À la Une
Hommage à la Professeure Arlette Masamuna : Une vie consacrée au Savoir, à la Société civile et à la Jeunesse
La communauté académique congolaise est en deuil. Ce vendredi 3 octobre 2025, à Kinshasa, s’est éteinte la professeure Arlette Masamuna Silumvumina. Son départ laisse un vide immense dans le monde universitaire, mais aussi dans la société civile et auprès de la jeunesse qu’elle a tant portée et inspirée.

Un parcours académique d’excellence
Née le 3 septembre 1978 au Kongo Central, Arlette Masamuna fut une pionnière. Docteure en Communications Sociales de l’Université Catholique du Congo (UCC), elle s’est imposée comme l’une des premières femmes à obtenir ce titre dans cette filière, ouvrant la voie à une génération de femmes universitaires.
Professeure à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), à l’UCC et dans plusieurs autres institutions, elle a marqué ses étudiants par son exigence, sa rigueur et son engagement intellectuel. Ses recherches portaient notamment sur la promotion des droits humains par les médias, faisant d’elle une voix importante dans la réflexion académique sur la communication et la justice sociale en République Démocratique du Congo.
Une activiste de la société civile

Bien au-delà des amphithéâtres, la professeure Masamuna fut une actrice engagée de la Société civile. Elle croyait profondément au rôle des intellectuels dans la transformation de la société. Sa voix résonnait dans les débats sur la place des femmes, la responsabilité citoyenne et la défense des droits fondamentaux.
Elle a été particulièrement active dans la promotion des droits des jeunes filles, leur ouvrant des espaces de réflexion et d’expression, les encourageant à poursuivre des études supérieures, à briser les barrières socioculturelles et à prendre confiance en leur potentiel.
Une éducatrice et une bâtisseuse de destins

« C’est grâce à elle que je suis devenu ce que je suis », disent aujourd’hui plusieurs de ses anciens étudiants et disciples.
Car Arlette Masamuna n’était pas seulement une professeure, elle était une bâtisseuse de vies. Son enseignement dépassait les cours magistraux : elle conseillait, elle orientait, elle motivait. Sa fermeté, parfois déconcertante, cachait une générosité immense et une profonde humanité.
Elle a su incarner le rôle d’une mère intellectuelle et spirituelle, offrant à chacun de ses étudiants une part de son énergie et de sa foi dans la valeur de l’éducation.
Un héritage vivant

Avec le départ d’Arlette Masamuna, c’est une page douloureuse qui se tourne. Mais son héritage demeure. Dans la mémoire des étudiants qu’elle a formés, dans les valeurs qu’elle a transmises (la rigueur, la passion, le courage et l’amour du savoir), elle continue de vivre.
Elle laisse derrière elle un modèle pour toutes celles qui aspirent à faire entendre leur voix dans les milieux académiques et dans la Société civile congolaise.
Un dernier hommage

Aujourd’hui, au sein de la famille communicationelle, et dans toute la communauté intellectuelle congolaise, son absence est lourde, mais sa présence demeure. Elle reste cette flamme qui, même éteinte dans la chair, continue de brûler dans les cœurs et dans les esprits.
Professeure Arlette Masamuna, vous avez combattu le bon combat, vous avez marqué votre époque. Votre départ nous afflige, mais votre souvenir nous élève. Que votre nom demeure non seulement dans nos discours, mais dans nos pratiques et nos engagements.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical
Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.
« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.
Une nouvelle classe politique pour la RDC
Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.
Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.
Le rôle central des citoyens
Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.
Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».
Une vision pour l’avenir du pays
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.
L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
