Connect with us

À la Une

🔴 Gbadolite : Agression violente contre la journaliste Caroline Ndoba — nouvelle alerte sur l’état inquiétant de la liberté de la presse en RDC

La situation de la liberté de la presse en République démocratique du Congo continue d’inquiéter les professionnels des médias. Un nouvel incident grave est venu raviver les tensions ce samedi 29 novembre 2025 à Mwanda, une localité située à cinq kilomètres de Gbadolite, chef-lieu de la province du Nord-Ubangi, à la frontière avec la République centrafricaine.
Caroline Ndoba, Directrice provinciale de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC/Gbadolite), y a été violemment agressée par un groupe de jeunes en colère.

En mission professionnelle, Mme Ndoba couvrait un tragique accident ayant coûté la vie à une fillette d’environ cinq ans. Pendant qu’elle recueillait les témoignages des habitants pour comprendre les circonstances du drame, plusieurs jeunes du quartier se sont opposés à la présence de la presse. Ils l’ont accusée de chercher à « salir l’image » de leur communauté en relayant les faits sur la RTNC.

L’atmosphère a rapidement dégénéré. La journaliste a été prise à partie, rouée de coups et menacée d’armes blanches.
Selon son témoignage : « Ils m’ont sérieusement battue. J’ai très mal à la jambe et au dos. L’un d’eux a même levé une machette pour me frapper et l’autre un morceau de bois. »

Outre les violences physiques et verbales, Mme Ndoba a été dépouillée de son téléphone portable et d’une somme de 350.000 francs congolais. Elle a été immédiatement évacuée vers Gbadolite pour des soins d’urgence et reste sous observation médicale.

Cette attaque relance les inquiétudes sur la sécurité des journalistes intervenant dans des zones sensibles ou en contexte de fortes tensions communautaires. Elle illustre un climat d’intolérance grandissant envers le travail de la presse, pourtant garanti par la Constitution et les engagements internationaux de la RDC.

Face à cette situation alarmante, Caroline Ndoba appelle à l’implication urgente des autorités provinciales et des organisations de défense de la liberté de la presse, notamment Journaliste en Danger (JED), afin que les auteurs de cette agression soient identifiés, interpellés et poursuivis conformément à la loi.

L’agression dont elle a été victime rappelle douloureusement les risques auxquels sont exposés les professionnels des médias dans l’exercice de leur mission d’information. Une réponse ferme des autorités nationales et provinciales s’impose, de même qu’un engagement renforcé des organisations de défense des journalistes. La liberté d’informer et d’être informé demeure un pilier essentiel de l’État de droit, et sa protection ne peut souffrir aucune complaisance.

Blaise ABITA ETAMBE