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Kanyama Kasese et Sakadi : Le pari du général Kasongo Kabwik pour ressusciter la terre congolaise
« Cette saison, nous visons 10.000 tonnes. L’an prochain, 15.000. Puis 50.000, jusqu’à atteindre entre 75.000 et 100.000 tonnes. »
La voix du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national (SN), résonne avec assurance. Son ambition : faire de la production agricole un levier de souveraineté pour la République démocratique du Congo.

Mais la vision du général dépasse les frontières du centre pilote de Kanyama Kasese. À 65 km plus loin, sur le site de Sakadi, dans la province du Lualaba, l’attend un autre chantier colossal : la renaissance d’un ancien projet du ministère de l’Agriculture, longtemps laissé à l’abandon.
Sur le terrain, le constat est amer : tracteurs jamais utilisés, hangars effondrés, machines flambant neuves rongées par la rouille. Autant de témoins muets d’une époque de promesses non tenues, malgré des millions de dollars déjà investis.
« Regardez, tout ce matériel n’a jamais servi. Ce sont des équipements neufs… abandonnés », déplore le général Kasongo, sans pour autant tomber dans la recherche de coupables.
Le mot d’ordre est clair : agir plutôt que blâmer

Sous sa houlette, le Service National s’attelle à réparer, réhabiliter et relancer. Première étape : remettre en état les 65 km de route qui mènent à Zakadi, car, rappelle-t-il, « sans route, pas d’agriculture ».
Face aux défis logistiques, le général privilégie une méthode fondée sur la volonté, l’intelligence et la planification :
« La volonté, c’est ce que nous avons ici. L’intelligence, c’est la capacité à s’adapter et à trouver des solutions simples. Nous avons compris qu’il suffisait d’ajouter deux remorques. Simple, mais efficace. »

Derrière ce pragmatisme se dessine une conviction profonde : la terre congolaise peut redevenir une force de prospérité nationale.
Avec détermination, le Service National s’impose comme un acteur clé de la relance agricole et du redressement moral du pays.
Parce qu’au Congo, la terre n’a jamais cessé d’attendre. Et aujourd’hui, elle répond.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Zaïko Langa Langa : L’héritage éternel de Mbuta Matima dans les nuits de Kinshasa
Le 26 mai 1996 disparaissait à Liège l’un des artisans les plus discrets mais les plus importants de l’histoire de Zaïko Langa Langa : Zéphyrin Matima Mpioso. 30 ans après son décès, de nombreux mélomanes continuent de s’interroger : pourquoi parle-t-on si peu de celui qui a pourtant tant contribué à la réussite et à la rigueur musicale du mythique orchestre kinois ?

Connu affectueusement sous le nom de « Ya Matim’s », Mbuta Matima était un véritable enfant de Matonge, anciennement Renkin, sur l’avenue Inzia. Guitariste talentueux, musicien méthodique et homme de l’ombre respecté, il incarnait le professionnalisme au sein du groupe.
Avant de rejoindre Zaïko Langa Langa en 1969, il avait débuté chez Stukas Boys aux côtés de Lita Bembo. D’abord influencé par les reprises pop occidentales, il évoluera progressivement vers la rumba et le sebene, devenant au fil des années l’un des piliers techniques du son Zaïko.

Un directeur artistique rigoureux et respecté
Souvent présenté comme soliste secondaire, Mbuta Matima était bien plus qu’un simple guitariste. Il occupait un rôle central dans l’organisation musicale du groupe : directeur artistique, arrangeur, coordinateur et auteur-compositeur.
Les habitués des concerts du mythique Kimpwanza Bar se souviennent encore des balances minutieuses qu’il dirigeait avant chaque prestation. Rigoureux et exigeant, il veillait à la qualité sonore et à la cohésion musicale de l’orchestre.
Plusieurs chansons portent son empreinte artistique, notamment :
« Toli Kolumpe »
« Kin Kiesse »
« Solomo »
« Nandimi te Nakotika te »
« Kazo »
« Masela »
« Kabobo »
« Mena »
« Reviens Hyppau »
À travers ces œuvres, Mbuta Matima a participé à construire l’identité musicale moderne de Zaïko, devenue une référence majeure de la rumba congolaise.
« A nge Matima, a Mbuta Matima, kolele ! » : cette phrase résonne encore comme un hommage à un homme dont le nom mérite d’être gravé parmi les grands bâtisseurs de la légende Zaïko.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
