Analyses et points de vue
La trahison en héritage : Bienvenu Matumo et Palmer Kabeya – l’art de la métamorphose opportuniste
Comment deux anciens “combattants” ont troqué leurs principes contre une place au soleil dans l’antichambre du pouvoir qu’ils vilipendaient. Il est des retournements de veste qui frisent le chef-d’œuvre. Pas celui de l’élégance, non, mais celui du cynisme le plus absolu. Bienvenu Matumo et Palmer Kabeya viennent d’en offrir une démonstration éclatante, passant maîtres dans l’art funeste de la trahison politique.
Après avoir tonné contre Joseph Kabila, l’accusant de tous les maux du Congo, les voilà qui, tels des charognards politiques, viennent se nourrir des restes d’un système qu’ils prétendaient abattre. Leur nouveau cri de ralliement ? “Sauvons le Congo”. Un slogan qui, dans leur bouche, sonne comme un “Sauvons nos carrières”. Quelle alchimie mystérieuse transforme un “combattant de la vérité” en courtisan zélé ?
La réponse est d’une simplicité désarmante : l’égo. Cet égo insatiable qui préfère les projecteurs de la compromission à l’ombre de la cohérence. Ces voix, autrefois si “puissantes”, ne sont plus aujourd’hui que des chuchotements complices, étouffés par le confort doré de la collaboration. Leur engagement n’était donc qu’une mise en scène, une audition longue et tapageuse pour un rôle dans la pièce qu’ils feignaient de dénoncer.
Ils ont choisi le déshonneur. Ils ont choisi de marcher sur les tombes des innocents, sur les espoirs brisés de tout un peuple, pour aller serrer la main de celui qu’ils tenaient pour responsable du sang versé. Leur révolte n’était qu’un marchepied. Leurs principes, une monnaie d’échange. Leur indignation, une stratégie de communication. Aujourd’hui, ils ne défendent plus de cause ; ils défendent des positions.
Ils ne réveillent plus les consciences ; ils les endorment avec le doux poison de la trahison normalisée. Que reste-t-il de leur parole ? Une coquille vide, un bruit inaudible et inutile. Chaque fois qu’ils ouvrent la bouche, c’est une gifle à la mémoire des victimes, un crachat sur la quête de justice de millions de Congolais. Leur présence au sein d’un mouvement dirigé par l’ancien président Joseph Kabila révulse.
C’est une arme de destruction massive de la crédibilité de toute lutte citoyenne. Ils sont devenus, par leur ralliement, les meilleurs alliés de l’impunité qu’ils dénonçaient hier. Le Congo les regarde, certes. Il regarde, incrédule, ce spectacle navrant de deux hommes qui ont brûlé leur propre histoire. L’Histoire, elle, les retiendra. Non pas comme des héros, mais comme les archétypes de l’opportuniste.
Les archétypes du politique- caméléon, prêt à toutes les métamorphoses pourvu que l’assiette soit pleine. Luc Nkulula doit retourner dans sa tombe. Aux citoyens éveillés, à ceux pour qui la dignité n’a pas de prix, il appartient de réagir. Dénoncer ces charognards n’est pas une option, c’est un devoir. Se désolidariser de leur cause factice est un impératif catégorique.
Il faut les renvoyer à leur solitude morale, à ce vide abyssal qu’ils ont choisi d’habiller des oripeaux de la trahison. Parce que le silence, face à une telle forfaiture, est une complicité. Et aujourd’hui, le silence n’est plus une option. Marchons, non pas avec eux, mais contre leur exemple. Pour que la lutte ne soit jamais un tremplin personnel, mais toujours un combat collectif, intègre et incorruptible.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
