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Lubumbashi : la population dénonce les cambistes qui fixent “leurs propres taux”
Depuis le début de l’appréciation du franc congolais face au dollar américain, le marché de change est en pleine tourmente. Le taux de change a connu une chute spectaculaire : 1 USD se négocie désormais à 2 190 FC, contre 2 800 FC précédemment.
Cependant, les cambistes ne respectent pas le taux officiel fixé par la Banque centrale du Congo (BCC). Selon le constat effectué par Congo Profond à Lubumbashi, les taux varient selon les communes, les quartiers et même l’humeur des changeurs. Dans certaines zones, 1 USD s’échange à 1 700, 1 900 ou 2 000 FC, tandis que pour acheter des dollars, ils exigent 2 300, 2 400 voire 2 600 FC.
Cette situation asphyxie les petits commerçants, qui ont besoin de dollars pour s’approvisionner auprès de leurs fournisseurs, ainsi que la population lushoise, qui dénonce une véritable escroquerie profitant du manque de mesures d’accompagnement des autorités.
« Nous ne comprenons pas cette escroquerie de nos frères cambistes. Quand on veut changer du dollar en franc ou l’inverse, chacun donne son propre taux : 1 800, 1 900 ou 2 000 FC. Que devons-nous faire ? L’État doit s’impliquer, car c’est du vol qu’ils veulent instaurer », a témoigné Stéphane, couturier, rencontré au marché Zambia.
Liliane, une commerçante d’une soixantaine d’années, explique que la dépréciation du dollar a déjà fragilisé son activité, mais que la variation anarchique des taux aggrave la situation :
« Pour l’instant, c’est le désordre. Chez l’un, on te change à 2 300 FC, chez l’autre à 2 200 FC. L’appréciation de la monnaie locale nous complique la vie. Nous demandons aux autorités de surveiller les cambistes pour qu’ils appliquent un taux commun », a-t-elle plaidé.
Pilote Nkulu dit avoir été victime d’une « escroquerie à ciel ouvert ». Alors que le taux officiel était de 2 400 FC, un cambiste lui a échangé 100 USD contre seulement 190 000 FC.
« Notre monnaie s’est appréciée, mais le taux reste instable chez les cambistes, qui l’adaptent selon les communes. Au centre-ville, on vous parle de 1 900 FC, à Katuba c’est 2 000 FC et à Kasapa c’est 2 100 FC partout. Il n’y a aucun suivi. Nous demandons au ministère de l’Économie de faire appliquer la baisse sur le marché de change. Sans contrôle, la population va sombrer dans la misère », a-t-il déploré.
Malgré cette revalorisation du franc congolais, les répercussions sur le marché restent limitées. Si le prix de quelques produits vivriers comme la farine de maïs, l’huile végétale ou le sucre a légèrement baissé, la majorité des biens de consommation conservent leurs anciens prix. Plusieurs témoignages font état de magasins, notamment détenus par des expatriés, qui continuent à imposer aux semi-grossistes l’ancien taux de 2 800 FC pour 1 USD, alors que le taux actuel est de 2 190 FC.
Une confusion qui contraste avec la vision de la Banque centrale et du gouvernement, qui espèrent que la baisse du taux de change se traduira par une réelle amélioration du pouvoir d’achat des ménages.
Patient Mubiayi MBY/ Congoprofond.net
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« On veut me salir politiquement ! » : Crispin Mbindule rejette les accusations de soutien aux groupes armés
Le député national Crispin Mbindule rejette fermement les accusations selon lesquelles il entretiendrait des groupes armés dans la région de Butembo, au Nord-Kivu. Face à la presse, l’élu dénonce une campagne de discrédit politique orchestrée, selon lui, pour ternir son image et réduire au silence ses prises de position sur le changement de la Constitution.
Le parlementaire affirme que son engagement auprès des militaires des FARDC et des wazalendo relève uniquement de l’effort de guerre contre les groupes armés et l’agression étrangère dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Lorsque j’achète des vivres pour les militaires FARDC et pour les wazalendo qui sont au front afin qu’ils puissent résister face à l’ennemi, le gouverneur appelle cela un soutien aux milices. C’est totalement faux », a martelé Crispin Mbindule.
Le député rappelle qu’il s’est toujours présenté comme un opposant aux rébellions ayant déstabilisé l’Est du pays, bien avant l’accession du président Félix Tshisekedi au pouvoir. Il considère ainsi son implication actuelle comme un devoir patriotique et légal en tant qu’élu national.
« Aujourd’hui, comme député national, j’ai l’obligation de contribuer à l’effort de guerre. Ce patriotisme ne peut pas être transformé en accusation politique », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Crispin Mbindule est également revenu sur ses anciennes relations avec l’actuel gouverneur militaire du Nord-Kivu. Il évoque notamment leur parcours universitaire commun ainsi que leur militantisme au sein d’une association de jeunes opposés à l’agression rwandaise.
Selon lui, leurs divergences seraient apparues lorsque le gouverneur aurait choisi de rejoindre la rébellion du RCD, alors que lui-même affirme être resté engagé dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.
« Ce débat est politique et démocratique, mais il ne doit pas conduire à la persécution des opposants d’opinion », a soutenu l’élu de Butembo.
Très critique envers les méthodes du gouvernorat militaire, Crispin Mbindule appelle les autorités provinciales à privilégier le dialogue démocratique plutôt que « la voie des menaces et des services de renseignements ».
Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
