militaires. L’affaire PR 540/026, appelée par le greffier, a vu comparaître physiquement Philémon Mambabua et les deux policiers Bope Tshende et Ebukalela Aaron, tandis que les parties civiles (Marie-Ange Mushobekwa et Ntabaza) étaient présentes, les 3 garçons étant représentés par leurs conseils.

Le Premier Président de la Cour, devant l’épaisseur du jugement, a dispensé l’assemblée de la lecture exhaustive pour se concentrer sur l’exposé des faits. Il est revenu sur cette soirée pyjama organisée par Malaïka, fille de Philémon Mambabua, et sa cousine Leonnie, qui invitèrent Sakina, laquelle fit appel à son petit ami Claudien Likulia vers 1h du matin fraîchement revenu de Paris. Contre toute attente, ce dernier fit irruption vers 3 heures du matin avec deux autres garçons (son petit-frère Christopher et son ami Noah), bien après l’heure convenue. Une situation qui affecta Malaïka et qui, au retour inopiné de son père, fit éclater le stratagème. Ce dernier exigea que les parents soient appelés pour une discussion au petit matin. Marie-Ange Mushobekwa présenta alors ses excuses et demanda à ses garçons d’en faire autant. L’affaire, à cet instant précis, était close.
C’est le lendemain que le cours des événements bascula, avec le dépôt d’une plainte par Me Claude Mulemba Benoit, avocat de Madame Mushobekwa auprès de l’auditorat militaire, évoquant torture et séquestration. Pourtant, au fil des audiences, Philémon Mambabua et les deux policiers ont constamment nié. La Cour, dans son office de vérification et de reconstitution des faits, a relevé que la volonté de Philémon Mambabua avait été viciée : la dissimulation des 3 garçons dans la salle de bain prouve qu’il n’avait jamais autorisé leur présence à son domicile. Sur le cœur du dossier — la torture —, la Cour s’est livrée à un examen méthodique des preuves. Elle a constaté que si les victimes ont décrit des actes sous l’effet de traumatismes, la nature et l’exactitude de leurs récits pouvaient en être altérées, notamment sur le nombre de policiers impliqués et l’instrument utilisé. Mais surtout, Sakina, témoin central, a toujours affirmé n’avoir jamais entendu Philémon Mambabua donner l’ordre de maltraiter les garçons. La Cour a donc retenu le doute sur l’incitation, rejetant la qualification du Ministère public et rappelant que l’ordre de « maîtriser » ne saurait être confondu avec celui de torturer. Faute de preuves matérielles et d’élément intentionnel caractérisé, Philémon Mambabua a été purement et simplement acquitté.
La Cour, s’en tenant aux faits et non aux définitions ontologiques, a ainsi déclaré l’infraction d’incitation non fondée en droit pour le prévenu principal. Cet acquittement emporte des conséquences civiles directes : Philémon Mambabua, déclaré non responsable, ne devra verser aucune réparation. Le droit a été dit, et pour l’ »avocat de la société » comme pour la défense, le message est limpide : sans preuve, l’accusation ne tient pas.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
