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Péril sur les lacs : ACEDH attaque la RDC et l’Ouganda pour menace environnementale
Dans une démarche juridique sans précédent, l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a lancé, dans le cadre de sa campagne Notre Terre Sans Pétrole, un contentieux climatique devant la Cour de Justice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACJ). L’affaire, enregistrée sous le n°47 of 2025, vise la République démocratique du Congo, l’Ouganda ainsi que le Secrétaire général de l’EAC, accusés de manquements graves dans la protection des écosystèmes des lacs Albert et Édouard.
À l’origine de cette action, les alertes répétées des pêcheurs et communautés riveraines, témoins d’une chute brutale des captures depuis septembre 2025. Cette baisse soudaine, synonyme de crise écologique imminente, a été confirmée par un rapport scientifique publié le 2 octobre 2025 par l’Environmental Law Alliance Worldwide (ELAW). Selon ce document, l’expansion des projets pétroliers Tilenga et Kingfisher en Ouganda augmente considérablement les risques d’eutrophisation et de contamination chimique, plaçant en péril la sécurité alimentaire de millions de personnes vivant autour de ces deux lacs transfrontaliers.
« Ce n’est pas un geste symbolique. C’est le prolongement direct d’un constat scientifique accablant », déclare Pascale Mirindi, coordonnateur de la campagne NTSP. Il cite notamment les niveaux de microcystines retrouvés dans le tilapia et le Nile Perch, parfois 300 fois supérieurs aux seuils de sécurité, ainsi que le budget critique en phosphore du lac Albert, désormais proche du seuil dangereux de 1 240 tonnes annuelles si l’expansion pétrolière se poursuit.
Pour l’avocat d’intérêt public Olivier Ndoole, cette bataille judiciaire dépasse largement le cadre technique. « Ce qui se joue aujourd’hui sur les eaux du lac Albert déterminera la vie de millions de personnes demain. Ce moment exige que nous choisissions la justice, la vérité scientifique et la responsabilité politique comme fondations d’un pays que la RDC veut bâtir pour ses générations futures », affirme-t-il.
Cette affaire, qui mêle science, droits humains et enjeux géopolitiques, pourrait ouvrir une nouvelle ère dans les contentieux climatiques en Afrique de l’Est. Elle pose surtout une question essentielle : les États de la région sont-ils prêts à sacrifier des écosystèmes vitaux au profit de l’exploitation pétrolière, ou choisiront-ils de préserver les ressources naturelles qui nourrissent et soutiennent des millions de vies ?
Désiré Rex Owamba/CONGO PROFOND.NET
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Nord-Kivu II : Le SYNIECO menace de boycotter les épreuves certificatives faute de paiement des arriérés de 2025
Le Syndicat national des inspecteurs de l’enseignement au Congo (SYNIECO), section de la province éducationnelle Nord-Kivu II, menace de boycotter les prochaines épreuves certificatives si le gouvernement ne paie pas les arriérés de la session 2025, estimés à 51 % des frais leur revenant.
La décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue ce mercredi 27 mai 2026, non loin de l’Institut Kavaghendi à Butembo.
« L’assemblée générale extraordinaire de ce jour avait accepté de participer à la hors-session du 04 au 10 mai, tout en prévenant qu’il n’en sera pas de même pour la suite tant que les comptes ne seront pas totalement réglés. Si, malgré cette situation, le SYNIECO avait accepté de prêter main-forte, c’était par esprit de responsabilité et dans l’espoir d’une solution urgente. Cependant, face au silence persistant des autorités, le SYNIECO se réserve le droit de boycotter toutes les épreuves à venir », a déclaré le secrétaire provincial du SYNIECO, Kakule Kombi Samuel, au sortir de cette réunion.
Les épreuves nationales concernées sont notamment la session ordinaire de l’Examen d’État (Exetat), l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP), le Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP), ainsi que le Jury national. Ces auxiliaires de l’éducation affirment qu’ils ne superviseront plus ces évaluations si des mesures concrètes ne sont pas prises avant leur lancement.
Les inspecteurs de la province éducationnelle Nord-Kivu II disent ne pas comprendre comment le gouvernement avait débloqué des fonds destinés à la prise en charge des élèves finalistes évoluant dans les zones en insécurité lors de la session 2025, alors qu’eux-mêmes n’avaient perçu que 49 % de leurs frais, le reste n’ayant jamais été payé jusqu’à ce jour.
Cette menace de boycott intervient à quelques jours du lancement des différentes évaluations nationales prévues au mois de juin prochain, plongeant élèves et parents dans l’incertitude quant à la tenue effective et au bon déroulement de ces épreuves.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
