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« XX », 8è album de Fally Ipupa : 20 ans de règne entre mythe populaire et machine culturelle
L’annonce de son huitième album solo, XX, prévue pour 2026, n’est pas qu’un simple événement musical. Elle marque une étape symbolique dans le parcours d’un artiste devenu, au fil du temps, une véritable institution culturelle. Vingt ans après « Droit Chemin », Fally Ipupa continue d’incarner, pour beaucoup, la réussite artistique à la congolaise, un mélange d’audace, de discipline et d’intuition marketing.

De la rumba à la pop mondiale : une métamorphose maîtrisée
Difficile d’évoquer la scène musicale africaine contemporaine sans mentionner le nom de Fally Ipupa. De ses débuts auprès de Koffi Olomidé aux sommets des charts internationaux, l’artiste a su transformer la rumba congolaise en un produit exportable, moderne, et séduisant pour un public mondial.
Mais cette évolution n’a pas été sans controverse. Certains puristes de la rumba y voient une dilution de l’essence du genre, quand d’autres saluent au contraire son génie d’adaptation. Fally, lui, semble avoir compris très tôt que pour survivre dans un monde globalisé, il fallait évoluer sans renier ses racines.
XX, entre gratitude et repositionnement artistique

Dans son message d’annonce, empreint de reconnaissance, Fally Ipupa présente XX comme « un merci, un hommage à tout ce que nous avons vécu ensemble ». Ce ton introspectif laisse entrevoir un album personnel, peut-être plus conceptuel, où l’artiste revisite son parcours et ses influences.
Mais au-delà de la célébration, XX interroge : Fally Ipupa cherche-t-il à consolider son statut d’icône africaine ou à s’imposer définitivement sur la scène internationale ? Car derrière chaque sortie, chaque collaboration, chaque image calculée, se dessine une stratégie : celle d’un artiste qui ne veut pas être enfermé dans une case, ni celle de la rumba, ni celle de l’afrobeats.
Un phénomène social et générationnel

Fally Ipupa ne fait pas que chanter ; il incarne un rêve collectif. En République démocratique du Congo comme dans la diaspora, il symbolise la réussite par le talent et la persévérance, un modèle accessible à une jeunesse en quête de repères.
Sa longévité intrigue : comment un artiste issu d’un écosystème souvent miné par les querelles, la précarité et le manque de structuration a-t-il su bâtir une carrière aussi solide ?
La réponse tient sans doute à sa discipline rare, mais aussi à son sens du public. Fally comprend la foule, ses désirs, ses codes, ses émotions. Il ne la suit pas, il la précède.
Le Stade de France : consécration ou provocation ?

Le concert annoncé pour le 2 mai 2026 au Stade de France sera, sans doute, le point d’orgue de cette célébration. Un rêve que peu d’artistes africains ont accompli. Mais cette performance sera aussi un test : celui de la capacité de la musique congolaise à s’imposer sur les plus grandes scènes mondiales sans perdre son âme.
Pour certains, cette ambition traduit une fierté nationale légitime. Pour d’autres, elle révèle une tension : celle d’un artiste entre la fidélité à son public congolais et la tentation de la reconnaissance internationale.
Désiré Rex Owamba
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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.
Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet
Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.
Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.
« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.
Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.
Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.
Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.
Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.
Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.
Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
