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Kintambo : L’avenue Kokolo étouffe sous les eaux usées ( Lettre ouverte d’un citoyen au bourgmestre Nginamawu Mbo Nzinga )
Dans une lettre ouverte adressée au Bourgmestre de Kintambo et parvenue ce dimanche à CONGOPROFOND.NET, un citoyen tire la sonnette d’alarme face à la dégradation des routes et à l’urgence d’un curage des caniveaux.
Alors que les flaques nauséabondes et les eaux stagnantes envahissent l’avenue Kokolo, à deux pas de la Maison communale, ce citoyen s’adresse au numéro un de la plus vieille commune de la capitale pour dénoncer l’insalubrité croissante, les caniveaux bouchés et l’inaction des services d’assainissement. Il rappelle qu’il s’agit là d’obligations légales de la municipalité.

Ci-dessous l’intégralité de cette Lettre ouverte :
Alerte citoyenne sur la dégradation de l’avenue Kokolo et l’urgence d’un curage des caniveaux
Monsieur le Bourgmestre,
Depuis plusieurs semaines, des eaux usées stagnent sur l’avenue Kokolo, d’abord à quelques mètres seulement de votre bureau — le long de la clôture de l’école Saint-François —, puis aux carrefours Kokolo–Matadi.
Le constat est alarmant : un trou s’est formé au beau milieu de la chaussée, précisément au croisement de Kokolo et Matadi, là où les eaux stagnantes ne cessent de s’accumuler. La cause est claire : les caniveaux à ce croisement sont totalement bouchés.
Le problème ne s’arrête pas là. Au carrefour Kokolo–Bandundu, situé à quelques mètres seulement de la Maison communale, les caniveaux sont également obstrués, empêchant toute évacuation normale des eaux. À chaque pluie, les eaux pluviales se mêlent aux eaux usées et inondent la chaussée, rendant la circulation difficile et dangereuse.
Ces flaques nauséabondes ternissent l’image de la commune et posent de sérieux risques sanitaires pour les riverains, les élèves, les commerçants et les usagers de cette route très fréquentée.
Monsieur le Bourgmestre,
Il est utile de rappeler que la loi organique n°08/016 du 7 octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées (ETD) confie clairement à la Commune les missions suivantes :
– L’entretien des voies et des collecteurs de drainage et d’égouts ;
– L’organisation d’un service d’hygiène et d’assainissement ;
– La préservation de la salubrité publique.
Ces attributions sont énoncées à l’article 50, points 2 et 3 de ladite loi.
Autrement dit, l’entretien régulier des routes et le curage des caniveaux relèvent directement de la responsabilité de la municipalité.
Votre administration a donc le devoir de mobiliser les services communaux pour intervenir sans délai.
Monsieur le Bourgmestre,
Il y a urgence à agir.
Ce n’est pas une requête politique, mais un cri citoyen. Car laisser les eaux usées s’accumuler, c’est laisser s’abîmer des routes récemment réhabilitées grâce aux fonds publics. C’est aussi exposer les habitants à des maladies hydriques et à une insalubrité chronique.
Kintambo est une commune emblématique de Kinshasa, au riche passé et à la position stratégique. Elle mérite mieux que ces flaques d’eaux stagnantes, ces caniveaux bouchés et ces crevasses qui enlaidissent ses artères et anéantissent les efforts louables des autorités provinciales et nationales visant la modernisation de la voirie urbaine.
En espérant que cet appel sera entendu, je vous prie de recevoir, Monsieur le Bourgmestre, l’expression de ma très haute considération.
Un citoyen congolais.
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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda plaide pour une refondation institutionnelle
Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine.
À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda, à titre personnel, appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions
Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.
L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.
Un mandat présidentiel plus long
Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.
La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.
Les fonctions de souveraineté et la question identitaire
Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.
Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Vers un Parlement monocaméral ?
Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.
Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.
Rappelons que l’activiste Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. Ses nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de ce citoyen qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
