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Roger Lumbala jugé à Paris : Un procès inédit pour crimes contre l’humanité commis en RDC

Ce mercredi 12 novembre, la Cour d’assises de Paris a ouvert un procès historique : celui de Roger Lumbala, ancien chef rebelle congolais et ex-député national. Il est poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité et association de malfaiteurs, en lien avec des exactions commises entre 2002 et 2003 dans la région de l’Ituri et du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), en pleine Deuxième guerre du Congo.

Selon l’accusation, Roger Lumbala aurait été à la tête du RCD-N (Rassemblement congolais pour la démocratie – National), un groupe armé soutenu à l’époque par l’Ouganda, et impliqué dans des assassinats ciblés, des viols, des pillages, et des actes de torture sur fond de conflit ethnique. Il aurait non seulement toléré ces actes, mais les aurait aussi facilités par son autorité et ses fonctions politiques au sein du mouvement.

Le procès promet d’être long et sensible. Plusieurs témoins, dont des victimes congolaises, viendront déposer à la barre. De son côté, Lumbala, qui nie les accusations, a cité à comparaître des personnalités politiques congolaises de haut rang, notamment Jean-Pierre Bemba, actuel vice-Premier ministre, et Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu. Une stratégie qui pourrait avoir des répercussions politiques majeures, tant à Kinshasa qu’à Paris.

Instruite depuis 2016 par le pôle crimes contre l’humanité du parquet national antiterroriste (PNAT) en France, l’affaire avait connu une relance en 2021 après l’arrestation de Lumbala à Paris. Des tractations diplomatiques discrètes ont été engagées ces derniers mois entre Kinshasa et Paris pour éviter toute tension autour de la procédure.

Ce procès, inédit pour un acteur politique congolais sur le sol européen, s’inscrit dans le cadre de la compétence universelle permettant à la justice française de juger des crimes les plus graves commis à l’étranger. Il représente un signal fort dans la lutte contre l’impunité des crimes de guerre en Afrique centrale. La RDC, bien qu’extérieure au procès, en suit les développements avec grande attention.

Adeodat LIKINDA « Bulldoze »/CONGOPROFOND.NET