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CTG – MONUSCO : Le scandale silencieux qui broie les interprètes congolais !

L’affaire sent mauvais. Très mauvais. Depuis que Committed To God (CTG) a repris, des mains de l’UNOPS, la gestion du personnel linguistique de la MONUSCO, la situation vire au cauchemar. Des dizaines d’interprètes-traducteurs, qui ont consacré près de vingt ans à la mission onusienne, se retrouvent piégés dans un système qui les dépouille méthodiquement.

Le scénario pourrait être celui d’un thriller économique. Sauf qu’ici, les victimes ne sont pas des personnages fictifs : ce sont des professionnels projetés du jour au lendemain dans une précarité qu’ils n’auraient jamais imaginée. CTG, présentée comme une nouvelle ère de gestion plus moderne et plus efficace, s’est révélée être un piège.

Septembre 2025 : les contrats sont signés. Salaire stipulé : 2 100 dollars, noir sur blanc. Mais dès la première paie, tombée avec quinze jours de retard mi-octobre, plus de 150 dollars se sont volatilisés. Pas d’explication. Juste un trou béant dans les comptes.

« C’est criminel. C’est socialement contraignant », fulmine Alain T., père de famille.

CTG évoque alors des « frais de transferts internationaux ». Une justification fragile, mais utile pour gagner du temps. Le mois suivant, promesse est faite : désormais, paiement garanti au plus tard le 5. Promesse immédiatement trahie.

Début novembre, aucun salaire. À la place, un email ordonne une formation obligatoire, certificats à rendre sous 48 heures. Une diversion grossière. Pendant que les interprètes s’y attellent, CTG gagne des jours précieux, évitant ainsi les questions embarrassantes.

Puis surgit le « plan B » : un message diffusé le 7 novembre dans un groupe WhatsApp verrouillé où seuls les administrateurs CTG peuvent parler. On y propose aux interprètes de retirer leur argent directement à Ecobank ou via mobile money, méthode censée garantir un paiement « en intégralité ».

Sauf que l’intégralité se transforme en mirage. Une collaboratrice constate 500 dollars manquants. C.U., basée au Nord-Kivu, voit 341 dollars disparaître. Les points focaux se montrent incapables d’expliquer ces amputations.

Le coup de grâce tombe le 11 novembre : un email envoyé depuis Chypre invoque soudainement les « obligations légales » congolaises (CNSS, ONEM, INPP, IPR). Mais aucun pourcentage n’est indiqué, aucun calcul, aucun bulletin de paie. Simplement des ponctions opaques pouvant atteindre 500 dollars par mois.

Cette opacité n’est pas un accident. C’est un mode de gestion. Les retenues fiscales existent en RDC, mais la loi impose des documents, des taux, des preuves. Ici, rien. Juste des comptes qui se vident sans justification.

Les interprètes réclament désormais le minimum :

– un salaire brut conforme au contrat,

– des bulletins de paie détaillés,

– des retenues clairement documentées.

Mais au-delà de CTG, c’est la MONUSCO qui doit rendre des comptes. Comment une institution onusienne peut-elle confier son personnel à une société aux pratiques si controversées ? Le protocole conclu avec CTG doit être examiné de toute urgence, voire révisé. Les Nations Unies ne peuvent cautionner l’exploitation de travailleurs qui les servent depuis deux décennies.

Quant au gouvernement congolais, son silence interroge. Comment accepter qu’une entreprise étrangère impose des pratiques contraires au Code du travail congolais ? Une intervention s’impose : audit de CTG, vérification des retenues, protection des travailleurs. Faute de quoi, le message envoyé est clair : la RDC tolère que ses propres citoyens soient spoliés impunément.

Cette affaire dépasse un simple litige salarial. Elle montre comment des structures internationales peuvent, par négligence ou indifférence, devenir complices de l’exploitation de travailleurs qui ont cru servir une cause juste.

Ngabiwele Monzo ( C.P.)