Economie
Afrique de l’Ouest : Hermione Bolumbe propose 3 axes majeurs pour lutter contre la criminalité financière qu’elle qualifie de « cancer transfrontalier »
La députée nationale de Mont-Amba, Hermione Bolumbe, a pris part au dialogue parlementaire régional consacré à la lutte contre le blanchiment des capitaux et la récupération des avoirs en Afrique de l’Ouest, organisé du 24 au 26 novembre 2025 à Abidjan en collaboration avec l’UNODC. Dans son allocution, elle a rappelé l’urgence d’une coordination régionale face aux flux financiers illicites qui privent les États africains de ressources vitales pour leur développement.
L’élue congolaise a qualifié la criminalité financière de « cancer transfrontalier », soulignant que les milliards détournés chaque année se traduisent directement par l’absence d’hôpitaux équipés, d’infrastructures essentielles et par une sécurité fragilisée. Pour elle, il est indispensable que les pays de la région adoptent des solutions communes afin d’endiguer ce fléau qui affaiblit durablement les économies nationales.

Premier axe de sa proposition : harmoniser les législations. Hermione Bolumbe appelle à la mise en place d’un cadre juridique régional uniformisé, fondé sur l’intégration rapide des directives CEDEAO/UEMOA et sur la confiscation non pénale des avoirs mal acquis. « Il faut frapper le crime organisé au portefeuille », a-t-elle insisté, estimant que seule une réponse législative cohérente permettra d’assécher les circuits criminels.
Le deuxième axe porte sur la mutualisation des moyens. La députée exhorte les États à investir dans la formation d’enquêteurs et de magistrats spécialisés, tout en encourageant le partage de plateformes technologiques entre les cellules de renseignements financiers (CRF). Selon elle, aucune stratégie régionale ne peut réussir sans des ressources techniques et humaines communes.

Enfin, Hermione Bolumbe invite les Parlements à renforcer leur pouvoir de contrôle pour garantir le recouvrement effectif des avoirs détournés. Elle plaide pour une reddition de comptes transparente : combien de biens ont été récupérés et à quoi sont affectées ces ressources ? Pour la députée, ces fonds doivent impérativement revenir aux populations afin de financer la sécurité, les services publics et la lutte contre la pauvreté.
Exaucé Kaya
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Aimé Molendo Sakombi imprime un nouveau tempo stratégique au cœur du Palais du Peuple
C’est avec une maîtrise impeccable des dossiers et un sens aigu de la vision d’avenir que le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Molendo Sakombi, a marqué sa première grande joute oratoire devant la Commission ATI-NTIC, ce mardi 05 mai 2026. Loin des discours technocratiques convenus, il a livré une feuille de route ciselée où l’opérationnalisation de la centrale de Kakobola s’impose comme un fait d’armes concret, annonciateur d’une nouvelle géographie énergétique pour le centre du pays.
En révélant le bouclage imminent d’un financement de 250 millions de dollars auprès de la Banque mondiale pour lancer la première phase du Programme PDI3, le ministre a offert aux élus la preuve tangible qu’un basculement s’opère, passant de l’ère des diagnostics à celle des réalisations structurantes. Avec une pédagogie redoutable, Molendo Sakombi a su déminer les zones d’ombre en clarifiant les mécanismes de gouvernance qui ont longtemps brouillé la lisibilité du secteur.
Sous son impulsion, l’Agence nationale de l’électrification (ANSER) se mue en un véritable fer de lance pour les zones rurales, tandis que l’Autorité de régulation retrouve ses prérogatives strictes. Mieux, le ministre Molendo Sakombi a posé un regard franc et sans fard sur la gangrène des dettes croisées et l’équation fragile du Compact énergétique, osant affronter l’épineux dossier de la SINELAC. Cette transparence radicale, qui refuse de dissimuler les fragilités systémiques, confère à son action une crédibilité rare.
Elle dessine les contours d’un État stratège qui remet de l’ordre dans la chaîne de valeur, du producteur au consommateur final. En articulant son intervention autour de quatre piliers ambitieux, le ministre projette désormais l’électricité comme le catalyseur d’une industrialisation tant espérée. Il ne s’agit plus seulement d’éclairer des foyers, mais de créer les conditions de compétitivité nécessaires pour attirer les capitaux privés et hisser l’économie congolaise vers une montée en gamme industrielle irréversible.
Dès lors, devant les élus, c’est un véritable pacte de transformation qui a été scellé : faire d’une énergie fiable et abordable le socle d’une souveraineté retrouvée. Si la dépendance aux financements extérieurs reste une réalité, la détermination affichée par Molendo Sakombi à rompre avec les déséquilibres structurels inscrit son passage au ministère sous le signe d’une rupture positive, celle qui change durablement le destin énergétique de la République.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
