Environnement
Semaine nationale du climat : Marie Nyange exprime sa compassion aux victimes de l’Est et appelle à la résilience collective
La ministre de l’Environnement et du Développement durable, Marie Nyange Ndambo, a clôturé ce jeudi 30 octobre, à Kinshasa, la première édition de la Semaine nationale du climat, une initiative visant à mobiliser les acteurs publics et privés autour des enjeux environnementaux et climatiques de la République démocratique du Congo.
Dans une allocution empreinte d’émotion et d’engagement, la ministre a exprimé sa solidarité envers les populations de l’Est du pays, victimes des conflits armés, tout en saluant leur résilience et leur courage face à l’adversité.
« Je voudrais ici vous témoigner de notre pensée solidaire à nos compatriotes de l’Est du pays, victimes des conflits injustes qui nous sont imposés. Leur résilience, accompagnée de nos prières quotidiennes, inspire la dignité et l’honneur à toute la République », a déclaré Marie Nyange Ndambo, avant de remercier chaleureusement tous les participants, experts, ingénieurs forestiers et partenaires techniques et financiers ayant pris part à cette semaine de réflexion et d’action climatique.
La ministre a par ailleurs rendu hommage à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, dont le programme gouvernemental place la protection de l’environnement au cœur du développement durable. Elle a réaffirmé la volonté de son ministère de poursuivre les efforts en dotant la RDC des moyens nécessaires pour concrétiser les programmes de reboisement, de préservation et de restauration des écosystèmes. « Grâce à votre engagement, nous pourrons matérialiser les programmes du Chef de l’État et bâtir une économie écologique et durable », a-t-elle insisté.
Clôturant la cérémonie, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, représentant le Chef de l’État, a salué le travail accompli par le ministère de l’Environnement et encouragé la pérennisation de cette initiative. Elle a souhaité que la Semaine nationale du climat devienne une tradition annuelle afin de permettre à la RDC de consolider sa position de « pays-solution » face à la crise climatique mondiale.
Dorcas Mwavita
Environnement
Le Baobab s’est couché : Adieu à Anny Mandungu, la femme qui savait le nom secret des arbres
C’est une bibliothèque tout entière qui disparaît avec elle, une forêt de savoirs que les flammes du temps viennent d’emporter. Anny Mandungu n’est plus, et nous voilà orphelins de cette femme qui connaissait chaque essence par son nom, chaque plante par ses vertus, chaque sentier de brousse par son histoire, avec une précision qui tenait du miracle et de la dévotion.
Issue d’une famille noble, façonnée par une immense culture, elle avait tout pour mener une existence feutrée dans les salons de Kinshasa. Elle a préféré l’odeur de la terre après la pluie, le défrichage du potager, les longues marches silencieuses sous la canopée et la complicité avec les paysans. Cette femme aux cheveux blancs incarnait à elle seule une élégance intellectuelle rare et une simplicité bouleversante ; elle ne s’appartenait pas, elle appartenait au Congo profond, à sa biodiversité, à la jeunesse qu’elle formait sans relâche.
Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement ses proches qui pleurent : ce sont les forêts qui perdent leur gardienne la plus aimante, et le pays tout entier qui sent vaciller une part irremplacée de son âme verte. C’est dans l’humilité des gestes ordinaires que son engagement prenait toute sa grandeur, car Anny Mandungu ne concevait pas la protection de la nature sans les femmes et les hommes qui en vivent. Son grand projet, (Fhenev — Femmes, Hommes, Environnement, Nature et Entrepreneuriat Vert) était une plateforme visionnaire.
Un lieu où devait germer une Afrique réconciliée avec sa terre par l’agroforesterie, la souveraineté alimentaire et la transmission des savoirs. Elle y croyait comme on croit à l’aube, avec une ferveur inusable, et passait sans effort apparent d’une réunion Zoom à une récolte de soja, d’une recette partagée avec tendresse à une négociation internationale. Infatigable, elle donnait tout sans jamais rien réclamer pour elle-même. Et c’est peut-être là que le chagrin se fait plus lourd encore.
Cette technicienne exceptionnelle, cette voix crédible et rare, n’a pas toujours été écoutée, reconnue, honorée à la mesure de ce qu’elle offrait. Ce silence autour de son génie discret ajoute à notre tristesse une injustice que nous porterons longtemps, comme un remords. Car au-delà de la science, nous perdons aussi la femme chaleureuse qui illuminait les jours par sa joie de vivre, ses petites recettes données avec un sourire, ses invitations aux expéditions champêtres et cette manière unique de faire de chaque rencontre un moment de générosité pure.
Alors il nous faut maintenant apprendre à avancer sans elle, le cœur lourd et la mémoire en alerte. Anny Mandungu ne s’est pas éteinte : elle s’est enracinée, comme elle l’a toujours rêvé. Elle devient ces racines qu’elle a tant chéries, ces arbres qu’elle a sauvés, ces jeunes consciences qu’elle a éveillées et qui continueront de porter sa voix. Chaque graine mise en terre, chaque parcelle d’agroforesterie, chaque étudiant congolais qui prononcera le nom d’une plante en se souvenant d’elle sera une petite flamme allumée dans son sillage, un murmure de sa présence.
Les grandes femmes ne disparaissent jamais tout à fait : elles se transforment en terre nourricière, en promesse de renaissance. Le chemin de la RD Congo sera plus triste sans toi, chère et admirable Anny Mandungu, bourlingueuse utile et efficace, mais nous veillerons à ce que ton héritage grandisse plus haut que les plus majestueux baobabs. Va en paix, toi qui savais le nom secret des arbres, désormais c’est la forêt tout entière qui chuchotera le tien.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
