Justice
RDC : le ministre des Droits Humains Samuel Mbemba érige le FNDH en espace de dialogue permanent
Le Palais du Peuple a accueilli plus de 500 personnes à la clôture solennelle de la première édition du Forum national des droits humains, une initiative portée par Samuel Mbemba Kabuya, ministre des Droits humains.
Trois jours d’échanges intenses, de réflexions et de recommandations ont marqué cette rencontre nationale consacrée à la promotion et à la protection des droits humains en République démocratique du Congo.
Dans son discours de clôture, le ministre Mbemba Kabuya a salué l’engagement des participants venus de toutes les provinces du pays, tout en exprimant sa reconnaissance au Président de la République Félix Tshisekedi et à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka pour leur appui à cette initiative.
« Quiconque violera les droits des Congolais me trouvera sur son chemin », a-t-il averti, réaffirmant ainsi sa détermination à faire du respect des droits humains une priorité gouvernementale.
Le ministre a également lancé un appel à la communauté nationale et internationale pour la reconnaissance du génocide commis en RDC et pour l’instauration d’une véritable justice transitionnelle.
Selon lui, il ne s’agit pas seulement de mémoire, mais d’un impératif moral et politique pour rétablir la dignité du peuple congolais et reconstruire une paix durable.
« Nous devons regarder notre histoire en face, pour mieux préparer l’avenir », a-t-il insisté.

Représentant la Première ministre et délégué du Chef de l’État, le ministre d’État, ministre de la Justice Guillaume Ngefa, a clôturé les travaux sur une note de satisfaction, saluant la qualité des échanges et des propositions issues des 18 thématiques débattues.
Pour le ministre des Droits humains, cette première édition inaugure une ère nouvelle, celle d’un dialogue permanent entre le gouvernement, la société civile et les défenseurs des droits humains. L’objectif : construire ensemble une gouvernance plus juste, équitable et respectueuse de la dignité humaine.
Rendez-vous est pris pour la deuxième édition en octobre 2026, désormais baptisée « Le Parlement des acteurs des droits de l’homme », signe que le Forum national des droits humains s’installe comme un rendez-vous incontournable du dialogue et de la mémoire en RDC.
Dorcas Mwavita
À la Une
Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
